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A la une / International

Des familles de détenus et des ONG réclament la vérité

Mali : l’armée accusée d’exécutions sommaires et de torture

Des suspects maliens quadrillés par l’armée. © D.R

La présumée affaire d’évasion de 14 détenus accusés de terrorisme et qui auraient été tués lors de leur détention a jeté la suspicion sur l’armée malienne, déjà accusée de détention arbitraire, de torture et d’exécutions sommaires ces dernières années.

Au moins 27 prisonniers sont morts en détention entre février et début avril, après avoir subi des “tortures sévères”, a accusé hier l’ONG Human Rights Watch, dans un communiqué rendu public. L’ONG, qui demande à Bamako de faire la lumière sur “les abus commis contre des suspects détenus”, affirme en effet que “les enquêtes devraient inclure les morts en détention de 27 hommes et la torture sévère de deux autres en février, mars et avril 2018 lors de l'opération Dambe, une offensive majeure qui s'est intensifiée début 2018 dans la région de Mopti, au centre du Mali”, lit-on encore dans le communiqué de l’ONG. “À la lumière de l'incapacité de l'armée à tenir pour responsables des soldats impliqués dans des exactions passées, une enquête indépendante du ministère de la Justice sur la vague actuelle d'abus est cruciale”, a expliqué l’ONG. “De multiples récits d'arrestations massives suivies de la découverte de fosses communes indiquent que l'armée est en pleine débandade dans le centre du Mali”, a déclaré Corinne Dufka, directrice associée de l'Afrique à Human Rights Watch, estimant qu’“une action gouvernementale prompte est nécessaire pour arrêter les abus et traduire les responsables en justice”. Pour rappel, l’ONG s’est appuyée sur les témoignages des victimes, elles-mêmes, pour son enquête. Elle a interrogé “14 hommes le 5 avril, qui avaient été arrêtés dans la région de Mopti lors d'opérations militaires les 8 et 12 mars”, expliquant que “cinq des détenus ont affirmé avoir été maltraités pendant leur détention par l'armée, dont deux gravement”. L’appel de Human Rights Watch intervient au lendemain d’une nouvelle affaire qui a eu lieu dans le centre du Mali et dont auraient été victimes 14 détenus accusés de terrorisme et qui auraient été tués lors de leur détention, selon leurs proches et une association de défense des droits de l’homme. Dimanche, une association peule et des proches de 14 suspects tués pendant leur détention par l'armée malienne dans le centre du pays ont dénoncé des “exécutions sommaires”, tandis que le ministre de la Défense annonçait une enquête du procureur militaire.
L’armée malienne avait affirmé vendredi que “suite à une présumée tentative d'évasion, quatorze suspects terroristes ont trouvé la mort le 6 avril 2018 à Dioura (centre)”, où ils avaient été arrêtés la veille avant d'être remis à des militaires maliens. Dans une déclaration à l'AFP, Nouhoum Sarr, membre de Tabital Pulaaku, principale association de la communauté peule au Mali, a affirmé qu'il ne s'agissait “pas du tout d'une tentative d'évasion”. “Nos sources sont sûres. Ces personnes ont été victimes d'exécutions sommaires”, a ajouté M. Sarr, précisant disposer des noms des victimes. Deux proches des personnes tuées ont également affirmé qu'il s'agissait d'exécutions sommaires. “Mon cousin Moussa Nay Diallo fait partie des gens tués. Ils n'ont pas essayé de fuir, parce qu'ils n'ont rien à se reprocher. Ils ont été tués par des militaires”, a déclaré à l'AFP l'un de ces proches, habitant de la localité, dont les propos ont été traduits à l'AFP par un enseignant.


Lyès Menacer

 


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1 réactions
Brahms le 10/04/2018 à 13h25

Il y a trop de pauvreté, trop de misère donc forcément cela devient un nid pour le terrorisme. Il faut au moins 50 milliards d'euros pour commencer à développer le pays.

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