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A la une / International

Drames migratoires en Méditerranée

Pressions des ONG sur les pays d’Europe

Les drames de la migration se succèdent en mer Méditerranée. © D. R.

Hier, au moins douze corps ont été repêchés par la Garde maritime tunisienne, a rapporté le Croissant-Rouge tunisien (C-RT), quelques jours après le naufrage d'une embarcation avec plus de 80 migrants à bord, selon le témoignage de l'un des trois survivants. 

Les pays européens sont sous la pression des ONG qui viennent au secours des migrants et des réfugiés en mer Méditerranée. Hier, plus de 30 000 personnes ont manifesté dans une centaine de villes d'Allemagne en signe de solidarité avec la capitaine du Sea-Watch et pour réclamer une prise en charge des migrants sauvés par les ONG en Méditerranée, selon les organisateurs. À Berlin, le cortège comptait quelque 8 000 personnes tandis qu'à Hambourg, 4 000 personnes ont participé au défilé, selon le collectif Seebrücke.

Au total, des sit-in, défilés et rassemblements se sont déroulés dans une centaine de villes dans toute l'Allemagne. “Le sauvetage en mer ne connaît pas de frontières, tout comme notre solidarité”, a assuré la capitaine du Sea-Watch, Carola Rackete, dans un message adressé aux manifestants à Berlin. “L'irresponsabilité des États européens m'a contrainte à agir comme j'ai agi”, a ajouté la jeune Allemande qui est toujours en Italie, où le gouvernement a adopté une controversée politique hostile à l’accueil des migrants sur son sol. Mais cela n’a rien entamé de la détermination des humanitaires qui défient menaces d’emprisonnement et refus des autorités de laisser amarrer les navires des ONG, avec à leur bord des dizaines de migrants sauvés d’une mort certaine en Méditerranée.

Un navire humanitaire, L'Alex, qui transportait 41 migrants, a annoncé hier se diriger vers l'île italienne de Lampedusa, défiant ainsi la décision du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini de fermer les ports aux navires des ONG. Après deux jours d'attente en mer et “compte tenu des conditions d'hygiène intolérables à bord, L'Alex a déclaré l'état d'urgence et vogue vers Lampedusa, le seul port de débarquement sûr possible”, a tweeté le collectif italien de gauche et d'extrême gauche Mediterranea, qui a affrété ce voilier de 18 mètres.

Ce navire a été rejoint par un autre navire de l'ONG allemande Sea-Eye, L'Alan Kurdi (du nom du petit Syrien retrouvé noyé en Turquie en 2015), transportant 65 migrants. Un décret-loi adopté en juin prévoit des amendes jusqu'à 50 000 euros contre le capitaine, le propriétaire et l'armateur d'un navire qui entrerait sans autorisation dans les eaux italiennes. D’ailleurs, Carola Rackete s’en est pris au ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini (extrême droite) qui l’a insultée et accusée de vouloir tuer des soldats italiens qui ont tenté de l’empêcher d’atteindre Lampedusa.

Brandissant des gilets de sauvetage, les manifestants à Berlin ont dénoncé la criminalisation du sauvetage en mer. Carola Rackete, inconnue du grand public avant son arrestation, a assuré s'être sentie abandonnée par les gouvernements européens durant son odyssée avec les migrants rescapés. “Mon sentiment c'est qu'au niveau national comme au niveau international, personne ne voulait vraiment apporter son aide. Ils se refilaient la patate chaude”, a-t-elle jugé dans l'hebdomadaire Der Spiegel dont elle a fait la Une hier.
 

L. M./Agences

 

 


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