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Autres / Interprétation des rêves

L’origine des prénoms employés en Algérie

Yasuktan

Ce nom est celui d’un centurion libyque. Son nom figure dans une stèle découverte à la XXe Valeria Victrix de Deva, à Chester, en Angleterre, et donc de son départ pour ce pays. Ce personnage est également connu par une autre inscription retrouvée cette fois-ci à Gholaia, à Bou Njem, en Tunisie. L’inscription mentionne que Iasuctan était responsable de la section locale de la légion III Augusta Pia Vindex. En l’an 221, il a fait restaurer une des portes du camp romain. Par la stèle, Iasuctan s’acquittait d’un vœu fait au dii mauri, c’est-à-dire à la divinité berbère, tutélaire du camp romain. Il rend hommage à l’empereur régnant, au coprince Alexandre et au vice-prince de Numidie, Flavius Sossianus, puis il entreprend de raconter, en 27 vers, une tâche qu’il a accomplie : la reconstruction d’une partie de son château. Ce poème contient aussi, en acrostiche, son propre nom. Rappelons qu’un acrostiche est un poème dont les initiales des vers composent, en les lisant verticalement un mot, le nom de l’auteur ou celui de la personne à laquelle sont dédiés les vers. Iasuctan donne aussi des précisions sur la reconstruction du mur, les travaux engagés par lui et ses ouvriers. Il exalte leur énergie, les qualités morales de la troupe et leur fidélité à l’empereur et à ses commandants. Il est persuadé que l’œuvre accomplie dans ce camp, aux portes du désert, survivra très longtemps. Ce Berbère, non seulement par le nom mais aussi par la religion, puisqu’il rend hommage aux dieux libyques, les deii maurii, se vante d’être un Romain et le patriotisme qu’il défend est celui de Rome. Quant à sa poésie, son latin révèle, selon les spécialistes, une certaine affectation, ce qui serait, selon saint Augustin, un trait d’africanité.  Le nom est berbère et se lit yasuk-ten, yasuk “il veille”. Il provient du verbe akk, attesté en targui, avec le sens “aller à, chez, par extension,  passer (une période de temps)”, ekk “passer dans le temps et l’espace, p. ext. veiller”, amakay “veilleur”, suku “faire aller à, envoyer”. Le verbe est également attesté en kabyle, ekk “venir de, provenir, être à l’origine de”, aki “s’éveiller, se réveiller, être vigilant”, sikk “faire”,  ekk “passer, venir de, provenir, surpasser, dépasser”, sukk  “faire passer, passer”. La finale –tan/ -ten signifie “à eux, eux”, sens du nom : “celui qui veille sur eux” ou encore “celui qui dépasse, qui est supérieur”.

M. A. Haddadou
mahaddadou@hotmail.com


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