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L’Algérie profonde / Ouest

De plongeur à patron de restaurant

Mani ou une success-story à l’oranaise

Une troupe de comiques et de chanteurs offre un spectacle chaque soir au restaurant Mani. ©D. R.

Le restaurant offre une scène de stand-up unique en son genre à de jeunes talents qui veulent percer dans le one man show.

Depuis le 20 juillet dernier et jusqu’au 2 septembre prochain, le restaurant Mani la pêcherie offre, en soirée, à ses clients un spectacle où se croise des comiques, confirmés ou en herbe, et des voix de la chanson oranaise à l’image de Houria Baba ou de cheikh Smaïn. Le cocktail détonnant, servi dans une ambiance toute familiale, participe à l’égayement des nuits oranaises plutôt ternes en termes d’amusement avec au menu un dépaysement garanti en sus des traditionnels plats de poissons qu’on sert dans les pêcheries locales. Le restaurant offre une scène de stand up unique en son genre à de jeunes talents qui veulent percer dans le one man show. A côté des guest-stars de la scène comique oranaise et nationale comme le trio Bila Houdoud, les incontournables Hazim, Mustapha et Hamid ainsi que Bassam d’Alger, on rencontre de nouveaux visages qui s’essayent, parfois sans grand succès, au difficile exercice de faire rire l’assistance malgré les encouragements des animateurs que sont Houari Mellouk dit Ftita, Slimane Mokhtari et Kader. Mais avant de passer en live sur scène, ces comédiens en devenir doivent passer par un casting en amont. “Sur dix prétendants, on ne garde que trois ou quatre qui montent sur scène”, nous dira Mouna Mohamed ou Mani pour les intimes. C’est lui qui est derrière cette initiative qu’il compte pérenniser. Le déclic est venu d’une première, si l’on peut dire, effectuée dans un auspice pour vieillards. Mani, c’est aussi le parfait exemple qu’on peut réussir en partant de zéro. Plongeur au restaurant Le vieil Oran qui appartenait à un membre de sa famille par alliance, il ne cessera de monter en grade, passant par les cuisines avant de gérer les lieux. À l’époque, il n’avait pas plus de 18 ans et la vie lui souriait. Mais le destin voudra que la suite soit plus ardue et il se fait virer de son poste. L’échec consommé, il décide de se relever en investissant, à 21 ans, dans un magasin de cosmétiques à Aïn El-Turck avec comme seul capital une bagnole. Il déclarera par la suite faillite. Mais loin de se décourager, il reviendra au restaurant comme simple employé avant de gravir derechef les échelons du succès. De gérant à locataire, il finira par devenir le propriétaire non d’un restaurant mais de trois autres adresses culinaires à proximité. “Le fait d’être le seul à ouvrir la nuit a beaucoup contribué à la réussite de notre enseigne”, analysera, avec du recul, Mani. Et c’est naturellement que son penchant naturel à la comédie l’amènera à investir le milieu du spectacle à travers un premier film qu’il produira et où il aura un rôle. Ana wa ma (moi et ma mère) sera un tremplin et pour lui et pour l’image de marque de son restaurant. “Le film a servi de support publicitaire à mon restaurant”, avouera-t-il. Prenant goût au métier, il enchaînera avec un feuilleton d’action de 17 épisodes, Ouesd El Adab, réalisé par Mustapha Bila Houdoud et coproduit par Mani, qui est passé sur la chaîne El-Fajr pendant le dernier Ramadhan. À 34 ans, Mani, Mouna Mohamed à l’état civil, ne peut que savourer sa réussite, lui, qui, à 13 ans commençait déjà comme plongeur dans un café du centre-ville d’Oran.

Saïd Oussad


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