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A la une / International

Conseil de sécurité de l’ONU

Syrie : difficiles tractations pour un cessez-le-feu

Réunion du Conseil de sécurité. ©D. R.

Les tractations avec la Russie, pour éviter qu’elle n’use de son veto, ont été très rudes au point où le vote de cette résolution a été reporté à plusieurs reprises.

Le scrutin organisé hier au Conseil de sécurité de l'ONU pour décider ou non d’un cessez-le-feu humanitaire de trente jours en Syrie a été repoussé une première fois d’une heure avant de l’être une seconde fois, car les membres de l’organe exécutif onusien n’arrivaient pas à convaincre la Russie de ne pas opposer son veto. Ainsi, la situation dans le fief rebelle de la Ghouta orientale, qualifiée par le secrétaire général de l’ONU d’“enfer sur terre”, a été hier au centre des discussions du Conseil de sécurité. Après deux semaines de tractations, une nouvelle version amendée du projet de résolution, qui a été négocié durant deux semaines, a été distribuée aux membres de l’organe exécutif des nations.
Même si cette version a été modifiée et se contente de “demander” un cessez-le-feu, alors que la version précédente employait le verbe “décider”, elle n’a pas rassuré Moscou, qui continuait à exiger des “garanties”. Et pourtant, il est précisé que le cessez-le-feu ne s’appliquera pas aux “individus, groupes, entreprises et entités associées” à Al-Qaïda et au groupe terroriste autoproclamé État islamique, alors que la précédente version mentionnait uniquement ces deux organisations.
En effet, la Russie avait souligné par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qu’elle était prête à un cessez-le-feu sous condition que les exclusions concernent aussi “les groupes coopérant” avec les organisations terroristes et “attaquant des quartiers résidentiels” de la banlieue de la capitale syrienne. Cette résolution vise à alléger le siège mené par le gouvernement syrien sur la Ghouta orientale, à livrer une aide humanitaire urgente (médicaments et nourriture) et à organiser des évacuations sanitaires dans ce fief rebelle de 400 000 habitants dans la banlieue de Damas. Il y a lieu de noter que plus de 13,1 millions de Syriens ont actuellement besoin d'aide humanitaire, dont 6,1 millions de déplacés à l'intérieur du pays depuis le début du conflit meurtrier il y a près de sept ans. Le conflit a fait plus de 340 000 morts.
Sur le terrain, les avions du régime de Damas ont déversé hier, pour le sixième jour consécutif, leurs bombes sur le fief rebelle de la Ghouta orientale, à quelques heures d'un vote sur une trêve au Conseil de sécurité incapable jusque-là de mettre fin au carnage. Selon les chiffres fournis par l’Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 426 civils, dont 98 enfants, ont péri dans les raids aériens et les tirs d’artillerie intensifs et incessants menés par l'armée du président Bachar al-Assad contre cette vaste région près de Damas, devenue un “enfer sur Terre” selon les termes du patron de l’ONU, Antonio Guterres. “Le bilan pourrait être revu à la hausse”, a mis en garde l’OSDH, qui ajoute qu’“il y a de nombreux blessés dans un état critique et des victimes sous les décombres”. Cette région est le dernier bastion des rebelles situé aux portes de Damas, et les combattants tirent régulièrement obus et roquettes sur la capitale.
Ces bombardements, mis en avant par le régime pour justifier sa campagne militaire, ont fait au moins 16 morts depuis dimanche dernier. Moscou avait indiqué avoir proposé aux rebelles d’évacuer la Ghouta mais qu’ils avaient refusé.

Merzak Tigrine


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