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Six morts dans des incidents à Khartoum

Qui veut saboter la transition au Soudan ?

Colère des manifestants soudanais après des heurts avec les forces de l'ordre. © D. R.

Hier, les parties soudanaises ont tenté de calmer les esprits, alors qu’elles s’apprêtaient à reprendre les discussions pour le deuxième jour consécutif, au lendemain des progrès enregistrés lundi.

Des dizaines de Soudanais ont bloqué hier des routes à Omdurman, une ville voisine de Khartoum, pour dénoncer la mort de manifestants et d’un militaire la veille au soir dans des affrontements. Ils se sont rassemblés à Abbassiya et Al-Arbaa, deux quartiers d'Omdurman, où ils ont brûlé des pneus pour empêcher la circulation entre différents quartiers de la ville, pour protester contre le Conseil militaire au pouvoir en scandant “Protège ta patrie ou prépare-toi à mourir”. Par contre, la situation était calme à Khartoum, autour du sit-in devant le quartier général de l'armée, où des centaines de manifestants continuent de camper, ont indiqué des journalistes de l’agence AFP sur place. Le Conseil militaire de transition, au pouvoir depuis la chute du président Omar al-Bachir le 11 avril, a attribué les incidents ayant entraîné la mort de cinq manifestants et un militaire à des “éléments non identifiés” dans le but d’entraver le processus politique. La même source a ajouté que “des éléments non identifiés qui voulaient saboter les négociations” ont ouvert le feu devant le quartier général de l’armée, soulignant que “des hommes armés” avaient été signalés “parmi les protestataires”.

Il y a lieu de noter que ces violences ont éclaté quelques heures après l’annonce de progrès dans les pourparlers entre les militaires et les meneurs de la contestation, réunis au sein de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), sur une transition politique. Les deux parties ont annoncé un accord sur un nouveau “conseil souverain” qui remplacera le Conseil militaire, en plus d’un cabinet et d’une assemblée législative. Par ailleurs, le procureur général soudanais a annoncé l’inculpation d’Omar al-Bachir, actuellement emprisonné à Khartoum. “Omar al-Bachir et d’autres (personnalités) ont été inculpés pour incitation et participation au meurtre de manifestants”, a-t-il indiqué dans un communiqué, en recommandant l’“accélération des enquêtes sur les meurtres d’autres manifestants”. Selon une association de médecins proche de l’ALC, 90 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre depuis le début des manifestations, le 19 décembre. Les autorités parlent d’un bilan de 65 morts. L'ancien chef de l'État fait également l’objet de mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), qui souhaite le voir répondre à La Haye pour des accusations de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre lors du conflit au Darfour. Pour rappel, le Conseil militaire de transition avait indiqué refuser un transfert vers La Haye, laissant cette éventuelle décision à un futur gouvernement civil. 
 

Merzak Tigrine


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