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A la une / International

La politique répressive et financière européenne montre ses limites

Migrants et réfugiés : davantage de décès en Méditerranée

Le drame des migrants s’accentue. © D.R

En l’absence d’un règlement politique de la crise libyenne, les réseaux de trafics de migrants poursuivront leur trafic d’êtres humains en Libye et vers l’Europe.

Le nombre de décès en Méditerranée a quasiment doublé durant les six premières semaines de l’année 2018 par rapport à la même période de l’an précédent, a indiqué un nouveau rapporté de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), publié mardi soir. Durant la période citée, le nombre de migrants et de réfugiés ayant péri en Méditerranée est de 401 victimes contre 261 l’an dernier, a indiqué l’OIM, alors que le nombre d’arrivée en Europe a baissé d’un tiers en passant de 12 358 à seulement 8 154, selon les chiffres de cette organisation dépendant de l’ONU.
Ces nouveaux chiffres sont publiés le jour même où une dizaine de personnes a péri près des côtes turques, après le naufrage de leur embarcation, a rapporté l’agence de presse turque Anadolu. L'OIM a déclaré également qu'au cours des cinq derniers jours, onze migrants ont trouvé la mort lors de différents naufrages en Méditerranée occidentale. Quatre-vingt-six décès ont déjà été enregistrés en Méditerranée occidentale au cours des quarante-deux premiers jours de l'année, soit trois fois plus que l'année dernière sur ce même itinéraire, a expliqué l’OIM. Au-delà du fait qu’elle soit provoquée par les mauvaises conditions météorologiques, la surcharge des barques et leur vétusté, l’augmentation du nombre de décès en mer est la conséquence des restrictions imposées par l’Union européenne et la chasse croissante au réseaux de passeurs qui, le plus souvent, abandonnent les migrants à leur sort en haute mer pour échapper à la marine européenne et aux gardes côtes libyens et italiens. Autrement dit, malgré la mise en place d’un sévère dispositif de surveillance en Méditerranée, l’augmentation de l’aide financière aux pays de transit et pourvoyeurs de candidats à l’immigration illégale, la crise est toujours là.
Les réseaux de passeurs ont adapté leurs méthodes et attirent toujours autant de migrants et de réfugiés pour la périlleuse aventure vers l’Europe. Entre le risque de mourir en Méditerranée et celui de mourir dans leur pays d’origine, sous la dictature ou à cause des changements climatiques ou de la pauvreté endémique, les candidats à l’immigration ont choisi depuis longtemps. Pendant ce temps, les pays riches du continent européen continuent de nier toute responsabilité politique dans cette crise, en concentrant plutôt leur politique migratoire sur l’aspect financier et répressif.
D’ailleurs, le fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique vient d’être accrédité de plus de 290 millions d’euros pour financer une quinzaine de programmes visant à remédier aux cause profondes de l’instabilité, des déplacements forcés et des migrations irrégulières, a annoncé la Commission européenne mardi soir, a rapporté l’APS. Selon ce commissaire, le fonds fiduciaire d'urgence de l'UE pour l'Afrique, notamment le volet “Afrique du Nord”, a été défini comme le “principal instrument financier pour remédier à la situation sur la route de la Méditerranée centrale”, soulignant que la priorité a été accordée à la Libye avec l'adoption de quatre programmes d'un montant total de 162 millions d'euros.
Mais l’argent ne suffira pas à ramener la stabilité en Libye en l’absence d’un accord politique dans ce pays en crise depuis maintenant sept ans.


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