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Droits d’auteur et médias

Le droit voisin vise à “redonner de la valeur à l'information”

La réforme du droit d'auteur vise à “redonner de la valeur à l'information dans l'environnement numérique” et à  combattre la “contrefaçon incarnée par les Gafa”, plaide le PDG de l'AFP  Fabrice Fries, hier dans Le Monde, à la veille d'un vote décisif des  eurodéputés.
“Je ne comprends pas qu'on doive lutter pour ce qui devrait tomber sous le bon sens : la fin de la reprise de nos contenus sans compensation par des  plateformes numériques qui récupèrent au passage la quasi-intégralité des  revenus publicitaires associés à une production dont elles ne sont en rien à  l'origine”, affirme le patron de l'Agence France-Presse, qui défend la  directive sur le droit d'auteur, vivement combattue par les géants du  numérique, les Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon).
Cette réforme, sur laquelle le Parlement européen se prononcera aujourd’hui, conduirait les plateformes à mieux rétribuer les créateurs de contenus (article 13), et créerait un nouveau “droit voisin” pour les éditeurs de presse (article  11). Cela permettrait aux journaux ou agences de presse, comme l'AFP, de se faire rémunérer lors de la réutilisation en ligne de leur production.
Ce texte est vivement combattu par les géants du numérique et les militants d'internet, qui craignent pour la gratuité et la liberté du web. Il avait été rejeté par les eurodéputés lors d'un premier vote en juillet.
“L'enjeu est de redonner de la valeur à l'information dans l'environnement numérique. L'information honnête et vérifiée devient un produit de luxe. Comme l'industrie du luxe, nous devons lutter contre la contrefaçon, en l'espèce  incarnée par les Gafa”, ajoute M. Fries.
Le dirigeant assume au passage la campagne de lobbying menée par la presse  et les industries culturelles pour soutenir la proposition de directive. “Nous  l'assumons et le faisons dans la clarté”, quand les opposants à la directive  ont mené des “campagnes d'e-mailing très agressives” et “en assurant à tort que la liberté d'internet était menacée”, dit M. Fries. Le PDG de l'AFP, qui a succédé à Emmanuel Hoog en avril, confirme par ailleurs vouloir gérer l'agence de presse “comme une entreprise normale”, même si elle n'est “pas banale”. Outre une cession éventuelle de son siège parisien, il réaffirme avoir engagé “des réflexions sur des réductions d'effectifs mais  avec l'objectif de ne pas diminuer notre présence journalistique sur le  terrain”.