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L’Algérie profonde / Ouest

Pour sauver Sidi El-Houari de la spéculation et de la démolition

Relance du plan permanent de sauvegarde

La vieille ville de Sidi El-Houari, un patrimoine chargé d’histoire à préserver. © D.R.

À Oran, les ambitions et les intérêts, souvent opaques, ont imprimé, à Sidi El-Houari et d’autres quartiers anciens ayant une mémoire, une démolition et une lente destruction qui ne cesse de s’accentuer chaque jour un peu plus.

Le département d’architecture de l’université Mohamed-Boudiaf (ex-Usto) à Oran s’est penché dernièrement sur la problématique de la sauvegarde du quartier de Sidi El-Houari, en y impliquant nombre d’acteurs entre architectes, universitaires et représentants des pouvoirs publics, comme le ministère de la Culture, la direction de l’OGEBC (Office de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés), des membres de la commission nationale de l’Unesco et des associations du quartier Sidi El-Houari, avec la même préoccupation : sauver le mythique quartier de Sidi El-Houari. Organisée par les animateurs et créateurs de la revue Madinati avec l’appui d’agences de coopération internationale dans le domaine culturel et patrimonial, la rencontre a eu le mérite de venir bousculer une situation léthargique qui rend chaque jour plus difficile le projet de sauver Sidi El-Houari ou ce qu’il en reste.
Et pour cause, depuis l’annonce de l’adoption d’un plan de sauvegarde de Sidi El-Houari avec la publication d’un décret en 2015, aucune avancée n’a été enregistrée dans la mise en œuvre de ce programme. Plus grave, cet immobilisme remonte déjà à 2008 où un premier colloque international autour de la restauration et la revitalisation de ce quartier avait eu lieu à Oran sans être suivi d’effet.
En 2018, force est de constater qu’il n’y a point eu de préservation, bien au contraire, l’entrée en scène des bulldozers comme mode de gestion des autorités locales, le départ souvent forcé des habitants relogés à l’extérieur d’Oran, la spéculation foncière pour ne pas dire la prédation foncière, l’abandon accélérant la dégradation des bâtisses, et les monuments et vestiges urbains historiques font que l’urgence est désormais partout à Sidi El- Houari. L’universitaire D. Tahraoui, architecte et directeur de la revue Madinati, ayant contribué au dossier de sauvegarde de Sidi El-Houari, explique son attachement à la vieille ville : “Nous sommes regardants à ce qui touche à Sidi El- Houari, avec un engagement de construire des actions, je suis convaincu que le quartier dispose de potentiel et je considère que l’on doit s’intéresser à la vieille ville, et que la ville doit se faire sur la vieille ville et non pas à la périphérie.” Un concept et une démarche qui sont partagés par nombre d’acteurs, et les habitants de Sidi El-Houari, relogés ailleurs, en partant, n’ont pas simplement quitté leurs maisons, mais leur histoire, leur culture et leurs repères.
Et les décideurs locaux ont fait fi du fait qu’une ville n’a de valeur, en somme, que si ces habitants sont placés au centre. À Oran, les ambitions et les intérêts, souvent opaques, ont imprimé, à Sidi El-Houari et d’autres quartiers anciens ayant une mémoire, une démolition et une lente destruction qui ne cesse de s’accentuer chaque jour un peu plus. Et pour une fois, au ministère de la Culture, représenté par Mlle N. Cherchali, l’accompagnement s’est fait dès le début par rapport au dossier de création de secteurs à sauvegarder pour Sidi El-Houari. Cette dernière nous a expliqué justement que “la création d’un secteur à sauvegarder met en évidence les valeurs de la vieille ville et sa protection. Sur un plan réglementaire, on met en place un plan de sauvegarde et un plan d’aménagement”. Elle rappelle que pour Sidi El-Houari une opération financière avait été inscrite en 2015. “Cette opération n’a pu être lancée et a été gelée faute de financements. Mais ce n’est pas une fin en soi, on peut militer pour lever le gel de l’opération, pourvu qu’un argumentaire bien construit soit montré, et les gens doivent continuer à s’organiser”, dira notre interlocutrice. Et quels sont les meilleurs moyens de faire barrage à la destruction, à la spéculation foncière ?
La représentante du ministère de la Culture dit sans langue de bois que “c’est au travers du plan permanent de sauvegarde que l’on peut empêcher cette spéculation, car c’est un plan d’aménagement particulier. On ne dessaisit pas les gens de leurs propriétés, on met en valeur les plans, pour chaque parcelle vous aurez des prescriptions”, estimant qu’il faut bien agir en urgence dans le cas de Sidi El-Houari pour protéger ce qui peut l’être encore.


D. LOUKIL

 


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