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Alors que le gouvernement n’est toujours pas formé

Reprise des manifestations sur fond de crise économique au Liban

Les manifestants continuent à occuper la rue en nombre, rejetant le Premier ministre désigné, Hassane Diab. © D.R

Plusieurs incidents sont survenus ces derniers jours à l’intérieur d’agences bancaires entre des clients en colère et des employés partout dans le pays. En cause, les banques imposent de sévères restrictions pour tout retrait en devises.

La crise politique qui secoue le Liban depuis plus de deux mois se poursuit, et rien n’indique qu’elle connaîtra son épilogue dans les jours, voire les semaines à venir. Les manifestants continuent à occuper la rue en nombre, rejetant à la fois le Premier ministre désigné, Hassane Diab, et son appel à la formation d'un gouvernement de technocrates.

Les partis politiques, de leur côté, continuent à se rejeter la responsabilité, creusant davantage leurs divergences, alors que la crise économique est de plus en plus menaçante pour un pays déjà au bord de la faillite financière. Dimanche soir, des centaines de manifestants se sont rassemblés devant le domicile de Hassane Diab à Tallet el-Khayat, le conspuant et réclamant un “véritable gouvernement de technocrates”, selon des médias libanais.

Brandissant une banderole proclamant “Tous, sans exception, y compris Hassane Diab”, les manifestants ont “insulté” le Premier ministre désigné qui œuvre, non sans grande difficultés, à former un gouvernement, le traitant de “menteur”, a-t-on indiqué. “Diab dehors”, “Diab démissionne !”, criaient les manifestants, selon des médias libanais sur place. La désignation de Hassan Diab à la tête du gouvernement est perçue par la majorité des protestataires comme un recyclage effectué au sein d’un système politique ankylosé. M. Diab, ayant déjà officié en tant que ministre dans l’ancien gouvernement, a fait partie du système à l’origine de la banqueroute que connaît le pays à tous les niveaux.

Le Premier ministre actuel a fait partie d’une classe dirigeante qui a mené le pays à la ruine. Il ne peut pas être aujourd’hui la solution, soutiennent les Libanais. Ils réclament depuis plus de deux mois un gouvernement propre et indépendant qui arrête la corruption et les vols et qui puisse récupérer les fonds volés. Beaucoup voient dans la désignation de M. Diab une provocation de plus, puisque ce dernier n’a aucune intention de nommer des gens représentant la révolution, qui pourront à leur tour choisir des personnalités neutres.

Dimanche soir, plusieurs manifestants se sont dirigés vers le centre-ville de la capitale Beyrouth pour se rassembler devant l'une des entrées du Parlement, située rue Weygand, où ils ont été rejoints par des contestataires venus du pont du Ring qui ont brièvement coupé la circulation, d'après des médias locaux. À Tripoli, dans le nord du pays, des manifestants ont fermé les routes menant au carrefour Salam, à l'entrée sud de la ville, revendiquant des mesures urgentes pour sortir de la crise économique notamment.

Depuis l'éclatement des troubles au Liban, des incidents surviennent régulièrement à l’intérieur d’agences bancaires entre des clients en colère et des employés partout dans le pays. Les forces de l’ordre sont intervenues à plusieurs reprises pour rétablir l’ordre ces trois derniers jours. En raison de la crise, les banques libanaises imposent de sévères restrictions pour tout retrait en devises. Il y a quelques jours, les mesures ont été durcies : même les retraits en livres libanaises sont désormais rationnés, selon des sources médiatiques.

De nombreuses banques refusent de payer des chèques libellés en monnaie nationale et obligent les bénéficiaires à déposer les montants dans des comptes, parfois bloqués pour plusieurs mois. 

 

 

 


K. B./Agences



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