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Enquête sur le sabotage de navires dans le Golfe

Pas de preuves impliquant l’Iran

Le A. Michel, l'un des quatre pétroliers abîmés par un "acte de sabotage" dans le golfe Persique, le 13 mai 2019 © D. R.

Selon des diplomates à l’ONU, un éventuel rôle de l'Iran dans ces actes de sabotage n'a pas été évoqué lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies.

Les Émirats arabes unis ont indiqué jeudi que l’enquête multinationale sur le sabotage, le 12 mai dernier, de quatre pétroliers a conclu à la responsabilité probable d'un “acteur étatique” mais aucune preuve ne permet à ce stade de dire qu'il s'agit de l'Iran. “Bien que les investigations soient toujours en cours, il y a de fortes indications que les quatre attaques sont intervenues dans le cadre d'une opération sophistiquée et coordonnée menée par un acteur doté de fortes capacités opérationnelles, vraisemblablement un acteur étatique”, souligne un communiqué conjoint des Émirats, de l'Arabie Saoudite et de la Norvège. 

Cette enquête a été menée par les Émirats avec le concours de l'Arabie Saoudite et de la Norvège. Ses résultats préliminaires ont été présentés dans la journée aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU lors d'une réunion informelle organisée par la mission émiratie auprès des Nations unies. Les États-Unis ont accusé l'Iran d'être “très vraisemblablement” derrière ces sabotages, au moyen présumé de mines iraniennes et avec l'objectif selon eux de faire monter les prix du pétrole, alors que Washington tente d'empêcher avec des sanctions Téhéran d'exporter son pétrole. L'Iran a rejeté toute implication.

Les quatre navires – deux bateaux battant pavillon saoudien, un sous pavillon norvégien et un sous pavillon émirati – ont été endommagés par des explosions survenues dans les eaux territoriales émiraties, près du port de Fujaïrah. Les premières conclusions indiquent qu'il est “très probable” que les sabotages aient été commis au moyen de mines Limpet, posées grâce à des aimants sur la coque des navires par des plongeurs ayant utilisé des vedettes rapides. Il fallait des capacités de renseignement pour choisir les cibles alors que les navires n'étaient pas positionnés au même endroit, estiment les Émirats. Selon des diplomates, un éventuel rôle de l'Iran dans ces actes de sabotage n'a pas été évoqué lors de la réunion du Conseil de sécurité. 

Pour l'ambassadeur saoudien à l'ONU, Abdallah al-Mouallimi, “l'Iran porte sur ses épaules la responsabilité des attaques”. Après les sabotages, l'Arabie Saoudite avait affirmé que les attaques avaient porté atteinte à la sécurité de la navigation internationale et des approvisionnements en pétrole, nécessitant des décisions du Conseil de sécurité. “On ne doit pas se précipiter sur des conclusions”, a souligné devant des journalistes l'ambassadeur russe adjoint Vladimir Safronkov, et “les investigations vont se poursuivre”. Les tensions entre l'Iran et les États-Unis n'ont cessé de monter depuis le retrait unilatéral américain en mai 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015. 
 

R. I./Agences

 


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