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#EspacesLibres / Partenariat Réd-DIG-"Liberté"/AIESEC

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Interview avec Abir SAHRAOUI, SDGs & entrepreunariat algérien

Abir Sahraoui, alumna d’ AIESEC et co-fondatrice d’une boîte d’événementiel à caractère touristique, nous a reçu ce dimanche à l’école IN-Tuition, et s’est livrée à nous au sujet de la situation des SDGs dans la sphère entrepreneuriale algérienne.

 

Partenariat Réd-DIG-"Liberté"/AIESEC: Si vous deviez vous présenter, que diriez vous?
Abir Sahraoui: Énergique, altruiste, ne sais pas dire non et déteste la routine!T

Titulaire d’un master en Physique quantique, comment expliqueriez-vous votre conversion à l'entreprenariat ?

Le choix n’était pas du tout facile ni même évident ! En effet, mon diplôme et mes expériences professionnelles en main, j’avais plusieurs possibilités: faire un deuxième master puis un doctorat à l'étranger, postuler pour un doctorat
à l’USTHB, travailler dans des multinationales...
Seulement, ayant travaillé en tant qu’employée, enseignante notamment, et Chef de projet chez Sylabs et AIESEC, je me suis rendu compte que je n’étais pas faite pour exercer dans un bureau accomplissant des tâches qu’on m’assigne. Je n’imaginais pas du tout ma jeunesse s’écouler dans un laboratoire devant un PC. Je me suis donc dit qu'il était temps d’en faire quelque chose!
A vrai dire, le véritable déclic s’est produit lors de ma troisième année. C’était en 2013, et en  cette année là, j’avais rejoint AIESEC in Babez et par la suite INJAZ El Djazair. Cette dernière en partenariat avec Schlumberger, multinationale de services et équipements pétroliers, a organisé l’événement “ Be innovative camp “ dont notre équipe a fini par remporter le premier prix et une formation me fut offerte en prime ! Ainsi donc, après quelques négociations familiales, je me suis retrouvée, moi, étudiante en physique
fondamentale, effectuant un stage pratique au département Wireline de Schlumberger à Hassi Messaoud ! A quelques mois de la prise d’otage de Tiguentourine, les femmes n’étaient pas autorisées sur le chantier, mais force d’arguments, j'ai réussi à les convaincre de m’y accepter. J’y ai passé 5 jours. Et c’est là, face à la magnificence du spectacle d’une nuit étoilée du Sahara que ma vie a changé ! Je me rappelle m'être posée plein de questions, et n’avoir que très peu dormi.
Mais bon, je compte bien reprendre un jour la Physique, mon but dans la vie étant de comprendre l’univers. La physique quantique m’a appris que tout était possible et faisable dans la vie !

D’où tenez-vous votre façon moderne d’aborder le monde du business?
Tout ce que j’ai accompli dans ma vie, c’est grâce à AIESEC ! Tous mes projets sont réalisés selon le modèle d’organisation AIESEC et j’essaie toujours d’y intégrer son esprit et sa culture. J’y ai appris beaucoup et j’y ai découvert plein d’opportunités notamment l’incubateur d’Ooredoo où j’ai acquis mon savoir théorique sur l'entreprenariat.
L’association INJAZ El Djazair, m’a aussi beaucoup formée et soutenue dans tout ce que j’entreprends. Mon coach de toujours, Mr. Souheil Guessoum, et Mr Sofiane Chaib qui m’a offert tout son soutien pour le lancement de notre boîte actuelle avec Abdenour Si Smail, n’hésitent jamais à m’apporter leur aide.

Qu’en est-il de la prise en charge des SDGs par nos agents économiques? Quels sont ceux qui guident vos initiatives ?
Mon co-fondateur, Abdenour Si Smail, et moi nous sommes toujours posés cette question : est-ce que ce que nous faisons c’est de l'entreprenariat social ou pas? Lui, il dit que non. Moi, je dis toujours que oui !
On a remarqué que si le tourisme ne se développe pas en Algérie c’est justement parce que ceux qui y travaillent, ou du moins essayent, sont sous-payés. c’est pour cela que notre boite a créé un réseau de guides et d’artisans dans presque toutes les Wilayas du pays, et collabore avec eux dans chacune de nos visites. On soutient la jeunesse et les artisans locaux et c’est notre manière de supporter le SDG 8 qui est : accès à des emplois décents et
croissance économique.
Nous travaillons aussi sur le SDG 10: Industrie, innovation et infrastructure, car les infrastructures c‘est justement ce qui manque chez nous. Nous essayons donc toujours d’innover, de trouver de nouvelles formules: maisons d'hôtes...
On y travaille encore, tout est à faire dans le domaine du tourisme et notre pays recèle de véritables trésors.
Pour ce qui est de notre objectif à long terme, c’est la réalisation de villes et communautés durables (SDG 11). Par exemple, il y a un jeune homme à Djanet qui veut en construire une à l’image de la cité Tafilalet de Ghardaïa et on compte l’aider. Du coup si on peut reproduire ça dans chaque Wilaya du pays...
Pour l’instant nous sommes qu’au tout début mais nous avons déjà des projets dans ce sens.
Quant à mon objectif personnel, je dirais le numéro 5 : l’égalité entre les sexes, je travaille vraiment sans relâche pour assurer un environnement sain qui puisse rassurer les familles algériennes. On remarque avec plaisir qu’il y a de plus en plus de personnes qui font du bivouac, chose qui était inimaginable quelques années auparavant.

Qu’avez-vous à conseiller aux jeunes algériens qui souhaiteraient investir dans le monde des affaires?
Je ne peux donner que de conseils généraux car chacun sa vision de la réussite. Si je peux recommander quelque chose, c’est bien de faire ce qu’on aime, d’avoir de l’estime de soi.
Rejoignez des associations, faites des formations, des stages, découvrez des domaines autres que ceux de vos études.
Ce qui me désole le plus c’est de voir les jeunes croire que c’est plus facile de réussir à l’étranger. Ils disent qu’il n’y a rien ici. Mais justement, c’est pour cela que c’est plus facile : tout reste à faire en Algérie!
Ici, tu peux vivre chez tes parents, logé et nourri, commencer un business et “risquer à l’aise”. Tu vas travailler sur un projet qui te passionne et que tu vas surement réussir !
Pourquoi? Parce qu’il n’y a pas de concurrence ! Surtout avec la nouvelle loi interdisant l’importation!
L’Algérie est un pays vierge, il suffit juste d'être courageux, patient et de ne pas lâcher.
Le mot de la fin?
Ce qui me tient le plus à coeur, c’est de faire ce qu’on aime. Quand on fait ce qui nous passionne, on réalise des miracles !

Thiziri MELLAH

Partenariat Réd-DIG-"Liberté"/AIESEC


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