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L'aveuglement du regard des autres

©D.R.

Une toute nouvelle forme de dictature régit la société moderne où règnent discriminations, stéréotypes et clichés. Pendant que certains succombent à la tyrannie de l’apparence,    d’autres (sous le poids de leur ignorance) se laissent entraîner par des idées reçues. Des préjugés, qui empêchent (de nos jours) les dialogues interculturel et interreligieux.

Force est de constater à quel point la société dans laquelle nous vivons a été influencée par l’avènement des nouveaux médias. Nos opinions devenus aussi changeantes que le temps du mois d’avril, nous jugeons ce que nous « voyons » à tout bout de champ, sans pour autant nous questionner sur le pourquoi du comment. L’image que l’on a de l’autre est bâtie sur ce qu’on appellerait communément une « première impression » qui – pour une grande majorité – serait le reflet de la personnalité de l’autre. Nous nous permettons alors par abus de langage de « juger » autrui sans le connaître et traitons nos « pseudo-jugements » comme de véritables « axiomes ». En réalité, ces idées reçues ne sont que des « préjugés » sur lesquels nous fondons toute notre perception du monde, de la vie et des autres.

“Craignons-nous nous-mêmes : les préjugés, voilà les voleurs ; les vices, voilà les meurtriers.”

Victor Hugo.

Grand paradoxe des temps modernes : nous souhaitons vivre dans un monde en paix alors que nous ne tolérons pas nos différences. Inconsciemment, nous distinguons les gens que nous croisons au quotidien selon leurs différences en les catégorisant. Le simple fait que nous ne fassions pas partie de la même « catégorie » ou « classe » sociale, nous pousse à mesurer la profondeur du fossé qui nous sépare au lieu d’évaluer ce qui pourrait éventuellement nous rapprocher. Mieux comprendre ces phénomènes socioculturels nous aiderait alors à les combattre de la meilleure façon qui soit.

Un héritage socioculturel 

 Les stéréotypes assignent grossièrement à chaque groupe de personnes des traits le caractérisant. Il suffirait alors qu’une minorité appartenant à la même « catégorie » agisse spontanément de la même façon, pour tout de suite rajouter ce comportement ou caractère aux croyances déjà conçues pour l’« identifier ».

Le préjugé quant à lui, renferme l’individu – suite à un jugement hâtif et personnel – dans des idées qui ne sont pas fondées. On évalue l’autre, sans raison apparente et de façon subjective, sans prendre la peine d’essayer de le connaître.

Une habitude acquise dès notre plus jeune âge nous oblige à juger toute chose que nous observons, en bien ou en mal. Nous sommes sous l’influence de l’environnement social qui nous entoure, et nos opinions quelles qu’elles soient, constituées principalement de stéréotypes et de préjugés, sont acquises par héritage socioculturel. Notre éducation y est pour beaucoup et nous ne sommes alors que le reflet de ce « petit espace » dans lequel nous grandissons. Viennent ensuite les médias qui véhiculent des stéréotypes et façonnent l’image que nous avons des autres. Pour enfin trouver nos repères en suivant des groupes de référence déterminant nos choix, nos valeurs ainsi que nos croyances.

Au sein d’un même groupe, un sentiment d’appartenance est développé. Principalement dû à des similitudes un peu trop exagérées. L’individu porte alors un regard subjectif sur les autres groupes desquels il ne retiendra que les différences. Générant ainsi, des préjugés d’une telle force que nous ne pouvons les ôter parmi les idées que nous avons reçues. Comme dirait Albert EINSTEIN :« Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé ».

 

Des origines cognitives

Encore une fois, la science a parlé ! En plus d’avoir une origine socioculturelle, les stéréotypes ont également une origine cognitive. En effet, le cerveau devant toutes les informations qu’il reçoit, se retrouve dans l’incapacité de toutes les analyser. Ce processus écourté (simplifié) engendrerait un manque d’information influençant notre jugement.

Notre cerveau « saute » alors toutes les étapes qui mèneraient à un jugement objectif, l’information reste telle qu’elle nous est parvenue et en fonction de ce qui nous est apparent, le cerveau catégorise l’individu selon des similitudes ou des différences.

Je te juge…Moi non plus !

Nous ne pouvons peut-être pas éradiquer tous les stéréotypes et les préjugés auxquels notre société a donné naissance, mais nous pouvons aspirer à façonner le regard que nous avons des autres afin d’évoluer dans le bon sens.

« Vous connaissez peut-être énormément de choses d’une personne, toutes mauvaises. Mais il y a peut-être une seule chose que vous ignorez à son sujet, qui changerait complètement votre opinion si vous la connaissiez. » Dale Carnegie.

Car au-delà des apparences, il y a ces petits brins d’humanité et d’altruisme dans le cœur de chacun d’entre nous et qui, une fois dévoilés, rendraient bien des vies meilleures. Penser à soi, c’est penser à autrui. Heurter les autres, c’est aussi se heurter soi-même car l’enfer, ce n’est pas forcément les autres.

« Car c'est notre regard qui enferme souvent les autres dans leurs plus étroites appartenances, et c'est notre regard aussi qui peut les libérer. » 

Amin Maalouf.

 

Zakia SIDHOUM

CAP(ENP)/Liberte-algerie.com

@ZakiaSidhoum

Zakia, une âme littéraire vagabonde à l'École Nationale Polytechnique, étudiante en génie des matériaux le jour et rêveuse nocturne entre deux insomnies

 

 

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Commentaires
1 réactions
nassimm le 15/05/2016 à 23h11

Bonsoir, je voulais vous remercier pour cet excellent article, ainsi que pour le choix du sujet, j’ai juste un commentaire sur la partie de votre article où vous dites: « Pour enfin trouver nos repères...croyances». Je pense que, bien que la majorité des personnes trouvent leurs repères en suivant des groupes de référence, Il existe des personnes qui ont défini par eux même leurs propres repères sans suivre personne et sans appartenir à aucun groupe tout en restant respectueux envers la société.

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