Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

L’Algérie profonde / Ouest

violence faite aux femmes

45 cas recensés en 2019 à Relizane

Les violences subies par les femmes ont un lourd retentissement sur le plan de leur santé physique et mentale. © D. R.

La violence physique est la forme la plus pratiquée.

L’implication de tous les acteurs professionnels qui, sur le terrain, sont confrontés aux violences faites aux femmes est nécessaire. Le taux de violences faites aux femmes ne pourra baisser qu’à condition que l’ensemble de la société soit vigilant et que l’on facilite aux victimes le parcours de sortie des violences. C’est pourquoi la formation des professionnelles de la santé, de la justice, du travail social, des forces de l’ordre est une priorité.

Les professionnelles de la santé ont un rôle primordial en ce qui concerne le repérage, la prise en charge médicale et l’orientation des femmes victimes de violences, a indiqué Mme Ould Ahmed Djamila, directrice de l’action sociale de la wilaya de Relizane, pour offrir aux victimes un espace afin de s’exprimer en posant la question des violences, une prise en charge médicale adaptée et une orientation vers le riche réseau associatif engagé dans la lutte contre les violences.

C’est décisif pour permettre d’initier un parcours vers la sortie des violences. En effet, la maison des associations de Relizane a abrité hier la Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes, qui coïncide avec le 25 novembre de chaque année, sous le thème “Unissons-nous contre la violence faite à la femme”, avec la participation de plusieurs experts et spécialistes, outre des représentants des secteurs concernés par les domaines de prise en charge.

Les violences faites aux femmes sont longtemps restées cachées, ignorées en tant que fait de société, question de sécurité et de santé publique. Il a fallu attendre les années 1990 pour que les premières enquêtes sur le sujet soient réalisées et que leur ampleur soit révélée. Le retentissement de ces violences sur les femmes qui les subissent est lourd sur le plan de leur santé physique et mentale. Elles peuvent aller jusqu’à l’homicide et sont la cause de blessures graves, de maladies induites, de troubles psycho-traumatiques, de dépressions, de suicides…

Elles isolent les victimes et fragilisent l’ensemble des aspects de leur vie sociale et professionnelle. L’une des spécificités des violences faites aux femmes est qu’elles se déroulent fréquemment dans la sphère privée, où elles peuvent rester cachées, a affirmé l’intervenante clinicienne. L'intervenante précise que “les cas de violence, toutes formes confondues, recensés lors des dix premiers mois de l’année 2019, s'élèvent à 45 cas, contre 6 en 2018”.

Expliquant que les femmes sont victimes de différents types de violences, l'intervenante a relevé que “la violence physique est la forme la plus pratiquée contre les femmes au cours des dix premiers mois de 2019, avec 45 femmes victimes, contre 6 cas enregistrés en 2018”. La femme violentée retire souvent la plainte déposée contre l'agresseur, a indiqué l’intervenante, qui souligne que la femme algérienne s'acquitte de tous les rôles et ne pense pas à son statut de victime mais plutôt au regard porté par la société et la famille.

Quant aux violences sexuelles, elles se caractérisent notamment par les difficultés qu’éprouvent les victimes à parler de leur agression, du fait du sentiment de honte et de culpabilité qu’elles peuvent ressentir et de la peur de ne pas être crues, a indiqué une spécialiste en psychologie. Il arrive fréquemment qu’elles ne révèlent jamais ce qui leur est arrivé. C’est le cas de près de la moitié des femmes qui ont subi une agression sexuelle. Progressivement, la parole se libère, les générations les plus jeunes parlent davantage que leurs aînées. 
 

E. Yacine

 

 


 


 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER