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A la une / International

Leur création avait suscité l’inquiétude du gouvernement de Bamako

Mali : affrontements meurtriers entre milices d’autodéfense

Les populations victimes des conflits entre milices. ©D. R.

La formation de ces milices avait pour objectifs de défendre les civils contre les groupes terroristes et les bandits qui s’attaquent aux villages isolés dans le centre et le nord du Mali.

Des affrontements meurtriers ont eu lieu jeudi dans le centre du Mali entre des milices appartenant aux communautés Peule et Dogon, ont rapporté les médias maliens, alors que les attaques terroristes persistent dans cette région et à la frontière avec le Niger.
“Des affrontements violents ont opposé des éléments des milices Dana Amassagou (Dogon) à ceux de l’Alliance pour le Salut du Sahel (ASS, Peule), près du village de Taguru, dans le cercle de Koro”, a rapporté le journal en ligne Kibaru, sans donner de détails sur le bilan. Mais selon l’ASS, ses éléments auraient tué quatre membres de la milice Dana Amassagou.
Créées pour faire face à la menace terroriste, ces milices risquent de plonger le Mali dans une nouvelle spirale de la violence, dans un contexte marqué par une forte dégradation de la situation sécuritaire dans le centre et le nord du pays. Le gouvernement malien s’est élevé contre cet état de fait, car il va à l’opposé des mesures inscrites dans le texte de l’accord de paix et de réconciliation au Mali qui prévoit le désarmement total des miliciens et l’intégration de certains d’entre eux dans les rangs des services de sécurité (armée, gendarmerie et police). Mais la réalité du terrain et le retard pris dans la mise en œuvre de cet accord ont rattrapé le Mali et la communauté internationale, chargée de faire avancer le processus de paix. Car, si les différentes communautés vivant dans le centre et le nord du Mali ont décidé de s’organiser en milices d’autodéfense, comme elles l’avaient expliqué, c’est en raison de l’absence d’autres alternatives (du moins actuellement) pour se protéger contre le retour des groupes terroristes dans ces régions.
Les terroristes s’attaquent de plus en plus à des civils dans les villages isolés. Ainsi, les exécutions arbitraires contre les civils peuls, sous-couvert de lutte antiterroriste, a fini par excéder les représentants de cette communauté qui se dit marginalisée aussi bien au Mali qu’au Burkina Faso ou au Niger. Les Peuls sont en effet victimes d’une discrimination depuis des décennies. L’appartenance du grand chef terroriste, Amadou Kouffa, au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad Ag Ghali, a fait des Peuls une cible facile. C’est pourquoi les Peuls ont lancé l’ASS, ont-ils expliqué. Seulement, aujourd’hui, le risque est celui de voir la situation s’embraser dans le centre et le nord du Mali, où les différentes communautés s’affrontent régulièrement autour du contrôle des points d’eau et du peu de zones de pâturages existantes. D’où l’urgence de faire avancer le processus de désarmement de toutes les milices et autres groupes armés, ainsi que le retour rapide de l’autorité officielle dans toutes ces localités du nord. À l’approche de la présidentielle de juillet, les violences armées, d’où qu’elles proviennent, risquent de saper tous les efforts entrepris depuis 2013 pour stabiliser le Mali, le maillon faible du Sahel et base-arrière des groupes terroristes islamistes.

Lyès Menacer


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