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A la une / Partenariat Réd-DIG-"Liberté" (#RDL)/Soleil (HEC)

#LibertéVENDREDI

L’accentuation des catastrophes naturelles est-elle le fruit du réchauffement climatique?

©D.R.

Le monde fait face à un impact sans précédent des phénomènes climatiques extrêmes au cours des dernières décennies. La récurrence des catastrophes naturelles subies à travers le globe soulève une question importante quant à leur origine. Et si les changements climatiques y étaient pour quelque chose ? Ironiquement, cela voudrait dire que l’humanité est responsable de son propre malheur.

L’environnement serait-il devenu une menace ?

L’actualité en regorge, de simples inondations jusqu’aux éruptions volcaniques en passant par les tremblements de terre et les ouragans dévastateurs.  

Rappelons le quand même, une « catastrophe » est considérée comme telle uniquement parce qu’il s’en dégage des dégâts humains et matériels. Autrement, ce ne sont rien de plus que des manifestations météorologiques ou tectoniques tout à fait naturelles. Bien que cela puisse provoquer une perturbation inévitable des écosystèmes, ces dernières sont inhérentes aux cycles biologiques et géologiques.

Par contre, le réchauffement climatique, lui, est le résultat de l’activité humaine et de son inconscience.

En bref, c’est l’émission des gaz à effet de serre causée par différents facteurs en particulier la combustion du charbon, du pétrole et du gaz mais aussi la déforestation, car les arbres apportent une certaine régulation au niveau du climat en absorbant le CO2. En somme, la pollution de l’air induit une modification au niveau de la composition de l'atmosphère planétaire. Et cela a pour effet une variation, ou un plutôt un dérèglement du climat et donc, un « changement climatique ». 

Mais quel est le rapport ?

Valérie Masson-Delmotte et Jean Jouzel, deux chercheurs français membres du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) affirment que le changement climatique contribue partiellement aux phénomènes dont nous sommes témoins. En effet, les conséquences n’ont rien avoir avec le nombre de catastrophes attendues, elles ne seront donc pas plus fréquentes qu’autrefois. Par contre, leur puissance se verra décuplée. En d’autres termes, des bouleversements météorologiques risqués et spectaculaires sont à prévoir si ces changements persistent.

Concrètement, le réchauffement des eaux de surface provoque une évaporation qui, en raison de la rotation de la terre peut conduire à une formation de cyclones.

Prenons un exemple récent : L’ouragan Harvey qui a dévasté le Texas en août 2017.

Depuis la fin du 19ème siècle, on a noté une augmentation d’environ 10% de la capacité de rétention d’eau de l’atmosphère en raison de la hausse de 1°C de la température moyenne. C’est ce qu’affirme Paolo Ruti, chef du programme mondial de recherche météorologique au sein de l’Organisation météorologique mondiale. Ce phénomène amplifie les pluies déversées par les ouragans, comme ce fut le cas avec Harvey.

Mais ce n’est pas tout, le réchauffement des températures moyennes de la surface du globe provoque une importante fonte de glaciers polaires et alpins, ainsi qu’une hausse du niveau de la mer pouvant atteindre jusqu'à 95 centimètres d’ici la fin du 21ième siècle. Et puis, avec l’expansion thermique de l’eau réchauffée cela rendrait les basses terres côtières (où plus de 50% des habitants de cette planète vivent) particulièrement vulnérables aux inondations. Ce qui fut le cas en septembre 2015 à Miami, des inondations dues à une marée particulièrement haute.

Les scientifiques ont aussi déterminé que le changement climatique est à l’origine de l'intensité remarquable des typhons dans le nord-ouest du Pacifique, ainsi qu'au record d'ensoleillement en hiver au Royaume-Uni ces deux dernières années. Le réchauffement climatique doit être aussi blâmé pour la propagation et la durée sans précédent des incendies de forêts en Alaska. Des évènements de la même nature se produisent partout ailleurs dans le monde, certains sont simplement plus graves et plus médiatisés que d’autres, mais le danger n’en demeure pas moins éminent.

Source : CDC Climat Recherche d’après le GIEC (2007).

Cela dit, la relation entre aléas naturels et changements climatiques est complexe et il n’est pas toujours évident de traiter le problème et d’en ressortir avec une conclusion ou une règle générale, il existe plusieurs hypothèses, beaucoup de contradictions et certains phénomènes demeurent mystérieux malgré tout.

Quant aux séismes, bien que les croyances populaires puissent nous faire croire que la canicule est annonciatrice d’un éventuel tremblement de terre, il n’existe néanmoins aucune preuve purement scientifique qui le démontre.

Et l’Algérie dans tout ça !

Nous n’avons jamais connu de tsunamis ni de tornades et ça fait déjà des années que nous n’avons pas connus de séismes désastreux. Nous sommes à l’abri !

FAUX.

On ne fait même plus la différence entre été et printemps ce qui témoigne d’un flagrant dérèglement saisonnier, la chaleur est insoutenable et même les intempéries se font rares entraînant une désertification et une dégradation des systèmes agricoles. N’est-ce-pas là les conséquences du réchauffement climatique ? De plus, l’Algérie du Nord est majoritairement une région à risque extrême (selon l’index “Climate Change Vulnerability”).

Par ailleurs, une étude publiée par le journal Climatic Change révèle que certains pays de l'Afrique et du Moyen-Orient pourraient devenir des zones quasi inhabitables d'ici quelques années, allant jusqu'à entrainer l'exode de leurs populations.

[© Climat Change]

Le point à retenir de cette étude :

"Nous concluons que la Mena [un acronyme pour désigner les régions du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, ndlr] constitue une zone sensible en termes de changement climatique, car elle pourrait se transformer en une zone brûlante durant l'été, Il a été prouvé que les chaleurs extrêmes ont un impact sur la santé de l'homme, qu'elles encouragent les maladies transmises par l'eau et la nourriture, et que des canicules intenses augmentent la mortalité prématurée."

Et la cerise sur le gâteau, le gaz de schiste ! C’est un gaz naturel, certes, mais son extraction requiert des techniques de forage qui demandent d’énormes quantités d’eau, c’est ce qu’on appelle la fracturation hydraulique. Le premier risque dû à l'exploitation de ce gaz est l'émission de gaz à effet de serre provoquant le réchauffement climatique, ça, on l’a bien compris. Le second risque est celui de la pollution des nappes phréatiques et de l'air. L'eau sera empoisonnée après utilisation, et elle contaminera à son tour les sols et la végétation. En se référant aux études qui suggèrent la désertification imminente du nord africain, et avec le climat cauchemardesque que nous nous apprêtons à accueillir, on en déduit que la catastrophe à redouter sera bel et bien la sécheresse. Par conséquent, le futur défi que l’Algérie devra relever se résumera à  l’approvisionnement de la population en eau potable. Tout cela, ça pousse quand même à la réflexion.

Petit bonus, la fracturation hydraulique provoquerait une instabilité au niveau des sols, ce qui sera probablement un élément déclencheur de séismes.

Quelles sont les mesures de précautions à prendre ?

Si réduire nos émissions de gaz à effet de serre constitue un objectif essentiel voire même vital si l’on veut éviter des cataclysmes potentiels, on ne peut pas s’attendre à ce que tous les êtres humains se réveillent un jour avec l’ultime conviction que la nature doit être respectée. Pour en revenir à notre cas, il est difficile de croire que nos dirigeants décident miraculeusement de devenir écolo du jour en lendemain étant donné que le projet gaz de schiste vient déjà d’être relancé.

De manière générale, et étant donné tous les ravages et les pertes humaines constatées récemment, la première urgence reste de développer des systèmes d’alerte, d’évacuation et d’organisation des secours plus performants et de les diffuser à l’ensemble des pays exposés à des risques probables.

Ensuite, il faudra revoir et corriger les erreurs faites en construisant massivement sur les littoraux et autres zones fortement exposées aux aléas. Il est également impératif de ne pas négliger les mesures à prendre en termes d’aménagement du territoire, en particulier en ce qui concerne les routes qui, chez nous, sont déjà dans un état de dégradation total qui ne pourra certainement pas nous éviter les inondations en cas d’intempéries.

Rania CHAIB

(Soleil (HEC/ #RDL)


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