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A la une / International

Après une semaine de tension et d’intenses tractations avec l’armée

Zimbabwe : le président Robert Mugabe démissionne

© D.R.

Isolé par son propre camp, le président du Zimbabwe a tenu tête durant presque une semaine avant de capituler devant la forte pression de l’armée et de la rue qui ont exigé son départ.

Robert Mugabe, le désormais ex-chef d’État du Zimbabwe, a remis sa démission, après une semaine de tension et de tractations avec l’armée pour son départ, a annoncé le président du Parlement, alors que les députés étaient réunis en session extraordinaire de l’Assemblée nationale pour l’examen de la possibilité d’enclencher le processus de sa destitution. “Moi Robert Gabriel Mugabe (...) remets formellement ma démission de président de la République du Zimbabwe avec effet immédiat”, a déclaré le président de l'Assemblée nationale, Jacob Mudenda, en lisant, sous les applaudissements, la lettre de démission du chef de l'État. “J'ai choisi volontairement de démissionner. (...) Cette décision a été motivée par (...) mon désir d'assurer un transfert du pouvoir sans problème, pacifique et non violent”, a expliqué M. Mugabe dans sa lettre, dont des extraits ont été repris par les médias locaux et étrangers.
L'annonce de sa démission a été immédiatement saluée par un concert assourdissant d'avertisseurs dans la capitale Harare, où les des militants de l’opposition, des membres de la société civile et de simples citoyens avaient entamé depuis samedi un mouvement de contestation quotidien, dont un rassemblement pacifique devant le siège du Parlement. Cette décision intervient quelques heures seulement après le début d’une session extraordinaire du Parlement du Zimbabwe qui s’apprêtait à examiner la possibilité de sa destitution, après l’expiration, lundi à midi, de l’ultimatum que son propre parti, la Zuna-PF, lui avait fixé. Dimanche, la Zanu-PF avait déjà annoncé l’exclusion de Robert Mugabe et de son épouse Grace Mugabe du parti, comme première mesure de sanction, affirmant que les biens accumulés par le couple et leur famille allaient être saisis. Dans la matinée, dans ce qui s’apparente à un signe de défi, le président zimbabwéen avait convoqué une réunion du Conseil des ministres qui n’a, toutefois, pas eu lieu, en l’absence d’une majorité des ministres qui l’ont tout simplement boycottée. “Le Conseil des ministres convoqué ce matin par le président Mugabe n'a pas eu lieu après que les ministres eurent snobé la séance”, a rapporté le site d'information gouvernemental The Herald. Parallèlement, le chef d’état-major de l’armée, le général Chiwenga, a affirmé, lundi soir, que M. Mugabe était en contact avec son vice-président, Emmerson Mnangagwa, désigné par la Zanu-PF comme son candidat à la prochaine présidentielle prévue pour 2018. Le vice-président avait été limogé par M. Mugabe sur instigation de son épouse Grace et son entourage, dans la perspective de prendre le pouvoir. M. Mnangagwa a confirmé hier avoir eu une discussion au téléphone avec Robert Mugabe qui l’a invité à rentrer au pays. “Je peux confirmer que le président Robert Gabriel Mugabe a pris contact avec moi et m'a invité à rentrer à la maison pour une discussion sur les événements politiques actuels dans la nation. J'ai dit au président que je ne rentrerai pas chez moi tant que je ne serai pas satisfait de ma sécurité personnelle, à cause de la manière et du traitement qui m'ont été donnés après avoir été congédié”, a déclaré à la presse zimbabwéenne M. Mnangagwa, précisant que “dans mon contact avec Mugabe, j'ai dit au président que la crise politique et constitutionnelle actuelle dans le pays n'est pas une affaire entre lui et moi, mais entre le peuple du Zimbabwe et le président Mugabe”, lit-on sur le journal local The Zimbabwean. En poste depuis trente-sept ans, le président Robert Mugabe, âgé de 93 ans, s’accroche au pouvoir malgré les multiples appels à sa démission de la part de son parti, des organisations de la société civile, de l’Église et de l’armée qui l’a placé en résidence surveillée depuis mercredi dernier, après avoir pris quasiment le contrôle des plus importantes institutions du pays afin d’éviter le chaos dans le pays. Mais jusqu’à hier encore, l’armée se refuse de le démettre de ses fonctions par la force, préférant lui laisser une porte de sortie honorable, tout en l’assurant de lui obtenir l’immunité totale, ainsi qu’à son épouse, à l’origine de cette crise politique au Zimbabwe.


Lyès Menacer

 


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