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Élections locales en Turquie

Revers d'Erdogan à Istanbul et Ankara

Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, s’apprêtant à voter. © D. R.

Redoutant des fraudes, l'opposition a de son côté appelé ses observateurs à ne pas quitter les bureaux de vote, quitte à “ne pas dormir pendant 48 heures”.

Le président Recep Tayyip Erdogan a essuyé hier un camouflet sans précédent avec la perte par son parti, d'après des résultats encore partiels, des villes d'Ankara et Istanbul lors des élections municipales de dimanche. Le chef de l'État turc s'était jeté à corps perdu dans la campagne pour ces élections, enchaînant une centaine de meetings à travers le pays et faisant du scrutin un plébiscite sur sa personne en pleine tempête économique. S'il a maintenu une fine majorité à l'échelle nationale, des résultats partiels donnent l'opposition gagnante à Istanbul et Ankara, les deux principales villes du pays, que l'AKP et ses prédécesseurs islamistes contrôlaient depuis 25 ans. À Istanbul, la course est extrêmement serrée, au point que les deux candidats se sont déclarés vainqueur dimanche soir. Mais le président du Haut-comité électoral (YSK), Sadi Güven, a déclaré hier que les résultats partiels montraient le candidat de l'opposition à Istanbul, Ekrem Imamoglu, en tête, avec près de 28 000 voix d'avance. M. Güven a toutefois souligné que des recours étaient en cours d'examen pour un peu plus de 80 urnes. “J'espère que nous aurons des résultats finaux rapidement et que nous pourrons nous remettre au travail”, a réagi M. Imamoglu hier, promettant de diriger Istanbul en toute transparence. Quelle que soit l'issue de la bataille d'Istanbul, cœur économique et démographique du pays, M. Erdogan a déjà essuyé un revers cinglant avec la perte de la capitale. Selon des résultats encore partiels publiés par l'agence étatique Anadolu, le candidat de l'opposition, Mansur Yavas, était en tête avec 50,90% des voix, contre 47,06% pour celui de la majorité, Mehmet Özhaseki. Signe toutefois qu'il ne laissera pas lui échapper, les deux principales villes du pays sans coup férir, l'AKP a annoncé dans la nuit de dimanche à hier qu'il déposerait des recours pour réexaminer la validité de dizaines de milliers de bulletins considérés comme nuls. 

Selon Anadolu, 290 000 votes ont été comptés comme nuls à Istanbul et 90 000 à Ankara. Redoutant des fraudes, l'opposition a de son côté appelé ses observateurs à ne pas quitter les bureaux de vote, quitte à “ne pas dormir pendant 48 heures”. Le Président Erdogan a préféré dans la nuit de dimanche à hier se concentrer sur la victoire à l'échelle nationale, la coalition formée par l'AKP et les ultranationalistes du MHP remportant 51,67% des scrutins selon les résultats partiels. Istanbul reste une ville majeure pour M. Erdogan, où il a grandi et démarré sa carrière politique en tant que maire entre 1994 et 1998. C'est pourquoi il y avait dépêché son loyal ancien Premier ministre, Binali Yildirim.Alors que l'AKP s'est appuyé sur une forte croissance pour engranger les victoires électorales depuis 2002, il a dû, cette fois-ci, composer avec la première récession en 10 ans, une inflation record et un chômage en hausse.
 

R. I./Agences


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