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A la une / International

Affaire Skripal : Alors que la Grande-Bretagne persiste à accuser Moscou

Un laboratoire doute de la responsabilité de Moscou

Des enquêteurs scientifiques à l’œuvre. ©D. R.

Développement spectaculaire mardi soir avec l’annonce par le laboratoire militaire britannique, chargé d’analyser la substance utilisée dans l’empoisonnement de l’ex-espion russe et sa fille à Londres.

Gary Aitkenhead, chef du laboratoire militaire britannique de “Porton Down”, chargé d’analyser la substance utilisée contre l’ex-espion russe en Angleterre, a reconnu ne pas avoir de preuve qu’elle provenait de Russie ni sur sa source exacte. “Nous avons été capables d’identifier qu’il s’agissait du Novitchok, d’identifier que c’était un agent innervant de type militaire”,  et d’ajouter : “Nous n’avons pas identifié sa source exacte.” Dans ses déclarations à la chaîne de télévision Sky, le responsable du laboratoire a aussi indiqué que la fabrication de la substance nécessitait “des méthodes extrêmement complexes, quelque chose seulement faisable par un acteur étatique”. Réagissant à ces déclarations, le gouvernement britannique, qui accuse la Russie de cette attaque, alors que Moscou dément catégoriquement toute implication, a affirmé que les recherches menées à “Porton Down” ne constituaient qu’“une partie du renseignement” à sa disposition. “Nous savons que la Russie a cherché, pendant la dernière décennie, des moyens de produire des agents neurotoxiques à des fins d’assassinat, et a produit et stocké de petites quantités de Novitchok”, a déclaré un porte-parole de l’Exécutif britannique dans un communiqué. Il a également mentionné des “assassinats parrainés par l’État russe” et a déclaré que les anciens espions russes étaient devenus “des cibles” du Kremlin, éléments qui ont conduit Londres à juger la Russie responsable.

Moscou somme Londres de s’excuser
Mais après ses révélations, le Kremlin a sommé Londres de “s’excuser”. “Leur théorie ne se confirmera en aucun cas, parce qu’il est impossible de la confirmer”, a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par les agences russes dans la nuit de mardi à mercredi. Estimant que “ce marasme est allé trop loin”, le responsable russe a souligné : “Le ministre britannique des Affaires étrangères, qui a accusé le président Poutine, et la Première ministre devront d’une manière ou d’une autre regarder dans les yeux leurs collègues de l’Union européenne (...) et devront d’une manière ou d’une autre présenter leurs excuses à la Russie.” Dénonçant une “campagne antirusse”, le président russe a dit espérer que cette rencontre mettra “le point final” à cette affaire qui a porté la confrontation Est-Ouest à son pire niveau depuis la Guerre froide et abouti à une vague historique d'expulsions réciproques de diplomates. “Selon des experts internationaux, de telles substances neuroparalysantes peuvent être fabriquées dans une vingtaine de pays du monde”, a aussi déclaré Vladimir Poutine. Dans le même ordre d’idées, le chef du renseignement extérieur russe, Sergueï Narychkine, a affirmé hier que l’affaire Skripal avait été “grossièrement fabriquée par les services spéciaux de Grande-Bretagne et des États-Unis”. “Il est important de cesser ce jeu irresponsable qui consiste à augmenter toujours la mise et de renoncer à recourir à la force dans les relations internationales, de ne pas amener la situation jusqu'à une nouvelle crise de Cuba” qui avait placé les États-Unis et l’URSS au bord d'une confrontation nucléaire en 1962, a-t-il déclaré lors d’une conférence internationale consacrée à la sécurité à Moscou. À signaler que les représentants des 41 États membres du Conseil exécutif de l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui supervise l’application de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques visant à débarrasser le monde de ces armes, étaient réunis hier à La Haye pour une nouvelle passe d’armes dans l’une des pires crises entre la Russie et l’Occident depuis la fin de la Guerre froide.

Merzak Tigrine


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