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A la une / International

Bataille autour du gazoduc nord stream 2

Russes et Européens rejettent les sanctions américaines

Le président des états-Unis d’Amérique, Donald Trump. © D. R.

Première conséquence des mesures américaines : une entreprise suisse, Allseas, impliquée dans le projet Stream 2, a annoncé hier la suspension de ses travaux d'installation du gazoduc.

L’Union  européenne  et  la  Russie  ont qualifié  hier  “d’ingérence”  la  loi promulguée vendredi soir par  le président américain Donald Trump, imposant des sanctions contre les entreprises associées à la construction du gazoduc russe Nord Stream 2, au cœur d'une bataille économique et géopolitique entre les États-Unis et l'Europe. Les mesures américaines “affectent des sociétés allemandes et européennes et constituent une ingérence dans nos affaires intérieures”, a réagi l’Allemagne, première bénéficiaire de ce projet,  par la voie du porte-parole du gouvernement Merkel, Ulrike Demmer.

“Le gouvernement rejette ces sanctions extraterritoriales”, a-t-il insisté hier dans une prise de position particulièrement ferme. Un porte-parole de l'UE a de son côté exprimé l'opposition de Bruxelles “par principe à l'imposition de sanctions contre des entreprises européennes se livrant à des activités légales”. Moscou a également critiqué la mise en place des sanctions, s'en prenant à “l'idéologie américaine (qui) ne supporte pas la concurrence mondiale”.

“Un État avec une dette publique de 22 000 milliards de dollars interdit à des pays solvables de développer leur économie réelle”, a ainsi déclaré sur Facebook la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.  “Bientôt, ils demanderont qu'on arrête de respirer”, a-t-elle ironisé. Construit à plus de 80%, le gazoduc sous-marin qui relie la Russie à l'Allemagne doit permettre de doubler les livraisons directes de gaz naturel russe vers l'Europe occidentale via l'Allemagne. 

Ces sanctions sont survenues alors que les États-Unis ainsi que certains pays européens — l'Ukraine, la Pologne et les pays baltes — craignent que ce tube accroisse la dépendance des Européens au gaz russe, que Moscou pourrait utiliser pour exercer des pressions politiques.

Première conséquence de ces mesures : l'entreprise suisse Allseas, qui possède le plus grand navire de pose de pipelines du monde et qui était engagée par le groupe russe Gazprom pour construire la section offshore du gazoduc, a annoncé hier la suspension de ses travaux d'installation du gazoduc. 

L'entreprise précise qu'elle attend à présent “des clarifications réglementaires, techniques et environnementales de la part des autorités américaines compétentes”. Les sanctions américaines, qui font partie d'une large loi portant sur le budget de défense américain pour l'année fiscale 2020, comprennent le gel des avoirs et la révocation des visas américains pour les entrepreneurs liés au gazoduc. 

Le département d'État américain doit désormais communiquer dans les 60 jours les noms des entreprises et des personnes concernées. L'annonce jette le trouble sur l'avenir de ce gigantesque investissement d'une dizaine de milliards d'euros, quasiment terminé et dont l'entrée en service était programmée pour fin 2019 ou, plus probablement, début 2020. 
 

K. B./Agences

 

 


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