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Économie / Que sait-on?

Que sait-on?

Client ou tube digestif ?

Le marché de la bouffe en Algérie est très florissant. Prospère certes, mais seulement dans un sens. Dans le sens de la vente. C’est un business où le client est souvent  perçu comme un vulgaire tube digestif, prêt à avaler n’importe quoi. De la prestigieuse enseigne gastronomique, à la petite restauration rapide,  il n’y a parfois que le niveau de la note à régler qui change. Que l’on déjeune sur le pouce ou bien attablé et aux chandelles, le rapport qualité-prix, laisse souvent  à désirer. Des années durant, toutes les villes du pays, y compris la capitale, offrent le même visage. Les mêmes plats vite faits, sont “bricolés” pour tromper la faim d’une clientèle, docile à souhait. On ne fait même plus attention au contenu de son assiette ou de son sandwich. Il y a vraiment de quoi croire au dicton populaire qui dit que la faim, ça rend aveugle ! Et rien ne s’améliore, si ce n’est les prix qui s’envolent, toujours davantage. Si le client a fini par céder à l’appel de son estomac, que font donc les services de contrôle des prix et de la qualité ? Rien, sinon… pas grand-chose ! Pourtant, dans un secteur aussi délicat que celui de la santé publique, la responsabilité de l’État pour protéger le consommateur algérien contre des apprentis sorciers en toque, est plus qu’engagée !

Suicide collectif !
Selon les données du ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière, entre 3 000 et 5 000 cas d'intoxication alimentaire sont enregistrés annuellement. Ces empoisonnements collectifs sont directement liés à la consommation de produits contaminés par des germes, parfois, hautement nocifs. D'autres infections sont également dues à des parasites contenus dans les viandes et le poisson : ténia, trichinose, toxoplasmose, brucellose, etc.
D’ailleurs, certaines bactéries dites tueuses ont résolument relancé le débat sur l’importance de l'hygiène et de la sécurité alimentaire. Et à l’heure où le débat fait rage dans le monde, chez- nous, le consommateur se retrouve livré à lui-même. Il continuera apparemment longtemps encore à manger son pain noir. À titre d’exemple, près de cinq mille personnes ont été intoxiquées par absorption d’aliments avariés pour la seule année 2011.
Quand on sait qu’un cas d’empoisonnement alimentaire admis à l’hôpital coûte entre vingt et trente mille dinars au trésor, soit au contribuable, il y a lieu de se poser la question suivante : pourquoi ne pas investir cet argent en masse salariale en direction de potentiels contrôleurs à recruter ? Ça éviterait de faire autant de victimes et de ne pas avoir le sentiment de payer pour des empoisonneurs sévissant en toute impunité.
Langue au chat !
En tout cas, le manque d'hygiène est notoirement connu et reconnu de tous et partout. Pas moins de 170 000 infractions sont enregistrées annuellement, dont près de trois quarts sont dues au non-respect des conditions d'hygiène dans les restaurants et les fast-foods. Il est aussi à déplorer l’absence de coordination entre les différents secteurs, notamment celui du Commerce, de l’Intérieur et de la Santé, dans la lutte contre les intoxications alimentaires.

L’Autocontrôle !   
Les services du ministère du Commerce se disent en sous effectif.  7800 agents contrôleurs pour près d’un million et demi d’operateurs inscrits au registre de commerce et pratiquement autant sinon plus, de marchands informels, entre fast-food, gargotes,  et autres bouis-bouis. C’est assez déséquilibré comme combat. Combien d’empoisonneurs potentiels se cachent-ils au milieu de tout ce beau monde ? De quoi donner sa langue au chat !
Somme toute, le contrôleur le plus efficace qui soit ne pourrait être que le client même, en apprenant à dire non ! Non à la médiocrité, non à la cherté non justifiée, non à l’humiliation… car se faire servir un produit de qualité douteuse, voire dangereuse, c’est de l’abaissement. Le contrôle doit se faire à ce niveau là d’abord ! Ainsi, un filtre naturel des choses ne devrait pas tarder à se faire, et seuls les commerçants intègres et honnêtes réussiront à passer par les mailles du filet. Après tout, ne dit-on pas : charité bien ordonnée, commence par soi-même ?


liberterabahlarbi3c@hotmail.com
R.L.