Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / International

Un mort à Kinshasa et tirs à balles réelles à Kisangani

Répression à huis clos en RD Congo

La police tente de disperser les manifestants. © D.R.

Les autorités ont encore eu recours aux coupures d’internet pour empêcher la diffusion des photos et vidéos qui montrent l’ampleur de la répression policière congolaise.

La répression hier d’une marche pacifique, à l’appel du Comité laïc congolais (CLC, de l’Église catholique), a fait au moins un mort par balle et plusieurs blessés dans la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), Kinshasa, et dans plusieurs autres villes, où des centaines de personnes s’opposent à un nouveau mandat de l’actuel président Joseph Kabila. “Depuis 7h00, nous avons reçu trois blessés liés à la marche des catholiques, dont deux blessés graves par armes à feu. Le troisième qui a reçu une balle à la poitrine est décédé”, a déclaré, à l'AFP, Dr François Kajingulu, directeur de l'hôpital St Joseph de Limete, dans le centre de Kinshasa. Un agent “a tiré sur mon frère à bout portant dans l'enceinte de la paroisse Saint Benoît (centre). J'étais près de mon frère”, a déclaré à l'AFP le frère du défunt entre deux sanglots. “À l’église Saint Pie X de la commune de Ngiri-Ngiri où était notamment présent le président de l’UNC Vital Kamerhe, les manifestants ont été dispersés après avoir entamé la marche”, a indiqué le quotidien en ligne congolais Actualités, affirmant que “Vital Kamerhe a dit avoir difficilement réussi à quitter son domicile pour se rendre à l’église à cause d’un dispositif des forces de l’ordre qui ont tenté de l’en dissuader”.
Dans la ville de Kisangani (1222 km au nord-est de Kinshasa), les services de sécurité ont également usé de la violence à l’égard des manifestants, blessant plusieurs d’entre eux, a rapporté la radio onusienne Koaci. “La police a réprimé ce dimanche (hier) à Kisangani la marche organisée par le CLC. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes et tirs à balles réelles”, a rapporté la presse locale, soulignant que “les manifestants venus de plusieurs paroisses voulaient converger vers la cathédrale Notre-Dame du très Saint-Rosaire, lieu du départ de leur marche vers le gouvernorat de province”. Les services de police n’ont épargnés personne par leur répression, s’attaquant même aux fidèles qui venaient de sortir de la messe. “Aux environs de 9h30, alors que les chrétiens sortaient de la messe à la cathédrale, la ceinture déployée à la hauteur de la banque centrale se déchaîne”, a rapporté la presse congolaise qui a décrit les mêmes scènes de violences policières. “Gaz lacrymogènes, jets de pierres et armes automatiques ont été utilisés par des forces de l’ordre pour étouffer le début de la marche à partir de la cathédrale Notre-Dame”, ont indiqué des témoins, affirmant que plusieurs prêtres ont été arrêtés à la sortie de leurs paroisses. À Lubumbashi, deuxième ville du pays dans le sud-est, la manifestation du CLC a été aussi empêchée. Les autorités ont aussi coupé la connexion internet à Kinshasa, suspendant en même temps le réseau de téléphonie. Les deux précédentes, les 31 décembre et 21 janvier, avaient fait une quinzaine de morts selon l'Église, deux d'après les autorités. Vendredi, l'Union européenne, la Suisse et le Canada avaient rappelé dans un communiqué conjoint “l'importance du respect des libertés fondamentales, en particulier de la liberté de manifester et de la liberté de culte”. À noter que Joseph Kabila devait quitter le pouvoir le 20 décembre 2016, mais son obsession à rester au pouvoir a entraîné le pays dans une crise politique et dans la spirale de la violence depuis trois ans. Malgré cela, il veut être candidat à sa propre succession à la présidentielle prévue pour le 23 décembre 2018.


Lyès Menacer
 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER