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L’Algérie profonde / Ouest

Marché du travail à Relizane

Les enfants exploités

Le travail des enfants prend de plus en plus d'ampleur au niveau des marchés commerciaux, de gros surtout, particulièrement celui de haï Fortassa. Âgés de 14 à 16 ans, ce sont surtout des enfants orphelins ou appartenant à des familles très pauvres. “Ce sont des centaines de gosses à la fleur de l'âge, issus de divers horizons de la wilaya, à l'exemple de Relizane, Oued Djemaâ, Yellel, Belacel, à rallier chaque jour cet imposant pôle de négoce où ils sont exploités comme main-d’œuvre bon marché pour accomplir la dure besogne de hammal et repartir, en fin de journée, avec un maigre pactole, 500 ou 1000 dinars”, dira un membre de l'Union générale des commerçants et des artisans algériens, rencontré sur les lieux. Ces enfants sont sommés de charger et décharger la marchandise puis la transporter, dans des charrettes, en direction des camions garés un peu plus loin ou vers des dépôts. D'après les estimations de certaines associations, 100 à 150 enfants sont recensés quotidiennement sur le marché de gros. Mahmoud, 15 ans, est l'un d'eux. Orphelin de père depuis sa naissance, il parle des conditions de son “travail”: “Le travail commence à 6h du matin jusqu'à tard le soir, la charrette peut contenir entre un et deux quintaux de marchandises, et pour atteindre les dépôts je dois parcourir 50 à 100 mètres ! En outre, si la marchandise se détériore, c'est moi qui en prend la responsabilité. Comme sanction, mes ‘employeurs’ peuvent me priver de mon salaire”. Son ami, du même âge, conclut : “C'est de l'esclavagisme pur et simple”. Un avocat de la ville de Relizane impute cette situation aux APC qui n'assument pas, estime-t-il, leur rôle de contrôle. Les APC ont le pouvoir, soutient-il, d'interdire aux enfants l'accès aux marchés de gros. “Mais ces APC ne font rien dans ce sens. Surtout que les contrôleurs dépêchés dans les marchés se contentent juste de contrôler les activités commerciales. Il est vrai que contrôler le travail des enfants n'est pas de leur ressort. Et puis, si ces enfants sont interrogés, ils répondent toujours qu'ils font partie de la famille des  commerçants qui les emploient”, dit-il en appelant les autorités, les APC, les organisations des droits des enfants et les associations des consommateurs à intervenir. Rappelons que plusieurs rencontres ont été organisées par l'UGCAA et des associations des consommateurs pour mettre un terme à l'exploitation des enfants dans les marchés commerciaux, mais en vain.

E. Yacine


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