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A la une / International

Ses forces contrôlent la ville d’Afrine et y plantent le drapeau turc

Quand Ankara viole la souveraineté syrienne

Un char des forces turques après la prise de contrôle de la ville kurde d'Afrine. ©D. R.

La guerre en cours en Syrie démontre que le droit des minorités dépend plus des considérations géopolitiques et des rapports de force entre puissances que du respect de la vie humaine.

La ville d’Afrine,  dans le nord-ouest de la Syrie, est tombée hier entre les mains des forces armées turques et des milices dites de l’opposition syrienne, après presque un mois de violences meurtrières contre la minorité kurde en Syrie, s’est félicité le président turc Recep Tayyip Erdogan, face au silence de la communauté internationale et au prix d’un bain de sang que ses soldats ont commis contre des dizaines de civils.
Après avoir presque vidé Afrine de ses habitants, en poussant plus de 200 000 personnes à fuir les raids de son aviation, Ankara s’est même permis de planter son drapeau en signe de victoire contre les groupes d’autodéfense kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), en violation de la souveraineté de la Syrie, dont le président Bachar Al-Assad est occupé par son offensive contre un des derniers fiefs terroristes dans la Ghouta orientale, près de Damas. Si les puissances occidentales et leurs médias consacrent une large couverture à ce qui se passe dans la Ghouta orientale, où les civils payent aussi le prix de la violence armée, elles se soucient peu du carnage commis par la Turquie dans les autres régions peuplées de Kurdes qu’Ankara considère comme des fiefs terroristes, se donnant ainsi le droit de les décimer au mépris du droit international. Abandonnés par la Russie après leur avoir manifesté un certain soutien, les Kurdes sont également abandonnés par Damas à la merci de la Turquie, car l’affaiblissement des Kurdes sert les intérêts de Bachar al-Assad qui, indirectement, sous-traite la guerre avec Ankara contre cette communauté aux droits bafoués partout au Proche-Orient (Turquie, Syrie, Irak et Iran).  Pour preuve, le président syrien s’est déplacé hier dans la Ghouta orientale au moment où les troupes de l’agresseur turc et les milices anti-Damas célébraient leur “victoire” contre les Kurdes et continuaient à mener des raids contre des cibles civiles dans plusieurs quartiers d’Afrine. Par ailleurs, Moscou qui se montrait si prompt à condamner les violations américaines, françaises et britanniques de la souveraineté syrienne a détourné son regard des massacres commis par les soldats d’Erdogan à Afrine et auparavant à Kobani. Mais cela ne semble pas décourager les Kurdes de Syrie. “La résistance à Afrine va se poursuivre jusqu'à la libération de chaque territoire d'Afrine”, a mis en garde dans un communiqué envoyé à la presse l'administration semi-autonome kurde de la région, conquise par les forces d'Ankara.
“Dans tous les secteurs d'Afrine, nos forces vont devenir un cauchemar permanent pour les forces turques et les rebelles syriens”, a ajouté le communiqué des autorités locales kurdes. “Notre guerre contre l'occupation turque (...) est entrée dans une nouvelle étape: nous passons d'une guerre de confrontation directe à une tactique d'attaques éclair”, lit-on encore dans le texte en question.

Lyès Menacer


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