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L’Algérie profonde / Ouest

La dernière saison estivale à Oran

Un été à oublier

Les plages oranaises n’ont pas accuelli la grande foule. © D.R

Démarré en juin, cet été 2016 restera l’un des plus mauvais souvenirs pour nombre d’Oranais, et l’un des bilans les plus catastrophiques pour les professionnels.

Les cloches de la rentrée scolaire ont résonné, dimanche matin, dans les préaux des écoles d’Oran, signifiant tout autant la quasi-fin de la saison estivale. Démarré en juin, cet été 2016 restera l’un des plus mauvais souvenirs pour nombre d’Oranais et l’un des bilans les plus catastrophiques pour les professionnels, qui font grise mine après le constat de la défection des clients. Au départ de la saison estivale, Oran se vantait, comme chaque année, de pouvoir accueillir des millions d’estivants, il serait plus juste de dire que ce sont des passages de véhicules enregistrés, avec sa Corniche surfaite fascinant étrangement les autres wilayas, ses 33 plages, et le farniente assuré en prime. En fait, Oran n’est plus depuis longtemps au diapason de ce que l’on est en droit d’attendre lorsque l’on est un touriste, y compris national. Par le passé, le seul atout de la Corniche fut de profiter de la situation sécuritaire inquiétante dans d’autres régions et de l’absence d’offres de services ailleurs. Mais également par le fait que les Algériens pouvant s’offrir des séjours à l’étranger n’étaient pas des masses, les autres devaient rester au bled contraints et forcés. Aujourd’hui, avec l’amélioration du pouvoir d’achat des classes moyennes, et surtout la Tunisie post-attentats et révolution devient si proche et si tentante. Les séjours, les promotions et les prix attractifs du tourisme tunisien sont devenus imbattables. Pour la Corniche oranaise, même si les histoires récurrentes de mauvais accueils induites, dit-on, par les comportements inciviques de certains Algériens, pourraient constituer un bémol, les choses ont changé comme le reconnaît un restaurateur de Aïn Turk : “Cette saison est catastrophique, les clients ont énormément baissé, on n’a pas retrouvé le volume des années précédentes, c’est pareil pour mes collègues hôteliers aussi”, et d’ajouter avec un aveu de taille : “C’est vrai que les prix sont élevés, et il faut reconnaître qu’aujourd’hui passer 10 jours en Tunisie dans un hôtel 5 étoiles coûtera moins cher, avec en plus une qualité de prestation et des activités pour les familles, gratuites pour les enfants, même moi je vais en Tunisie !” L’état du secteur et les prestations offertes sont franchement choquants, que ce soit dans les hôtels, les restaurants et autres. Saleté et ordures partout dans les rues et dans les plages, l’absence d’hygiène dans les établissements hôteliers, même huppés. Un personnel souvent incompétent, méprisant et grossier envers les clients, des commerces brillants par leur mauvaise foi en multipliant par 2 ou 3 les prix, n’hésitant pas à vendre des produits périmés, une circulation infernale faisant craquer les nerfs. Autant de constats faits, provoquant le désamour du tourisme algérien. Un désamour qui va perdurer tant ce secteur s’avère incapable de se rehausser aux standards internationaux, livré à lui-même, sans contrôle, laissant de pseudo-professionnels agir sans éthique.


D. LOUKIL

 


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