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LE HAUT-COMMISSARIAT AUX DROITS DE L’HOMME DÉNONCE DES EXACTIONS DES AUTORITÉS LIBYENNES

Quinze migrants morts noyés au large de la Libye

Des migrants sur une embarcation de fortune en mer Méditerranée. © D. R.

Nouveau drame en Méditerranée, où quinze  migrants ont trouvé la mort au large des côtes libyennes. Encore des morts, même si le flux connaît un reflux ces derniers jours.

La série noire se poursuit sur le même rythme macabre. Deux naufrages au large de la Libye ont fait quinze morts, a indiqué le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), un nouveau  drame de l’immigration clandestine en Méditerranée. 

“Mort tragique. Les corps de 15 personnes ont été récupérés alors que deux bateaux sont arrivés à la base navale de Tripoli ce soir”, a indiqué le HCR sur son compte Twitter dans la nuit de lundi à mardi.  “177 survivants ont reçu de l’aide, certains ayant besoin d’une assistance médicale urgente de la part du HCR et de ses partenaires”, selon la même source. 

“Les passagers étaient partis la veille de Zwara et d’Alkhoms”, deux villes situées sur la côte ouest de la Libye.  Le HCR a diffusé  des images des survivants, blottis sous des couvertures après leur sauvetage, l’air épuisé.

La Libye est devenue depuis 2011 quasiment un hub de transit des migrants, particulièrement  des  Subsahariens, cherchant  chaque  année  à  gagner l’Europe par les côtes italiennes, distantes de quelque 300 km.

Le nombre de migrants décédés en mer en tentant de  rejoindre l’Europe a plus que doublé cette année par rapport à la même période en 2020, selon des chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM) publiés en juillet.

En  septembre, l’OIM  a  dénombré  1 369  migrants  morts  noyés  en Méditerranée depuis le début de l’année. Ce nouveau drame de l’immigration clandestine intervient une dizaine de jours après un raid mené par les autorités en banlieue de Tripoli, ayant ciblé principalement des migrants en situation irrégulière. Au moins 5 000 migrants et réfugiés ont été arrêtés. 

Par ailleurs, 25 migrants en situation  irrégulière ont été interceptés lundi passé par les autorités turques à Mugla, dans le sud-ouest de la Turquie. Les équipes du  Commandement des gardes-côtes turcs ont été informées de la présence de migrants au large de Bodrum, district de Mugla, a rapporté l’agence de presse Anadolu. 

Selon la même source, les 25 personnes se trouvaient à bord d’un bateau en fibre. Ils ont été remis à la direction de la  gestion de  la  migration  de la ville. Trois suspects ont été placés en garde à vue pour trafic de migrants.

La  veille, les  gardes-côtes  turcs  ont  secouru 75 migrants  clandestins qui auraient été refoulés vers les eaux territoriales turques par la Grèce à Mugla, dans le sud-ouest de la Turquie, selon l’agence de presse. Ils se trouvaient à bord de radeaux et de bateaux pneumatiques au large des côtes du district de Marmaris, dans la province de Mugla.

L’ONU dénonce une série “horrible” en Libye Concernant le même drame et sur un autre registre, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, réagissant au traitement de la question de la migration et des migrants sur le sol libyen, a dénoncé ce lundi “une série d’événements horribles” en Libye, qui ont fait au moins une demi-douzaine de morts parmi les migrants ou demandeurs d’asile, tués par les forces de sécurité. 

“Nous  sommes extrêmement inquiets  des  souffrances  que continuent d’endurer les  migrants  et  demandeurs  d’asile en Libye, qui sont soumis quotidiennement à une myriade d’atteintes à leurs droits et d’abus par des acteurs étatiques et non étatiques”, a dénoncé Marta Hurtado, porte-parole du Haut-Commissariat à Genève, lors d’un point de presse.

Mme Hurtado a relevé plusieurs incidents entre le 1er et le 8 octobre qui ont fait au moins une demi-douzaine de morts, selon un bilan encore provisoire. 

Le 1er octobre, au moins une personne a été tuée quand des personnels du ministère de l’Intérieur ont lancé un raid contre un campement de fortune à environ 12 km à l’ouest de Tripoli, où vivent des centaines de migrants et demandeurs d’asile, a indiqué la porte-parole. 

L’intervention a aussi fait au moins cinq blessés, et quelque 4 000 personnes ont été arrêtées. Elles ont ensuite été rassemblées dans “des cellules extrêmement surpeuplées avec peu d’accès à de la nourriture ou de l’eau” au centre de détention d’Al-Mabani. 

Le 2 octobre, plusieurs  centaines  de  migrants ont  été  transférés dans le centre de détention de Gharyan, d’où 500 migrants se sont échappés le 6 octobre.  Les gardes ont ouvert le feu et tué “au moins quatre personnes” et en ont blessé “beaucoup d’autres”, selon un bilan préliminaire du Haut Commissariat. 

Le 8 octobre, les gardes du  centre  de  détention d’Al-Mabani  ont tiré sur des détenus “en tuant et en blessant un nombre inconnu” de personnes, a indiqué la porte-parole, précisant qu’un grand nombre des évadés avait été à nouveau arrêté.  Un porte-parole  de  l’Organisation  internationale  pour  les migrations (OIM) avait fait état de 6 évadés tués par les gardes dès vendredi. 

Plusieurs ONG et agences onusiennes dénoncent régulièrement les conditions déplorables dans les centres de détention en  Libye, où passeurs et trafiquants ont profité ces dix dernières années du climat d’instabilité ayant suivi la révolte de 2011, faisant de ce pays la plaque tournante du trafic d’êtres humains sur le continent. 

 

R. I./Agences

 


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