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A la une / International

Les Tunisiens ont célébré hier le 7e anniversaire de la révolution

Tunisie, entre désillusion politique et crise sociale

Les Tunisiens ont investi la rue à l'occasion du 7e anniversaire de la révolution. © D. R.

La révolution tunisienne a commencé à Sidi Bouzid où un vendeur ambulant s’est immolé par le feu en guise de révolte contre les humiliations policières. Aujourd’hui, la misère est encore là et le système déchu de Ben Ali semble reprendre progressivement le terrain perdu sous d’autres couleurs.

Les Tunisiens ont encore réinvesti la rue pour à la fois célébrer le septième anniversaire de la “révolution du Jasmin”, contester le statu quo politique et dénoncer la loi de finances de 2018 qui aggrave une situation sociale déjà chaotique. Des milliers de citoyens se sont en effet rassemblés sur la célèbre avenue Habib-Bourguiba pour dénoncer la politique du gouvernement de Youcef Chahed et le rafistolage du président tunisien Béji Caïd Essebsi, qui se sont montrés incapables de redresser la situation politique et sociale de la Tunisie. L’UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) a organisé aussi un rassemblement devant son siège à Tunis à cette occasion, au lendemain de l’échec d’une nouvelle réunion de cette organisation et d’autres acteurs politico-sociaux, signataires du document de Carthage avec le président tunisien. Des membres du collectif citoyen “Manich Msamah” (“Je ne pardonnerai pas”) ont défilé en brandissant les photos de “martyrs” de la révolution. Devant le siège du puissant syndicat UGTT, une foule a exprimé ce vif mécontentement, à l'image de Foued El-Arbi, brandissant un couffin vide avec la mention “2018”. “Ce couffin vide résume notre situation médiocre, sept ans après la révolution”, a fustigé ce professeur de philosophie. “Nous protestons contre cette loi de finances (...) qui détruit le pouvoir d'achat de la majorité des Tunisiens et sert les intérêts des corrompus et des pilleurs”, a de son côté dit à l'AFP Hamma Hammami, le porte-parole du Front populaire, qui défilait sur l'avenue Bourguiba. Confortablement positionné au gouvernement, dans le cadre d’une coalition avec le parti au pouvoir Nidaa Tounès, le parti islamiste Ennahdha de Rached Ghannouchi continue de jouer à la récupération malgré le discrédit dont il fait objet, dans l’espoir de récupérer des voix en prévision des élections locales prévues pour l’année en cours, après plusieurs reports. “Cela fait sept ans qu'on ne voit rien venir. On a eu la liberté, c'est vrai, mais nous sommes plus affamés qu'avant”, a résumé Walid, un chômeur de 38 ans rencontré à Tebourba, près de Tunis, un des fiefs de la contestation actuelle. Le mouvement social a été lancé début janvier à l'appel de “Fech Nestannew” (“Qu'est-ce qu'on attend?”), dont les instigateurs, issus de la société civile, réclament davantage de justice sociale. Samedi, le président tunisien a préféré s’attaquer à la presse internationale qu’il a accusée d’avoir exagéré dans sa description des récentes émeutes qui ont embrasé plusieurs villes du nord du pays, avant de s’étendre à d’autres villes du Sud tunisien, où la misère sociale touche une grande partie de la population. Outre les problèmes internes, la crise libyenne, avec ce qu’elle a entraîné comme insécurité et fermeture régulière de la frontière, a beaucoup affecté cette région. L’annonce samedi soir par Béji Caïd Essebsi de revoir les aides sociales ne semble pas trop convaincre une majorité de la population qui exige le retrait pur et simple de la loi de finances 2018, alors que Youcef Chahed est pour son maintien en essayant parallèlement de convaincre ses partenaires sociaux et l’opposition sur la nécessité de maintenir le cap des réformes qu’il estime urgentes et salutaires pour l’avenir du pays.


Lyès Menacer

 


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1 réactions
Brahms le 15/01/2018 à 19h21

En Arabie Saoudite, ils coupent les mains de voleurs selon leur loi barbare. Or, comment se fait - il que Ben Ali puisse être là - bas avec une partie du magot qui a été volé aux Tunisiens ? Comment se fait il que sa femme ait pu embarquer 1500 lingots d'or pour vivre comme une Princesse et comment se fait - il que les Saoudiens ne donnent pas un centime aux Tunisiens alors qu'ils donnent facilement 389 milliards de dollars à Mr Trump qui n'a jamais mis les pieds à la Mecque ? Islam faux.

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