A la une / Magazine

Pour contrer la désinformation et le discrédit des médias

RSF veut une déclaration internationale sur l’information

Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. ©D. R.

Pour contrer la prolifération des “fakenews”, l’organisation RSF (Reporters sans frontières) veut organiser la riposte.

RSF a mis en place une commission qui devra rédiger la “Déclaration internationale sur l’information et la démocratie”. Un symbole qui renvoie au 70e anniversaire de la rédaction de la “Déclaration universelle des droits de l’homme”. Composée de prix Nobel et de personnalités de 17 pays du monde, la commission de rédaction aura deux mois pour rendre son travail. Dans un communiqué mis en ligne sur son site, RSF précise que l’action de la commission s’inscrit dans un contexte où “la crise de confiance dans les démocraties et la montée en puissance de régimes despotiques représentent un risque pour les libertés, la concorde civile et la paix”.  Selon la lettre de mission que les membres de la commission ont reçue de RSF, la Déclaration aura “pour objet d’énoncer des principes, de définir des objectifs et de proposer des modalités de gouvernance”. Elle “devra constituer une référence qui permette de mobiliser tous ceux qui sont attachés à préserver un espace public libre et pluraliste, condition de la démocratie”, ajoute RSF. Cette commission, présidée par Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix, et Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, comprendra 25 personnalités, dont les lauréats du prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et Amartya Sen, l’écrivain et homme politique péruvien Mario Vargas Llosa (prix Nobel de littérature), l’avocate nigériane Hauwa Ibrahim (prix Sakharov). L’objectif ultime de l’initiative est “d’obtenir un engagement international d’États, d’entreprises privées et de représentants de la société civile”, annonce RSF qui entend qu’“un processus politique soit lancé à l’initiative de plusieurs dirigeants de pays démocratiques, sur la base de la déclaration qui sera rédigée, pour aboutir à un Pacte international pour l’information et la démocratie”.
La Commission, qui tient sa première réunion à Paris les 11 et 12 septembre, “s’est fixé pour mission de remettre ses travaux dans un délai de deux mois”. Un délai court comparé à celui pris par la Déclaration universelle des droits de l’homme dont la rédaction avait nécessité deux ans de travaux.En plus de lutter contre les fakenews et la mainmise des plates-formes numériques qui “ont posé leurs tables et leurs chaises sur la place du village mondial, et c'est elles qui décident désormais qui peut s'asseoir et où”, le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, cité par l’AFP, estime qu’il s’agit aussi de prévenir les attaques venant de certains gouvernements et visant les médias. C’est notamment le cas ces derniers mois aux États-Unis d’Amérique. “Nous lançons un mouvement de reconquête pour la liberté d'opinion”, résume M. Deloire, face à “une crise systémique” qui affecte le débat public, entre multiplication des attaques à l'encontre des médias et crise de confiance dans les démocraties, et développement d'une “jungle informationnelle avec des problèmes de désinformation”.

Ali B.