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A la une / Magazine

L’hactiviste et youtubeur algérien "Zenzla" à la #RDL (#LibertéVENDREDI)

«Il y a un manque de culture numérique en Algérie»

©D.R.

 En prenant le parti de la vulgarisation et du partage informatique, la chaîne « Zenzla » s’intéresse aux logiciels libres et la protection de la vie privée. De même qu’elle aborde des sujets trés «Geek» comme les séries et autres jeux vidéo. Avec un soupçon d’accent annabi, la langue algérienne (Darija) sur la chaîne « Zenzla» est à l’honneur.   Intrigués par cette démarche originale, mais aussi par le profil atypique du podcasteur, nous avons contacté l’animateur de «Zenzla» pour une interview qu’il a gentiment accepté.

Rédaction Digitale de "Liberté" (#RDL) : pouvez-vous vous présenter au lecteur, et nous dire pourquoi avoir choisi « Zenzla» pour pseudo ?

Zenzla aka Mehdi: je suis informaticien, administrateur de systèmes plus exactement et j’habite en région parisienne. Le pseudo Zenzla, vient d’un délire entre potes à l’université : à chaque fois qu'on se voyait on se disait «Alors, t’es Zen là ?» (Rires), et petit à petit c’est devenu «Zenzla», voilà tout.

Donc pas de tremblement de terre (Rires)?

Non, mais chacun peut l’interpréter comme il veut, nous sommes libres…(Rires)?

Dans ta chaîne, vous-vous définissez comme Hactiviste ? Qu’est-ce que cela veut-dire ?

Hactiviste vient de la fusion de deux mots hacker et activiste, et quand je dis hacker c’est au sens original du mot, pas le sens que lui donnent les médias en faisant la confusion avec «pirate». Je mets mes connaissances informatiques au service des idées et des valeurs que j’estime justes et que je défends comme les libertés individuelles et la protection de la vie privée entre autres.

Et en quoi consiste ton hactivisme ?

Comme je viens de le dire, Je suis un défenseur acharné des libertés individuelles, de la protection de la vie privée et des logiciels libres. Je suis, par ailleurs,  très actif dans le milieu associatif qui défend ces valeurs  sur Paris et sa région. Je suis également président d’une association pour la promotion des logiciels libres «Root66».

Comment avez-vous atterris dans ce milieu, somme toute,  assez fermé ?

Fermé ? C’est vous qui le dites ! De l’extérieur on nous voit comme un groupe de geek communiquant entre eux. Dans la  vérité,  c’est beaucoup plus complexe… Nous sommes comme n’importe quelle communauté, nous avons nos codes, nos délires, nos passions, mais je vous assure que nous sommes très ouverts. Étant informaticien, et très attaché à la liberté, j’ai trouvé dans la communauté des logiciels libres beaucoup de réponses à mes questions, mais aussi à mon utilisation du numérique au quotidien.

 Revenons à votre chaîne YouTube, comment vous est venue l’idée de faire des vidéos ?

Je fais énormément de vulgarisation, de pédagogie  populaire autour de la protection de la vie privée et des données personnelles,  que ce soit à travers des associations ou des collectifs comme celui de «café vie privée » en France. Je me suis rendu compte, au fil de nos événements que nous  répétions souvent les mêmes choses et cela devant des publics à chaque fois différents. Je trouvais également dommage que nos discours se limitaient aux  seuls gens présents dans la salle et qu’ils ne profitaient pas à tout le monde. Il fallait donc réfléchir à une solution pour pérenniser tout cela. La vidéo s’est imposée d’elle-même.  Et qui dit vidéo dit forcement YouTube. Ma chaîne existe depuis 2011, mais elle servait uniquement de support à mes articles de blog. Cette fois, j’ai décidé de lui donner une nouvelle vie !

Et pourquoi avoir choisi de le faire en « darija » ?

Avant de me lancer, j’ai regardé ce qui se faisait, et je me suis rendu compte que le nombre de vidéos qui parlent des logiciels libres et de la protection de la vie privée en langue arabe littéraire étaient très faible par rapport à ce qu’il  en existe en français. Pourtant sur internet, il y a plus de monde qui parle arabe que français. Je me suis dit qu’il y avait un problème. De même que j’ai regardé ce qui se faisait en arabe algérien, en «darija», et là c’était… le néant total ! J’en ai eu un pincement au cœur. C’est donc à ce moment que j’ai décidé de faire mes vidéos en «darija» pour faire profiter mes compatriotes  des connaissances  que j’ai accumulées pendant toutes ses années.

L’un des arguments des logiciels libres c’est leur gratuité, c’est un argument de poids pour les pays qui respectent le droit de la propriété intellectuelle. En Algérie, les logiciels piratés sont vendus à des prix dérisoires sur la place publique, ne pensez-vous pas que le combat est déjà perdu d’avance ?

Le logiciel libre ne se résume pas seulement à sa gratuité, il a bien plus d’avantage, comme le respect de la vie privée,  entre autres. Les logiciels piratés vendus en Algérie ne sont pas fiables, ils peuvent contenir des Trojan (Cheval de Troie) ou des virus.  Dans le meilleur des cas, ils ne peuvent pas se mettre à jour. Et qui dit, pas de mise à jour, dit failles de sécurité. En plus, comme je l’ai expliqué dans l’une de mes vidéos, nous utilisons tous des logiciels libres sans forcément le savoir, comme VLC, Android, FireFox,  etc.

Si donc ce n’est pas un combat perdu d’avance, il est, du moins difficile… Pour vous dire franchement, malgré vos dizaines de vidéos, vous avez très peu d’abonnés.

Oui, c’est vrai que la chaîne n’a pas l’audience qu’elle mérite. J’évolue sur une thématique «niche» pour l’Algérie. En Europe ou aux USA,  le sujet des logiciels libres est, d’abord,  portée par sa communauté, qui grandit de plus en plus, année après année. Rien qu’en France, le nombre d’associations parlant de logiciels libres (que l’on appelle également «GUL» pour Groupe d’ Utilisateur de Linux) n’est pas négligeable. Toutes les grandes villes ou presque ont leurs « GUL». Ne parlons pas de l’Allemagne, où c’est quasiment généralisé. En Algérie, je ne connais qu’une seule association qui est dans le partage de connaissances. Elle se trouve à Djelfa. Elle est très active sur les réseaux sociaux et organise de temps en temps des événements ouverts au public. Mais ça s’arrête là.  Donc oui, en Algérie, la communauté des logiciels libres est encore à ses balbutiements. C’est pour cette raison que je ne voulais pas limiter ma chaîne sur cette thématique uniquement. J’aborde également d’autres thèmes comme l’Hygiène numérique «El-wikaya el-raqmya» comme je l’ai appelé, la sécurité informatique. Jr propose aussi des trucs de geek comme les jeux vidéo, des films fantastiques, des séries télés, etc. Je me dis, qu’une personne qui aime les séries s’intéressera peut-être aux autres thématiques que j’aborde sur les autres vidéos. J’aurais pu faire mes vidéos en français et j’aurais eu, très certainement,  beaucoup plus d’abonnés.  Mais voilà j’aime les challenges, et celui-ci en est un !

Parlez-nous de «café vie privée», c’est quoi le concept ?

En résumé, le concept de «café vie privée» qu’on appelle également «Cryptoparty»  sont des événements qui sont organisés pour sensibiliser les utilisateurs d’internet à la protection des données personnelles et la vie privée, ils ont eu beaucoup de succès après les révélations de Snowden et la captation massive de données de la NSA en 2013. Nous organisons également des ateliers pour s’initier au chiffrement des données et des communications. Je suis animateur depuis maintenant 4 ans de l’un des premiers collectifs crée en France. Nous intervenons dans les bibliothèques municipales lors d’événements autour des logiciels libres, mais aussi dans les écoles, les lycées et mêmes les universités. C’est pourquoi, les grands médias français se sont intéressés à nous. Il y a eu des reportages sur France 2, France 5, LCP, France 4, et des articles dans des journaux nationaux  comme Le Monde, Le Parisien, Le nouvelle Obs, Marianne etc...

Pensez-vous que ce type d’événements peut avoir sa place en Algérie ?

Je n’en ai aucun doute car la problématique de la protection de la vie privée est universelle. Tout le monde a besoin de protéger ses données, ses photos, ses communications privées. Vous les journalistes vous devez protéger vos sources comme les médecins doivent veiller au secret médical de leurs patients... ceci est valable en Algérie ou ailleurs !  En plus que ce soit en Algérie ou ailleurs, les utilisateurs des outils numériques et des réseaux au sens large, ne sont pas conscients des dangers que peuvent véhiculer ces outils. Et cela même chez les plus hautes instances, du pays. Pour en avoir le cœur net, demandez à un ministre ou un politicien qu’elle est la différence entre le Web et Internet, je suis convaincu que les réponses seront fausses à 99 %. Donc oui,  clairement ! Il y a un manque de culture numérique !

Un dernier mot pour la fin…

Comme je l’ai dit dans l’une de mes vidéos, je serais heureux d’organiser, un jour,  un événement comme «café vie privée» en Algérie. Je remercie également la Rédaction numérique de Liberté de s’intéresser à mes activités. Car, franchement, pour l’heure, je ne pèse pas grand-chose sur YouTube. 

Propos recueillis par M-C Lachichi

Pour la #RDL (@JournaLiberteDZ)


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