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Économie / Que sait-on?

Liberté de la Communication

Année 2013, faim de chantiers…

D’un premier ministre qualifié d’“Exterminator”, on est passé à un chef de file, du type “Facilitator” ! C’est du moins ce qui ressort de l’état d’appréciation des débuts de Abdelmalek Sellal à la tête du gouvernement. Installé en septembre 2012, sans échauffement ni round d’observation, il ouvre à fond les robinets. Les chantiers économiques et sociaux coulent à flots.

Réhabilitation du service public, démantèlement du commerce informel, hygiène des villes, suppression des décharges sauvages, attribution des logements sociaux achevés depuis des lustres, assouplissement des procédures d’investissements étrangers, avec notamment un partenariat avec le constructeur automobile français, la relance du projet de l’aciérie de Bellara à Jijel, une nouvelle loi sur les hydrocarbures… En somme, beaucoup de pain sur la planche. Quoique, sur la table des Algériens, ça serait mieux !

Missions de proximité !

Pragmatisme et efficacité. C’est l’image que tente d’imprégner la nouvelle équipe gouvernementale en sortant sur le terrain, plus proche du monde du travail et de la population. Ça contraste assez effectivement avec l’immobilisme qui a caractérisé l’inactivité gouvernementale ces dernières années. Réunions et visites d’inspections se multiplient à travers tout le pays en vue de mettre en place les conditions les mieux appropriées à même de labourer le terrain économique, resté longtemps en friche. Peut-être que le trésor se cacherait là ! Pour ce faire, la nouvelle équipe remue ciel et terre pour sortir de la dépendance des hydrocarbures. Nous ne devrions plus être addicts au pétrole, semble vouloir faire entendre le premier ministre, à travers sa feuille de route pour l’année en cours. Les projets sont multiples et variés et la stratégie industrielle nationale doit inévitablement se diversifier pour se libérer du mode “mono-économie”. D’autant que l’ambition pour 2013 en matière de croissance hors hydrocarbure est esquissée à deux chiffres. Ainsi, pour concrétiser ce regain d’appétit, l’exécutif lorgne, entre autres, du côté de l’or vert. Le filon agricole. Notamment la filière lait. C’est bon pour la croissance et ça fait grandir les… gains. En ce sens, l’année 2013 connaîtra une plus importante action de modernisation des exploitations réservées à la production laitière et le lancement des luzernières (champs destinés à la culture) au niveau de chaque site de production. à cet effet, une rencontre d’évaluation s'est tenue récemment au siège du ministère de l'Agriculture et du Développement rural. Cet ambitieux projet s'est déjà traduit sur le terrain par la création et la mise en fonctionnement de plusieurs Groupes d'appui aux éleveurs laitiers (Gapel). Formés et appuyés par des experts de la production laitière, les 12 mentors qui constituent ces groupes sont chargés d'accompagner le développement de la production laitière des éleveurs localisés dans les wilayas arrêtées pour ce projet, à savoir Relizane, Blida et Souk Ahras.

Pari gagnant-gagnant !
D’autres structures d'encadrement du secteur apportent leur assistance technique et professionnelle aux éleveurs. D’ailleurs, dès à présent, les initiateurs et autres acteurs de ce projet ont relevé l’engouement et l’adhésion absolue des éleveurs à cette initiative, dont l’objectif, à terme, est de doubler leur production laitière. Ce projet algéro-français vise à développer une filière lait intégrée, qui rassemble tous les intervenants, en amont et en aval, à savoir producteurs, collecteurs, transformateurs, structures techniques, office interprofessionnel et fournisseurs des intrants. Objectif : améliorer la quantité et la qualité du produit, réduire les importations de poudre de lait, alléger la facture des importations et aussi permettre la création de nouveaux emplois. Un pari gagnant-gagnant !
Mais la stratégie de relance économique, version Sellal, va bien au-delà de la filière lait. Elle englobe tous les grands projets de développement. Des concepts qui reposent notamment sur l’industrie automobile, la sidérurgie, l’énergie, le textile, etc. Cependant, pour faire aboutir ces projets de grande envergure, il faut avoir les moyens de sa politique. Et pas forcément matériels. Les freins au déploiement de notre outil productif ont souvent été d’un tout autre registre. Celui relevant du zèle de l’administration algérienne, toujours en retard d’une guerre.
Il y a aussi tous les autres fléaux, telle cette accablante corruption généralisée qu’il va pourtant falloir sérieusement endiguer. C’est le prix à payer pour entrevoir la fin de tous ces laborieux chantiers. Sinon, gare à la faim… 2013 !


R. L.