Autres / Interprétation des rêves

L’origine des prénoms employés en Algérie

Tidjani, Tidjania

Tidjani est un prénom qui figure dans la nomenclature algérienne et maghrébine. Le prénom est le pluriel du mot tâdj “couronne”, tidjân “couronnes”. Le pendant féminin de Tidjani est Tidjania. En Algérie, le prénom est surtout rapporté à l’ethnique Tidjanî, rendue célèbre par le mystique et réformateur algérien cheikh al-Tidjânî, initiateur de la tariqa mystique dite tidjania, mais le nom est antérieur de deux siècles à ce personnage. Abou Mohammed Abd Allah al-Tidjania vécut au VIIIe siècle de l’hégire (XIVe siècle de J.-C.). Il était le secrétaire du sultan hafside Abou Yahia al-Lihiani.
Faisant une expédition à Djerba et dans le Djérid, il prit avec lui son secrétaire. Al-Tidjani explique que l’objectif de son maître était de se rendre en pèlerinage à La Mecque, mais il voulait tenir secret ce projet de crainte que ces sujets, qui l’aimaient beaucoup, ne cherchent à l’en empêcher.
Il est vrai que le pèlerinage, à l’époque, était une entreprise périlleuse, à cause des dangers de la route.
Le récit que nous offre Tidjani raconta les étapes de ce voyage qui offre un intérêt particulier, à la fois géographique et historique, sur le royaume des Hafsides.
L’autre Tidjani connu est Abou al-Abbâs Ahmad Ibn Mhammad al-Tidjani. Il naquit en 1737 à Aïn Madhi, près d’Ouargla, il mourut en 1815 à Fès, au Maroc. Il se dit charîf, c’est-à-dire descendant du Prophète Mohammed, par son petit-fils al-Hassan Ibn Ali. Enfant prodige, il mémorisa le Coran à sept ans et, encore adolescent, il devint mufti. Il perfectionna sa formation religieuse à l’université al-Qarawiyin et, à son retour, il séjourna dans des zaouïas, notamment à El-Bayadh, à Labiodh Sidi Cheikh, puis à Tlemcen où il enseigna pendant plusieurs années. Son enseignement était particulièrement suivi, et on venait de tous les coins du pays pour suivre ses cours. En 1772, il effectua le pèlerinage à La Mecque. Au cours du voyage, il s’était d’abord arrêté à Tunis, puis au Caire. De retour au Maghreb, il fit une retraite à Chellala, puis à Boussemghoun où il eut la vision du Prophète (QSSSL). Sa renommée devint si importante qu’elle inquiéta les autorités ottomanes. Il se rendit alors à Fès où il allait lancer une confrérie, tariqa, qui porte son nom et qui allait essaimer jusqu’au Sénégal.

M. A. Haddadou
mahaddadou@hotmail.com