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L’Algérie profonde / Ouest

Avec l’annonce de la réouverture des arènes d’Oran

Craintes sur la stabilité du monument

Réouverture des arènes d’Oran, l’indispensable aval du CTC. © D.R

Les Oranais sont nombreux à rêver d’un retour des spectacles culturels et concerts qui se tiendraient dans cette enceinte quasi unique dans toute l’Afrique.

Alors qu’Oran s’évertue, de manière désordonnée, à élever son niveau pour atteindre le standing de grande métropole méditerranéenne, l’annonce de la réouverture des arènes pour cette fin de juillet devait participer à cette nouvelle image souhaitée par les responsables locaux. Il faut dire que les Oranais sont nombreux à rêver d’un retour des spectacles culturels et concerts qui se tiendraient dans cette enceinte quasi unique dans toute l’Afrique, puisqu’il n’existe que deux arènes sur tout le continent, et Oran a cette chance de posséder un monument de la sorte, témoignage vivant de l’influence culturelle hispanique sur la ville. Pour l’histoire, les arènes d’Oran, situées au quartier d’Eckmühl, ont été construites en 1908 et inaugurées en 1910 et des spectacles de tauromachie s’y sont bien déroulés à l’époque coloniale. D’un diamètre de 210 m, une superficie de 5000 m2 et pouvant accueillir jusqu’à 10 000 spectateurs, les arènes ont su traverser le temps et résister à ses vicissitudes par la grâce du savoir-faire de ses bâtisseurs de l’époque. Jusqu’à ces dernières années, malheureusement, cela était vrai, mais depuis, la main de l’homme contemporain est passée par là, avec des travaux de réhabilitation, démarrés en 2009, sous l’ère de l’ex-wali Boudiaf qui ont provoqué un véritable scandale et une pléthore de condamnations. Les réactions, à l’époque, sont venues d’architectes, d’associations versées dans la préservation et la valorisation du patrimoine historique oranais, de l’entreprise de réalisation ayant émis des dizaines de rapports de réserve ciblant l’étude pour des travaux sur la structure des arènes. Leurs jugements avaient été sans appel, faisant état du rajout de tonnes de béton, de fer, perturbant l’équilibre et la répartition du poids sur les piliers et les voutains situés sous les gradins. Des fissures sont apparues en plusieurs endroits à l’époque, puis ont été simplement colmatées. Une situation restée en l’état, puisqu’après la fin des travaux qui ont duré 4 ans les arènes sont restées fermées jusqu’à ce jour : herbes folles et pigeons en ont fait leur domaine. D’ailleurs les fientes de pigeons très corrosives pour les monuments se sont entassées partout, et des travaux de nettoyage et désherbage ont été entamés depuis le mois de juin.

Le CTC donnera-t-il son quitus ?
Nous avons tenté d’obtenir une autorisation pour visiter les arènes, dont la gestion a été confiée au directeur du parc d’attractions de la ville, et donc indirectement à l’APC. En vain, ce dernier nous expliquera que les arènes, envahies de saleté, ne pourraient être rouvertes avant la fin juillet, et devant notre insistance, on nous promettra une visite au début du mois, mais qui ne nous sera jamais confirmée. Notre interlocuteur glissera, involontairement, lors de notre rencontre, deux indices mettant en doute la possible réouverture des arènes et leur exploitation culturelle ou sportive. En effet, il sera ainsi reconnu que, certes, “des problèmes sont survenus par le passé lors des travaux, mais le CTC a été sollicité”, lâchera-t-il, sans plus. Cet organisme de référence de contrôle technique des constructions doit donner son aval, qui est généralement indispensable, avant les travaux et pendant pour les constructions nouvelles, notamment pour ce qu’on appelle les cas pathologiques, à l’image des arènes d’Oran. On ne saura pas si le CTC a bien donné son quitus jusqu’ici, mais une autre remarque de notre interlocuteur jettera le trouble. Celui-ci évoquera l’organisation de spectacles avec au maximum 1500 spectateurs, précisant même que 1000 spectateurs, cela sera suffisant, alors que les arènes peuvent théoriquement en accueillir 10 000. Ce qui fait naître d’emblée, chez tout un chacun, des doutes et des craintes, pour ne pas dire autre chose. Le poids des spectateurs nombreux pourrait-il constituer un danger ? Les responsables locaux ont-ils mesuré ce risque s’il existe réellement ? Et surtout pourquoi refuser la transparence, en nous permettant d’accéder aux arènes et de nous transmettre toutes les informations sur les résultats des expertises à partir du moment où elles ont été évoquées ? Nous ne le saurons pas encore, malheureusement.


D. LOUKIL

 


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