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Climat

L'Accord de Paris sur les rails, sans ambitions nouvelles

Conférence de Katowice de 2018 sur les changements climatiques. © D.R

Dans un message lu samedi soir en plénière, le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a assuré que le combat n'était pas terminé.

La communauté internationale a doté, samedi soir, l'Accord de Paris des outils qui lui donneront vie, mais sans s'engager à faire plus et plus vite contre le réchauffement climatique malgré l'urgence et les catastrophes qui se déchaînent à travers le monde.
Il y a quelques semaines, les scientifiques du Giec tiraient la sonnette d'alarme : dans un monde à +2°C, objectif minimal du pacte climatique de 2015, les impacts seraient bien plus importants que dans un monde à +1,5°C, limite idéale de l'accord. Mais pour rester sous +1,5°C, il faudrait réduire les émissions de CO2 de près de 50% d'ici 2030 par rapport à 2010, alors que les engagements actuels des États annoncent un monde à +3°C avec son lot de tempêtes, sécheresses, inondations... Face à ce coup de semonce, nombre de délégations, en particulier les vulnérables États insulaires, espéraient que pour cette 24e Conférence climat de l'ONU (COP24) les pays promettent de relever d'ici 2020 leurs engagements de réduction des gaz à effet de serre. Mais dans un contexte géopolitique peu propice, les États se sont surtout appliqués à boucler les règles qui permettront d'appliquer l'accord. Elles ont été adoptées samedi sous les applaudissements nourris des délégations. Préparé pendant 3 ans et finalisé lors de ces 14 derniers jours – et quelques nuits – de négociations tendues, ce “mode d'emploi” d'une centaine de pages fixe notamment les modalités de suivi des actions nationales. Une flexibilité a été accordée aux pays en développement. Le président français Emmanuel Macron s'est dit satisfait. “La communauté internationale reste engagée dans la lutte contre le changement climatique. Bravo à l'ONU, aux scientifiques, aux ONG et à tous les négociateurs”, a-t-il écrit sur twitter. “Ce manuel d'utilisation est suffisamment clair pour opérationnaliser l'Accord de Paris, et c'est une bonne nouvelle”, a commenté la ministre espagnole de l'Environnement, Teresa Ribera. “Dans les circonstances actuelles, continuer à construire notre bâtiment est déjà une réussite”, a-t-elle ajouté, même si, comme beaucoup d'autres, elle aurait aimé des messages beaucoup plus forts sur l'ambition. “Ce manque de réponse au rapport du Giec est choquant”, renchérit Jennifer Morgan, de Greenpeace : “Vous ne pouvez pas vous réunir après ça, et dire que vous ne pouvez pas faire plus !” La décision finale de la COP se limite de fait à répéter la demande de mise à jour des engagements d'ici 2020, déjà formulée dans l'Accord de Paris. Elle insiste sur l'urgence d'une ambition accrue, sans calendrier.
Une passe d'armes sur la reconnaissance ou non des conclusions du Giec avait donné le ton en milieu de COP, États-Unis, Arabie Saoudite et Russie refusant la mention accueille favorablement dans la décision finale. Mais dans un message lu samedi soir en plénière, le Secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, venu trois fois à Katowice pour mettre la pression sur les négociateurs, a assuré que le combat n'était pas terminé. “Désormais, mes 5 priorités seront ambition, ambition, ambition, ambition et ambition”, a-t-il martelé dans l'optique de son sommet climat de septembre 2019. “Alors que les États-Unis et trois autres importants pays pétroliers ont empêché l'urgence de l'action d'être pleinement reflétée dans la décision finale, la plupart des pays ont entendu l'alerte désespérée des scientifiques”, a commenté Alden Meyer, expert de l'Union of Concerned Scientists. Sortants de l'Accord de Paris, mais pour l'instant toujours dedans, les États-Unis ont vivement défendu leurs positions traditionnelles, soulignent les observateurs. D'après eux, leur empreinte est visible, notamment sur les règles concernant les pays en développement. Le financement des politiques climatiques est l'autre préoccupation des pays pauvres, notamment la manière dont va s'organiser la montée des fonds promis par le Nord à partir de 2025.


R. I./Agences

 


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