Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

L’Algérie profonde / Ouest

L’opération est Prévue le 5 juillet 2018

Relogement et déracinement à Oran

Pas moins de 2 000 logements seront distribués le 5 juillet prochain. ©D. R.

“Ils m’ont dit d’aller vivre dans un F3 social à Belgaïd, comment je vais vivre là-bas ? Tout ce que j’aime et tout ce que j’ai, est ici à St-Eugène”, nous dira une vieille dame de 76 ans.

La problématique du logement est l’un des thèmes phares pour tous ceux qui veulent faire le bilan des 4 mandats du président Bouteflika, comme l’a encore démontré tout récemment, à Oran, le SG du FLN Djamel Ould Abbès qui n’a pas hésité à donner le chiffre effarant de 50 millions de logements réalisés en l’espace de 20 ans. Et de partout, pas seulement à Oran, c’est de cela qu’il va être question, ce 5 juillet 2018, 56e anniversaire de l’indépendance, qui va être paré aux couleurs d’une campagne électorale qui ne dit pas son nom.
À Oran, 2 000 logements vont être distribués, ce jour-là, et 26 000 à l’échelle nationale, toutes formules confondues, entrant dans le cadre du programme présidentiel. Certes, pour beaucoup cela sera la fin d’un calvaire, mais derrière la politique politicienne, il y a des hommes et des femmes qui appréhendent avec une souffrance intérieure, cette opération d’attribution de logements et de départ. Les politiques d’habitat ne sont pas que des chiffres, preuve en est pour une vieille dame de 76 ans, que nous avons rencontrée au quartier St-Eugène d’Oran.
Cela fait 65 ans qu’Elhadja vit dans le même appartement, un F3, à Haouch s’baniouli, comme elle nous dit. Cinq de ses enfants vivent avec elle dont un marié. Si le seul et unique F3 social qui leur a été octroyé est vu comme une sorte d’injustice, elle est propriétaire de son appartement, pour elle, il y a là une injustice encore plus cruelle que l’aspect pécuniaire. “J’ai vécu toute ma vie à St-Eugène, je m’y suis mariée, j’ai eu des enfants et des petits-enfants, maintenant ils m’ont dit d’aller vivre dans un F3 social à Belgaïd (…) comment je vais vivre là-bas ? Tout ce que j’aime et tout ce que j’ai, est ici à St-Eugène”. Plus que tout, ce qui lui fait peur c’est ce déracinement qui l’attend et qui a causé la mort d’un de ses voisins. “Il avait plus de 70 ans, il ne voulait pas partir de chez lui, de St-Eugène, il s’est retrouvé à Oued Tlélat, une semaine après son relogement, il est mort ! Il n’a pas supporté… Il revenait ici et voulait retourner dans son ancien logement”. Elhadja sait que la mort viendra, un jour ou l’autre, et justement, elle veut à cet instant pouvoir être chez elle, là où toute sa vie défilera dans son appartement, son immeuble, ses voisins, son quartier, et non pas dans la cité-dortoir de Belgaïd.

D. LOUKIL


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER