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AUTRES / Publication

À 97 ans, il publie son “testament pour les libertés”

Me Ali-Yahia Abdennour : le mobile du souvenir pour servir l’avenir

© Archives / Liberté

Dans son livre “Mon testament pour les libertés”, Ali-Yahia Abdennour ne s’attarde pas spécialement sur son parcours. Mais il n’a pas hésité à en revisiter quelques séquences, notamment celles qui, en leur temps, avaient fait polémique et lui avaient valu d’être voué aux gémonies. Il s’est saisi de ces épisodes douloureux pour faire œuvre de pédagogie, non pas pour s’expliquer, mais pour expliquer. “J’ai été instituteur dès l’âge de 18 ans et je crois que je le reste encore un peu à ce jour”, m’a-t-il confié, il y a quelques jours, chez lui, autour d’un café.   

Si, partout dans le monde, les livres nouvellement publiés n’ont pas toujours l’accueil qu’ils méritent, c’est encore plus vrai chez nous. Les Algériens n’étant pas connus pour être de grands lecteurs, et l’absence d’une presse spécialisée aidant, il arrive que de bons livres atterrissent sur les étals des librairies dans une indifférence générale. Ce n’est certainement pas le cas du dernier ouvrage de Me Ali-Yahia Abdennour, Mon testament pour les libertés, publié aux éditions Koukou qui a eu, certes, un succès appréciable, mais il aurait pu prétendre à mieux, nettement mieux. D’abord, parce que, par son existence même, ce livre, publié le 10 décembre dernier pour marquer la Journée internationale des droits de l’homme, a quelque chose d’exceptionnel : il est écrit par un auteur âgé de 97 ans. De ce seul fait, il aurait dû être, tout au moins, un objet de curiosité et susciter un intérêt particulier auprès de l’élite, voire de l’opinion en général. Ensuite, parce que l’âge avancé n’est pas, loin s’en faut, le seul attribut de son auteur : Me Ali Yahia Abdennour est un homme politique d’un genre singulier et un militant au combat pluriel. Son parcours a quasiment le même âge que lui et, depuis son début, il a toujours suscité admiration et adhésion ou provoqué des polémiques, quelquefois même des oppositions, voire des violentes réactions d’hostilité.  Les annales n’ont, en tout cas, jamais enregistré une quelconque indifférence aux faits et gestes de cet homme dont le credo a toujours été de combattre la pensée unique, car ce qui a toujours guidé ses pas et déterminé ses prises de position reste “l’irrévérence à l’égard des tabous”, comme il n’a pas manqué de le souligner dans ce dernier ouvrage. Il lui a donc fallu constamment bousculer l’ordre établi, armé de son attachement à une cause fondamentale, celle des droits humains. Une cause dont il réaffirme l’universalité et qu’il conçoit comme la mère de toutes les causes, celle qui, en tout temps et partout dans le monde, est sans doute la seule à même d’unir et de réaliser une jonction entre les luttes des hommes, celle qui aide chacun à comprendre l’autre. “J’ai consacré aux droits de l’homme toute mon intelligence et tout mon cœur, car ils me sont chevillés au corps”, écrit-il. Mais où donc Me Ali-Yahia Abdennour a puisé les ressources physiques et mentales nécessaires pour qu’à un âge aussi avancé, il nous donne à lire un livre de 202 pages, aussi riches en souvenirs et en idées ? Il faut relever de prime abord que l’ouvrage rompt, dans la forme et dans le fond, avec le sempiternel registre des “Mémoires” qui permet aux auteurs en fin de vie de dire leurs vérités, quelquefois de manière sélective, mais pas forcément et pas toujours leurs erreurs ou leurs errements. Ali-Yahia admet, certes, que “le souvenir est le mobile de ce livre”. Mais les souvenirs, ici, ne sont pas convoqués pour absoudre l’auteur d’un quelconque manquement passé. Il inscrit cet ultime effort dans une tenace volonté d’agir, autant que le lui permette son état physique, dans le sens de ses convictions afin, écrit-il, de “participer encore au renforcement des rangs des Algériens et des Algériennes qui  se battent contre l’arbitraire et l’injustice (…)” et “mettre fin à la dictature et faire entendre la voix de l’Algérie démocratique dans le monde”. Pour ce faire, il se refuse donc à la passivité, même à 97 ans. Il veut rester dans le combat, parmi ceux qui se battent. “Je ne veux pas rester assis devant ma porte à attendre la fin de ma vie terrestre”, écrit-il. Voilà qui sonne comme un avis aux plus jeunes qu’il invite, de fait, à s’armer de foi en l’avenir car, sans elle, point de salut. Il est communément admis que la jeunesse travaille pour la vieillesse, mais ici, la règle est inversée : c’est la vieillesse qui court au secours de la jeunesse. S’il ne s’attarde pas spécialement sur son parcours, se consacrant beaucoup plus à plaider pour l’avenir, Me Ali Yahia n’a pas hésité à revisiter quelques séquences de son action, celles qu’il juge chargées d’enseignements et, particulièrement, celles dans lesquelles il tenait, malgré lui, le “mauvais rôle”. Celles-là qui, en leur temps, avaient fait polémique et lui avaient valu d’être voué aux gémonies et face auxquelles il avait fait montre d’un admirable stoïcisme et d’une résilience à toute épreuve. Il y est donc revenu,  mais jamais, tout au long des pages de ce livre, ne transparaît le moindre signe d’un quelconque sentiment rancunier ou revanchard. Car il se refuse à remuer le couteau dans la plaie. Bien au contraire, l’auteur s’est saisi de ces épisodes douloureux pour faire œuvre de pédagogie, non pas pour s’expliquer sur des actes, des paroles ou des positions passées et qu’il continue d’assumer pleinement, mais pour expliquer les principes universels et intemporels qui ont inspiré ces paroles, fondé ces actes et porté ces positions. “J’ai été instituteur dès l’âge de 18 ans et je crois que je le reste encore un peu à ce jour”, m’a-t-il confié, il y a quelques jours, chez lui, autour d’un café.


S. C. 

 Mon testament pour les libertés Bonnes feuilles

La dictature
Je combats le système politique et les pouvoirs qu’il a engendrés, fondés sur la dictature. Il est juste d’être hostile à la dictature, qu’il faut dénoncer avec la plus grande fermeté. Le vent de l’histoire la balayera bien un jour de ce pays, par le peuple qu’elle opprime et qu’elle prive de sa souveraineté. La dictature étouffe les droits de l’homme qui contiennent les germes de sa propre destruction. Je suis solidaire de tous les opprimés partout dans le monde, en quelque lieu où ils se trouvent, et des peuples qui combattent les oppresseurs, les persécuteurs, les dictateurs. Comment intervenir pour combattre la dictature et assurer le respect des droits de l’homme et des libertés ? Par l’action. Agir dans une ligue, de préférence la LADDH, pour s’informer et informer à son tour.
À la question : que peut-on faire contre la dictature ? Je réponds : allez voir sur place ceux qui souffrent, témoignez votre solidarité active pour les hommes et les femmes réprimés ; soutenez-les, renseignez-vous sur la situation des prisonniers politiques et d’opinion.

Priorité aux valeurs humaines
Le système en vigueur depuis l’indépendance du pays n’a changé ni dans sa nature, ni dans son rôle, ni dans ses fonctions. Il a mis en place une dictature qui a privé le peuple algérien de sa souveraineté, l’Algérien de sa citoyenneté, mais aussi du besoin de liberté et de justice. Il s’est installé à la tête du pays par la violence. Je condamne tous les actes de violence d’où qu’ils viennent, ceux qui les commettent, ceux qui les inspirent, ceux qui les excusent.
Je suis attaché à la dignité humaine, à la défense des libertés, par devoir, par conviction, avec l’intelligence du cœur et de la chaleur humaine. Brey Tombach de l’Afrique du Sud a écrit : “Mon livre en lui-même est un espace de liberté. Il fallait que je l’écrive avant que le souvenir ne soit obscurci par la déformation du temps.” La liberté, c’est de pouvoir choisir le régime, les hommes et les femmes qui doivent présider au destin du pays ; c’est l’ouverture vers la démocratie. L’idée “pas de liberté pour les ennemis de la liberté” a révélé par la suite ses fruits empoisonnés. Cette simplification explique la logique de l’exclusion, qu’il faut exclure. Cette conception, qui interdit la liberté pour les autres et tourne le dos aux droits de l’homme me donne froid dans le dos ; et de très nombreux Algériens partagent ce frisson. La liberté est indivisible, et là où elle fait défaut, surgit la tyrannie. Paul Eluard disait : “J’écris ton nom, Liberté.”
Le souvenir est le mobile de ce livre en donnant au passé, qui renseigne sur la vie humaine avec plus d’humanité, d’intelligence et de cœur, plus de sagesse, qui est aussi la volonté de savoir, et un levier pour l’action. Ce livre est le fruit d’une étude approfondie de l’histoire, longue et tourmentée de l’Algérie qui a illuminé le passé. Il fait la promotion des valeurs humaines sa priorité, protège les valeurs féminines, les qualités de la femme, l’affirmation de son identité. Mais, ma dernière maladie, qui a duré de longs mois, et les grandes fatigues de l’âge font qu’il me sera difficile de mener ce livre à son terme. Avec un état de santé très fragile, je n’ai pas la même faculté de concentration pour pouvoir écrire avec un style qui a autant de spontanéité que d’élégance. Ma capacité de résistance a fini par  faiblir.

Universalité des droits de l’homme et relativisme culturel et religieux
Des réserves sont faites par des États quant à l’universalité des droits de l’homme. Ils invoquent des particularités historiques, des barrières idéologiques, culturelles, religieuses, ou des traditions locales pour restreindre les droits de la femme, la liberté d’expression et d’opinion, et mettent en avant la suprématie des droits économiques et sociaux sur les droits civils et politiques. À Bangkok, en avril 1993, quarante États asiatiques dont la Chine, la Malaisie et Singapour rejettent la conception occidentale des droits de l’homme qualifiée d’impérialisme culturel, d’instrument de l’hégémonie de l’Occident. Ils déclarent que “si les droits sont par nature universels, ils doivent être envisagés en ayant à l’esprit l’importance des particularismes nationaux et régionaux, comme des divers contextes historiques, culturels et religieux”.

Le problème palestinien
La conférence de Vienne de 1993 proclame, dans sa déclaration finale et dans son programme d’action “que tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes, que le déni du droit à l’autodétermination est une violation des droits de l’homme”. L’occupation de la Palestine relève de la colonisation israélienne qui s’est accentuée sur Gaza. Le blocus a réduit la population à une situation humanitaire effroyable, inadmissible. Israël contrôle les frontières terrestres, maritimes et ariennes de la Palestine ; il a fait de Gaza la plus grande prison de l’histoire humaine. Le général al-Sissi, qui a pris le pouvoir en Égypte avec le coup d’État militaire de juillet 2013, a hermétiquement fermé la dernière frontière terrestre de Gaza, qui doit être libérée de son emprisonnement par Israël et l’Égypte. Israël a multiplié les opérations militaires contre Gaza : “Plomb durci” de 2008-2009, “Bordure de défense” de novembre 2011, “Bordure protectrice”... Selon l’AFP, les enfants et les adolescents palestiniens de Gaza sont systématique victimes de torture, de douches froides et brûlantes alternées, de violences sexuelles, de passages à tabac, de pendaison par les mains... Les enfants victimes du carnage en Palestine prouvent la cruauté du pouvoir israélien. Après le dernier bain de sang, des pays d’Amérique du Sud : le Brésil, le Chili, le Pérou, le Salvador et l’Équateur ont suspendu certaines relations internationales avec Israël. De nombreux autres pays, dont l’Algérie, ont manifesté leur soutien et leur solidarité au peuple palestinien, victime de crimes de guerre qui revêtent le caractère de crimes contre l’humanité. Israël identifie le sionisme, qui est un système totalitaire, au judaïsme. Israël, qui maîtrise, grâce à la solidarité agissante des États-Unis, la technologie moderne qui ne couvre pas seulement l’énergie nucléaire, a perpétré de nombreux crimes de guerre. Il est temps de mettre fin à cette impunité. La solution de deux États recommandée par l’ONU pour ramener la paix en Palestine n’est pas suivie par Israël, qui implante de nombreuses colonies dans les territoires occupés. Alors que le principe de deux États pour une solution au conflit est défendue par tous les présidents américains depuis un demi-siècle.

La résistance palestinienne
Elle comprend le Hamas palestinien, le Jihad islamique et la Brigade des martyrs d’El Aqsa, qui se battent pour la libération de la Palestine du colonialisme israélien. Cette résistance revendique un État palestinien indépendant. Pendant l’Intifada des années 2000, elle mobilise la population et les groupes armés, contre les nombreuses interventions militaires israéliennes dévastatrices. Israël est condamné pour les violations des droits de l’homme dans le territoire de Palestine. Il est assimilé au rang des nazis et aux ségrégationnistes d’Afrique du Sud durant le régime d’apartheid. L’antisioniste ne peut être accusé d’être antisémite. Mais, pour Israël, on ne peut opérer une rupture entre le judaïsme et le sionisme, parce que l’un ne peut pas aller sans l’autre.

La Kabylie au cœur du combat démocratique
La Kabylie, région de montagnes, est le produit de son histoire, de sa géographie, de sa culture, de ses traditions. En son sein, s’épanouissent les valeurs et les qualités forgées par une longue tradition démocratique. La Kabylie opprimée, discriminée, revendique ses droits à l’identité et à la culture qui ne se dissocient pas du droit à la démocratie et aux droits de l’homme. L’interdiction de fait de la culture et de la langue amazighes, en Kabylie, dans les Aurès et au M’zab est une discrimination oppressive, au profit d’une construction jacobine mythique. Dans une société où cohabitent deux ou plusieurs cultures, la façon la plus efficace de construire une nation unie réside dans le respect des spécificités culturelles et linguistiques de chacune des communautés. Dans l’Algérie culturellement plurielle, l’inter-culturalisme pose des relations non antagonistes, non conflictuelles, non marquées par la domination d’une partie par une autre, avec une situation de pluri-culturalité acceptée, permettant la conjugaison de dynamismes d’origines diverses.

Le Printemps berbère d’avril 1980
Les manifestations massives qui se sont déroulées au printemps 1980, en Kabylie, ont atteint le niveau d’une révolte populaire. L’ampleur de ces manifestations et la brutalité de la répression qui a suivi ont suscité un large mouvement de solidarité dans la diaspora algérienne et dans le monde. Des cadres et des militants politiques, qui se distinguent par leur remarquable clarté de jugement et un regard neuf sur la question identitaire, étendent leur entreprise sur la vie politique, intellectuelle et culturelle de la région rebelle. Les assemblées populaires donnent lieu à des débats politiques passionnés sur les formes d’action à entreprendre pour faire reculer le système politique totalitaire. C’est une expérience unique, avec une hétérogénéité des points de vue. Les étudiants de Kabylie se sont dotés d’une représentation pour participer non seulement à la vie universitaire, mais surtout pour agir sur la vie politique, en contestant celle du pouvoir. Ils sont passés de la colère à la révolte, avec leur liberté d’allure et de langage, tout en évitant de tomber dans le piège de la violence et le prix du sang, avec ses conséquences tragiques. Aux premiers rangs de la contestation, ils rejettent l’ordre établi, avec, chacun, son tempérament et sa sensibilité. À peine née, l’université de Tizi-Ouzou est devenue un bouillon de culture. Les étudiants ont exprimé les aspirations de la population ; ils sont devenus des militants politiques d’avant-garde, afin de construire une culture diverse, ouverte et multiple. En renouant avec ses racines culturelles profondes, la Kabylie a retrouvé son authenticité. De toutes les libertés qu’elle a défendues, tamazight et la démocratie sont les plus précieuses, car enracinées dans sa conscience depuis bien longtemps.

Quel avenir pour l’Algérie ?
L’Algérie a 50 siècles d’histoire ; il ne faut pas laisser mourir ce que l’histoire a légué de vivant. Une réflexion culturelle sur notre passé est nécessaire ; elle permettra de redécouvrir, en termes géopolitiques, l’Algérie qui est en proie au doute et au déclin.
Un jour ou l’autre, le peuple balayera la dictature qui l’opprime, le réprime avec la plus grande fermeté, et confisque la souveraineté populaire et la citoyenneté. Le crépuscule qui s’étend sur le pouvoir totalitaire regroupé autour de l’homme providentiel entrevoit l’aube de la démocratie. L’Algérie qui a connu “une longue nuit coloniale”, suivie d’une longue dictature, prendra-t-elle le chemin d’une démocratique apaisée ? Préparer un avenir de démocratie, de liberté et de justice, n’est jamais donné ; il faut le construire par une alternative au pouvoir et pas seulement par une alternance. Le sursaut viendra des jeunes, garçons et filles, acteurs du combat pour la démocratie qui expriment le ras-le-bol du peuple. Il faut résoudre les problèmes de la société les uns après les autres, sans complexe ni tabou. L’union de l’opposition démocratique est un impératif. C’est ensemble, dans la confiance et le respect mutuel, que l’on pourra faire basculer l’opinion publique, et ouvrir un espace politique dans les mois et les années à venir, qui s’annoncent riche en évènements.

Le journalisme, c’est  “le devoir d’irrespect”
Plus qu’un métier, le journalisme est une manière de vivre, de penser, de sentir, de réagir. Des journaux indépendants sont dans le collimateur du pouvoir pour leur indépendance éditoriale. Toute tentative de pression et de manipulation à l’encontre des journalistes porte atteinte à la liberté de la presse. La loi protège les journalistes de la répression du pouvoir ; elle protège également le citoyen contre les excès et les abus des journalistes, et dont l’impartialité est la base du métier. Le journaliste doit être toujours courtois, exigeant, rigoureux et au besoin tranchant. Il apprécie l’authenticité et la valeur d’une information, vérifie son exactitude, avec la volonté de connaître la vérité. “Le devoir d’irrespect” du journaliste est le fondement de la profession. La vraie plaie du métier de journaliste est l’autocensure, redoutable et châtreuse. Les journalistes qui passent de l’analyse politique à la simplification, avec une propension à l’injure, à la calomnie, à la diffamation et à l’inquisition, jettent le discrédit sur eux-mêmes. Au-delà de la position de certains journalistes qui ont un penchant pour l’indignation sélective, en ne relevant que les coups subis par les alliés du pouvoir, et en occultant ceux, plus nombreux, qui frappent les citoyens, il n’en demeure pas moins que c’est la liberté d’expression qui est bafouée, car elle ne peut jouer son rôle que si elle ne connaît pas d’entraves.

Les élections
La fraude électorale, vieille tradition coloniale amplifiée depuis l’indépendance, bien intégrée dans les mœurs du pays est au rendez-vous de tous les scrutins. Le système politique issu de l’Armée des frontières, qui a pris le pouvoir par un coup d’État, l’été 1962, a voulu se légitimer par des élections truquées, qui relèvent du hold-up électoral. Ce gangstérisme politique a assassiné la démocratie pour garder le pouvoir. Dire la vérité sur les élections n’est pas seulement une question de vérité historique, de morale, c’est aussi une exigence politique.
Dans les élections, deux conceptions s’affrontent : celle qui se fonde sur la volonté du peuple librement exprimée, qui permet d’accéder au pouvoir par des élections propres et honnêtes, et celle qui se réclame du peuple mais qui n’a pas son soutien. Cette dernière, qui s’appuie sur la “légitimité” du système politique, trouve son expression la plus achevée dans le FLN, le RND, TAJ, les alliés et les ralliés du pouvoir qui n’ont aucune base sociale. Dans leur dérive totalitaire, ils s’efforcent de dépolitiser le peuple, pour le soumettre, le dompter, le domestiquer.


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