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A la une / International

En raison des violences et des opérations militaires

Mali : le nombre de déplacés en augmentation

Déplacement de 50 000 personnes depuis janvier dernier en raison des affrontements au Mali. ©D. R.

Tous les indicateurs sont au rouge dans le nord du Mali, où l’insécurité continue d’empêcher la mise en œuvre effective de l’accord de paix qui a été conclu en 2015.

Le nombre de déplacés a bondi dans le nord et le centre du Mali, où conflits armés et opérations militaires sont en recrudescence, a averti hier le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), alors que la Croix-Rouge tente de convaincre les groupes armés de “faciliter” la tâche des acteurs humanitaires. “Les combats intercommunautaires, la recrudescence de groupes armés ainsi que la multiplication des opérations militaires dans le centre et le nord du Mali ont provoqué le déplacement de près de 50 000 personnes depuis janvier”, soit une augmentation de 60% par rapport à la même période de l'an dernier, affirme dans un communiqué l'ONG norvégienne. “Il est très préoccupant de constater le niveau de ressources investies dans les opérations militaires lorsque des milliers de personnes fuient chaque jour leurs habitations et n'ont absolument pas de quoi se nourrir”, a commenté le chef de mission du NRC au Mali, Hassane Hamadou. En déplacement fin août à Ménaka (nord-est), l'une des zones les plus instables du pays, un haut responsable pour l'Afrique du Comité international de la Croix-Rouge, Patrick Youssef, a “demandé” aux représentants des groupes armés locaux de “respecter la vie et de la dignité des civils et de faciliter la mission des acteurs humanitaires”. “Dialogue positif”, a-t-il ensuite affirmé sur Twitter. Quelque 800 familles, soit environ 5 000 personnes, ont trouvé refuge dans des camps de fortune à Ménaka et dans la localité voisine d'Andramboukane, selon la Croix-Rouge. Le CICR “se doit” de venir en aide à ces personnes qui ont “tout laissé” derrière elles, “vraiment tout”, a confié à un correspondant de l'AFP, M. Youssef lors de sa visite à Ménaka. Proche de la frontière avec le Niger, la région connaît depuis février une “vague d'attaques” commises par des “bandits non identifiés”, par les terroristes du groupe État islamique au grand Sahara (EIGS) ou par des milices locales qui y sont affiliées, auxquelles ont riposté le Gatia et le MSA-D, deux groupes armés principalement touareg qui soutiennent la force française Barkhane et l'armée malienne, soulignait en août le rapport d'un groupe d'experts du Conseil de sécurité de l'ONU. Des massacres de civils, des deux côtés de la frontière entre le Mali et le Niger, ont fait des dizaines de victimes, exacerbant les tensions entre groupes ethniques (Daoussak, Touareg, Peuls...) qui se disputent traditionnellement les postes du pouvoir, le contrôle des axes commerciaux ou de contrebande, les pâturages ou encore l'accès aux puits. “Je suis de Ménaka, mais nous étions partis au Niger à cause du conflit armé. Nous sommes de retour, mais nous avons perdu tous nos biens, nos maisons. Est-ce qu'on peut vivre comme ça ? Si le Mali ne nous aime pas, on retourne au Niger”, témoigne Hadiza Yattara, interrogée par l'AFP dans le camp de Ménaka.

R. I./Agences


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