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Économie / Que sait-on?

Que sait-on?

2012, un numéro gagnant ?

Si la loi de finances 2012 sonne le début d’une relative recréation fiscale, la LFC de la même année ne manquera pas de venir pour siffler la fin de la villégiature et remettre tout le monde dans les rangs. Cela fait des années que cela se passe ainsi.
On a l’habitude. Les perspectives, c’est juste bon pour un temps.
Le temps de les entrevoir… sans plus. Pourtant, qui dit perspective, dit vue, vision, pensée à moyen et long terme. Or, chez-nous, on ne pense pas, on agit… dans l’urgence.
C’est pourquoi, on a inventé un concept unique, mais très efficace en temps de brouillard, la LFC. Sous d’autres cieux, la présentation du budget de l’État respecte le principe fondamental d’annualité. Sauf rare exception, où le principe d’annualité est soumis à des aménagements destinés à concilier, continuité budgétaire et souplesse de fonctionnement de l’État. Par contre, si les lois de finances respectent le principe d’annualité, elles peuvent néanmoins avoir des dates d’application différentes. Par exemple, en France c’est du 1er janvier au 31 décembre, le Canada, la Grande-Bretagne et le Japon, débutent leur exercice budgétaire annuel, le 1er avril et les États-Unis, le 1er octobre. Eh bien, en Algérie, comme le ciel est très brumeux malgré le soleil, et que ça empêche de voir loin… alors on s’y reprend par deux fois !
Sincérité budgétaire
Autre fondement de la loi de finances. Le principe de sincérité budgétaire qui implique la cohérence et l’exactitude des informations financières fournies par l’État. Il y a effectivement de quoi se poser des questions quant au niveau existant et à la gestion du fonds de régulation lorsqu’on connaît le prix réel des hydrocarbures alors que le prix de référence est toujours de 37 dollars,  pour établir la loi de finances.  Fatalement, avec des chiffres aussi “arrangés” on passera toujours pour être le bon élève. Ce qui est loin de la réalité, car les écarts budgétaires pour faire face à une demande sociale budgétivore, tel que le soutien des besoins alimentaires, l’augmentation des revenus, les subventions à l’accès au logement... sont nécessairement puisés de cette manne financière, qu’est le fonds de régulation géré par le Trésor.
Finalement, la véritable conduite du budget annuel se fait bien au-delà des chiffres contenus dans la LF. Si l’on tient compte du budget annuel de l’État, calculé à hauteur de 37 dollars le baril de pétrole, ajouté au fonds de régulation pour calmer la rue et les fonds souverains (d’investissement) l’Algérie montre les signes d’un pays financièrement aisé. Mais c’est comme avoir des châteaux construits avec du sable. Parce que la seule et unique vanne monétaire dont nous disposons est une ressource périssable, précaire et hasardeuse. Ce dont nous disposons n’est qu’un stock physique, superficiel. Pécuniaire, certes, mais limité dans le temps.

Replâtrages et trompe-l’œil
Tous les experts des questions économiques s’accordent à dire que la seule ressource inépuisable et porteuse de richesse, c’est la création d’un tissu industriel à dimension humaine, au travers de la multiplication des petites et moyennes entreprises. Et il faut le faire aujourd’hui, alors qu’il est encore temps. Nos puits de pétrole commencent à montrer de véritables signes de faiblesse. Et si l’on s’obstine dans cette perspective, on va aller droit vers un suicide collectif. Dans les années, voire les mois à venir, les choses risques de s’inverser.
On vendra moins, par conséquent, on cumulera moins de recettes et a contrario, les dépenses seront encore plus importantes.  Tous ces replâtrages et trompe-l’œil ne suffiront jamais à entretenir le calme, encore moins à sustenter des millions de personnes nourries à un raisonnement rentier, en lieu et place du sens du travail et de l’intelligence.
En plus d’indispensables perspectives économiques, il y a tout un chantier parallèle à ouvrir. Celui de la réhabilitation des valeurs, du respect des classes, de l’effort et de l’autorité… pour tous. Une Algérie où l’on ne s’autoproclame pas propriétaire d’un trottoir en toute impunité. Alors, ce jour-là, le pétrole ne sévira plus en maître des lieux.


R. L.