Autres / Interprétation des rêves

L’origine des prénoms employés en Algérie

Azouz

Le prénom masculin Azouz est particulier au Maghreb. C’est une forme affective de Aziz “fort, puissant, p. extension chéri, choyé”, du verbe azza “être rare, être cher, être précieux, acquérir de la considération, être puissant”.
Un Azouz célèbre est un mystique et un alchimiste maghrébin du 18e siècle, Abdallah Ibn Azouz al-Marrakûshî, connu également sous le nom de Sidi Balla, berbérisation de l’arabe Abdallah. Il naquit vers 1730 à Marrakech, d’où son nom ethnique, al-Marrakûshî. Ibn Azouz suivit l’enseignement que l’on recevait alors au Maghreb : langue et grammaire arabes, sciences coraniques, hadith, éléments de fiqh, le droit musulman, il fut également initié au soufisme, mais pour vivre il exerça le métier de cordonnier.
Esprit encyclopédiste, dans la tradition des savants musulmans classiques, il se spécialisa dans plusieurs disciplines, du soufisme à l’alchimie, de la médecine à la pharmacopée. Il était passé maître dans la science de la sîmia – du grec sêmeia “signes” – ou science des lettres. C’est une sorte de procédé divinatoire qui permet, au moyen d’un calcul effectué sur des nombres appliqués aux lettres, de parvenir à prévoir des événements. Ibn Azouz avait aussi la réputation de saint, voire de thaumaturge. Ibn al-Muwaqqit, dans son ouvrage As-saâda al-abadiyya (le bonheur éternel), laisse penser qu’il pratiqua l’alchimie. Selon cet auteur, Ibn Azouz était très pauvre. Un jour il donna l’hospitalité à deux hommes qui étaient en réalité des alchimistes et qui voulaient soulager sa misère. Ils lui demandèrent un ustensile en cuivre, et comme il n’en avait pas, il en emprunta un à ses voisins. Les visiteurs y mirent de l’elixir et l’ustensile se transforma en or. Ils l’offrirent à Ibn Azouz. Ce dernier refusa et demanda que l’ustensile retrouve sa forme pour qu’il le rende à ses voisins. Les alchimistes lui avouèrent qu’ils en étaient incapables. Alors Ibn Azouz jeta une poignée de sable dans le récipient qui reprend sa forme. Bien que vénéré par le peuple, Ibn Azouz avait des ennemis : il  mourut assassiné en 1789. Une coupole fut dressée sur son tombeau, qui, aujourd’hui encore, est l’objet de visites pieuses.

M. A. Haddadou
mahaddadou@hotmail.com