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L’Algérie profonde / Actualités

BOUMERDÈS

Afir ou la commune oubliée

Cette commune, qui  a longtemps souffert  du terrorisme durant  la décennie noire, est aujourd’hui confrontée à d’autres problèmes qui empoisonnent la vie de ses habitants
et leur rendent  la vie difficile.

Perchée sur une colline à plus de 300 mètres d’altitude, à environ 15 km de la ville de Dellys et limitée à l’est par la commune de Makouda (wilaya de Tizi Ouzou),  la commune de Afir, qui compte plus de 14 000 habitants, fait partie des localités les plus pauvres de la wilaya de Boumerdès.
Composée de plus de 20 villages montagneux disséminés sur plus 61 km, cette commune, qui relève de la daïra de Dellys, a longtemps souffert du terrorisme durant la décennie noire. Aujourd’hui, Afir est confrontée à d’autres problèmes qui empoisonnent la vie de ses habitants et qui leur rendent la vie difficile. À commencer par l’eau potable qui demeure absente des robinets depuis maintenant deux semaines à cause d’une panne survenue au niveau de la station Benhamza gérée par l’ADE. C’est en tout cas ce qu’a affirme le P/APC de la commune, M. Amar Flici, qui attend toujours l’intervention de cette entreprise pour la remise en état de   la conduite endommagée par les dernières intempéries. L’Algérienne des eaux qui aurait pris, récemment, en charge la gestion de l’AEP de toute la commune procédera, souhaite-t-on, à la réhabilitation des châteaux d’eau existants mais aussi au raccordement des autres villages de la localité. L’autre épreuve que les   nouveaux responsables de la commune doivent surmonter concerne les dégâts causés aux routes par les dernières intempéries, notamment le tronçon reliant la RN24 à la RN71, un tronçon qui dessert plus de 10 villages. Dans certains endroits la circulation est presque coupée alors que dans d’autres, elle est vraiment  difficile. Certains accès présentent, d’ailleurs, un danger certain pour les automobilistes et les piétons qui les utilisent. Au niveau du village de Abada, un important ouvrage d’art a été endommagé par des eaux déchaînées alors qu’à El Kennour, un village voisin, le risque de l’effondrement de trois ouvrages busés   est considérable. “Si la DTP n’intervient pas dans les meilleurs délais, il y a risque de pertes de vies humaines”, affirme un citoyen du village. La route qui mène vers Tissira un village situé juste au contrebas de Mizrana est, elle aussi, dans un état lamentable bien que des travaux de goudronnage soient toujours en cours. À quelques mètres de là, un glissement de terrain sur plus de 30 mètres nous dissuade à ralentir. Le danger est omniprésent pour les dizaines de familles qui y vivent comme cette famille (les Kouffi) qui habite  une maison qui menace de s’écrouler  d’un moment à l’autre à cause de l’affaissement du terrain. La même situation prévaut au niveau du village de Toumdjadj relié par un tronçon de route complètement délabré. Au niveau des villages de Ouled Belhizem, Benhaddad ou Ouadi Oubay, c’est le même décor de désolation. Les intempéries ont causé de gros dégâts à Afir. Les villageois que nous avons rencontrés dans ces contrées évoquent le manque de transport en raison de l’attitude des transporteurs privés qui refusent d’emprunter ces chemins et ces routes devenues impraticables. “C’est pourquoi nous souhaitons avoir des bus scolaires propres à la commune”, affirme M. Flici qui se demande d’ailleurs pourquoi la direction des transports tergiverse pour donner des autorisations de transport aux transporteurs privés. Sur un autre chapitre, aucune autre infrastructure culturelle ou sportive digne de ce nom n’existe dans cette commune. Le club de football  qui a toujours constitué une occupation pour les jeunes a été dissous faute d’argent et de moyens. Les jeunes dont la plupart sont en chômage ne savent pas où aller à l’exemple de ceux de Zaouïa, un village de 2 000 âmes surplombant la belle plage des Salines. Ici les jeunes attendent toujours qu’on leur délivre des embarcations de pêche. “On a délivré des quotas de petits métiers à toutes localités sauf dans notre région”, affirment les jeunes qui se sont réunis depuis en association. Le P/APC espère que sa requête pour la réalisation d’un petit port de pêche  à Afir aboutisse. Les responsables locaux envisagent de créer une zone d’activité dans la région. L’ouverture des pistes agricoles et la réalisation de retenues collinaires pour le développement de l’agriculture sont deux projets prioritaires pour  l’APC tout comme la construction d’un CEM et l’équipement de la polyclinique en moyens matériels appropriés.

M. T.