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Économie / Que sait-on?

Liberté de la Communication

Cour des Comtes et Vicomtes

Pendant que la cour des comptes se voit poussée au chômage technique, une certaine autre cour des Comtes et de Vicomtes est née. Elle est constituée de dignitaires, forts, puissants et très courtisés, dont l’Algérie officielle compte beaucoup pour faire parler d’elle. Ainsi, aujourd’hui, ces grands chefs  des uns et des autres, comme Attila ancien roi des Huns… seulement,  se jurent de mettre ce qui reste de l’économie algérienne, sur les genoux.  Ces hommes forts  du moment se pavanent en totale exubérance, libres et indépendants, comme la République.  
Aujourd’hui, l’Algérie ne fait plus face à un phénomène banal de corruption, comme certains veulent bien nous le faire croire. Aujourd’hui, l’heure est grave.  Ce sont toutes les richesses passées et à venir, du pays qui sont en voie de dilapidation. Bientôt, on n’aura plus rien à léguer aux futures générations, si ce n’est des tonnes d’affaires juridiques internationales à traiter. Et, ce qui a subitement changé, pour qu’on soit arrivé à ce stade de déchéance, est le taux de remplissage des fonds monétaires algériens. Un cap franchi en contrepartie des taux de pompage immodéré des hydrocarbures. Un simple principe des vases communicants.  
La corruption n’est pas un phénomène nouveau chez nous. C’est juste une différence de degré atteint. Lorsqu’on dispose d’un million, on convoite autour du million.  Et lorsqu’on traite en milliards lourds, les convoitises s’aiguisent davantage autour de sommes encore plus colossales et avec des moyens de persuasion encore plus appropriés. Ainsi, plus le gâteau est gros, plus il y a du “beau monde’’ autour.

Recalé !

Fidèle à lui-même, notre pays continue toujours à améliorer ses scores vers le bas du tableau mondial des nations les plus corrompues, l’IPC (Indice de perception de la corruption). Le dernier classement en date, celui de 2011, rendu par l’ONG de lutte contre la corruption Transparency International donnait l’Algérie au 112e rang avec un insignifiant 2,9 sur 10, sur 183 pays, reculant de 7 places par rapport à 2010. L’Indice 2011, en attendant celui de 2012, prévu pour ce mois-ci, note les pays de zéro, (extrêmement corrompu) à dix (extrêmement intègre).
Ces observations reflètent les niveaux de corruption perçus dans le secteur public, au travers de données de 17 enquêtes portant sur des facteurs tels que l’application des lois anti-corruption, l’accès à l’information et les conflits d’intérêts. Il est dit qu’une note inférieure à 3 sur 10 signifie l’existence d’un haut niveau de corruption au sein des institutions de l’Etat.
D’autant que cela fait 9 ans consécutifs, que notre pays caracole au bas du tableau.
Que dire de l’année 2012, voire de l’année en cours, avec l’aggravation du phénomène de la corruption à la plus haute échelle des institutions du pays.
Quoique spécialiste de la corruption qu’on est, faudrait peut-être, penser à “graisser la patte’’ de Transparency International, seule manière de remonter dans les scores, à défaut d’une réelle volonté politique de lutter contre la corruption.

Les hydrocarbures, c’est volatile !

La corruption telle qu’elle est actuellement vécue chez-nous, n’est plus une question d’éthique ou morale. Aujourd’hui, plus personne ne s’offusque de se voir proposer le versement d’une “tchipa’’ pour accéder à son droit le plus absolu. On n’en est plus là ! L’Algérie de 2013  vit une corruption des grands chemins. Celle qui, à terme, va devoir assister à la fermeture pure et simple de la boutique Algérie. Les “feuilles mortes ne se ramassent plus à la pelle’’ ! C’est carrément des vents soufflant de toute part de la péninsule nord vers le Sud, qui balayent tout sur leur passage. Bientôt, il pleuvra sur nos villes, des résidus de pétrole, en partance vers d’autres cieux. Il paraÎt que c’est bénéfique pour les cheveux. 

Du pétrole Hahn, chèrement payé, mais au moins ça de gagné !

Pour atteindre une telle ampleur, la corruption a été depuis si longtemps, nourrie et entretenue au plus haut niveau des institutions de l’Etat. Et il serait faux et improductif d’entretenir l’amalgame qui prétend que tout le monde est corrompu en Algérie. Beaucoup parmi de simples citoyens refusent de céder au chantage  et à la tentation, au détriment de leur situation sociale ou professionnelle.  C’est une idée reçue que de croire tous les Algériens “s’adonnent’’ à la corruption. C’est juste une notion que tentent d’inculquer certains amateurs accros de la “tchipa’’ de haute voltige, pour noyer la vraie délinquance financière dans une “douce’’ corruption généralisée. Ils tentent d’entretenir l’amalgame et justifier ainsi leurs inavouables forfaits, bien plus graves et désastreux pour le pays.
Néanmoins, il ne saurait y avoir de corruption douce, comme il n’existe pas de drogue douce. C’est juste une question de degré. Comme, on ne doit plus mettre au même niveau de corruption, les petites combines quotidiennes d’une grande majorité de citoyens qui ne disposent d’aucun droit de recours, face à la machine bureaucratique qui les brise, et les Comtes et Vicomtes de sa majesté, pour qui la transition à l’économie de marché a grandement ouvert les portes et fenêtres de la corruption. Eh oui ! L’économie de marché n’a pas été apprise de la même manière par tous !


R. L.