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L’Algérie de 2017 : pire ou mieux ?

©D.R.

A l’aube du changement radical de la vie économique qui s’annonce, les algériens sont inquiets. En effet, le projet de loi de finances de 2017 récemment adopté annonce une hausse générale des taxes qui sera imposée aux Algériens. Les carburants, le tabac, plusieurs appareils d’électroménager, Internet et les communications téléphoniques… tout y passe.En application d’une politique d’austérité que les détenteurs du pouvoir en Algérie veulent imposer au peuple algérien. Cette nouvelle année  s’annonce donc des plus pénibles pour le petit peuple à qui l’on ose demander de serrer la ceinture. Mais au nom de quoi ? Et pour qui ?

 L’Algérie serait donc en crise économique. Une politique d’austérité voici ce que le gouvernement nous propose comme étant notre seul salut. Seulement, pour imposer d’énièmes restrictions aux algériens, une mise au point, un bilan de 58 ans d’existence est le moins que les décideurs puissent établir pour convaincre leurs compatriotes. Mais ne sont-ils pas passés maitres dans l’art de feindre la transparence, la démocratie et le développement. Soit, faisons le pour eux, pour nous, pour la vérité qui telle un boomerang saura toujours nous revenir en pleine face.

 La réalité est la suivante.L’Algérie est le quatrième producteur de pétrole du continent africain et a été récemment classée à la 18ème place dans le monde, en termes de réserves d’énergies fossiles (Pétrole, gaz et charbon). Une production qui n’a connu que des hausses jusqu’au pic de 2007 après lequel elle a vu  ses extractions de brut baisser de 16%, avec des gisements de plus en plus petits et des investissements pétroliers qui chutent en 2016. Des données capitales pour un pays dont ces énergies représentent 95% de l’exportation et dont l’économie est basée sur cette dernière, puisque tous les autres secteurs ont été quasiment abandonnés.

 Alors naturellement, en tant que citoyens algériens en faisant le constat de la situation actuelle on se demande tout bêtement : Où est passé l’argent du pétrole ? Où est passé l’argent du peuple algérien ?

 Car, on peut le dire, ces rentes pétrolières et gazières n’ont aucunement profité au peuple algérien, du moins d’aucune manière concrète et sur le long terme. Si ce n’est pour la gestion d’une crise du logement qui ne cesse d’être utilisée comme bouc émissaire, des projets architecturaux et urbains, qui quand ils ne sont pas futiles et purement de façade, prennent des siècles à se voir réaliser, sortant presque toujours des délais prévus et nécessitant toujours plus que le budget initial, corruption oblige. Ce qui est valable aussi pour les projets de génie civil qui en plus comportent des defaults de réalisation dans la plupart des cas, nécessitant d’être repris, débloquant un budget nécessaire qui va se voir allongé car en partie détourné. Un cercle vicieux de corruption qui s’est banalisé. 

 En effet, nous sommes un pays où la corruption s’est banalisée ces dernières décennies. Nous sommes même classés un des pays les plus corrompus au monde par Transparency International, une ONGI d'origine allemande qui lutte contre la corruption des gouvernements et institutions gouvernementales mondiaux. Nous sommes aussi classés parmi les 10 pays ou les libertés individuelles sont le plus entravées. Nous sommes un pays où les inégalités sociales font rage, où la liberté d’expression est un luxe que seuls les plus téméraires se permettent, souvent au prix de leur libérté, voir de leur vie. Un pays où la répression a toujours le dernier mot. Car nous sommes un pays sur lequel règne sans merci un gouvernement sédentaire et monopolisateur du pouvoir, appliquant un régime totalitaire qui n’a de démocrate que la constitution, au moins depuis le referendum de 1989. Une constitution qui ne cesse depuis d’être changée aux grés des humeurs et des besoins des décideurs, sans que le petit peuple ne soit en aucun cas consulté.

 Une situation des plus déplorables et qui n’a pas attendu ce nouvel an 2017, qui s’annonce pour montrer le bout de son nez. Elle s’est établie sur les 58 ans d’existence de l’Algérie, en conséquence de toutes les situations délicates par lesquelles est passé notre pays. On peut d’ailleurs affirmer que les ressources apportées par les hydrocarbures dont on parlait plus haut, n’ont servie jusqu’ici qu’à acheter à maintes reprises la paix sociale, dans un pays où la guerre civile des années 90 est encore dans toutes les mémoires et sur lequel la menace du terrorisme que l’on verrait refaire surface, plane comme un spectre maléfique.

 Enfin, ce constat alarmant fait. Nous pouvons sans conteste non pas réfuter l’existence de cette crise économique qui nous guète, mais affirmer que la crise majeure de notre pays est bel et bien une crise de confiance entre un peuple mis à l’écart des décisions fondamentales concernant l’avenir de son pays, et son gouvernement qui finira pas rendre des comptes.  Car ne sommes nous pas tous appelés un jour à en fournir. Et la question fondamentale pour cette année 2017, réside en la réaction du peuple algérien face à la situation. Va -t-il capituler sous le joug de la dictature militaire en place ? Ou les algériens vont-ils enfin revendiquer  leurs droits ? Seul 2017 nous le dira.                                                                                                         

                           Fatma SEKER           

 NOMAD(EPAU)/Rédaction Numérique de "Liberté"