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Économie / Que sait-on?

Liberté de la Communication

L’âge de la raison ou de la déraison ?

Lorsque le premier coup de feu du 1er  Novembre 54 s’est fait entendre, les Algériens ne savaient pas encore que les sols du Sahara regorgeaient de pétrole. La guerre avait  été décidée pour des raisons plus fondamentales. Pour des questions de principes bafoués, de liberté, d’indépendance à recouvrer.Deux années plus tard, en 1956, alors que la bataille battait son plein, il y a eu la découverte du pétrole. Ce qui, selon certains historiens, aurait renforcé la France dans sa conviction de ne jamais quitter son ancienne colonie.
C’est les armes à la main et au prix de considérables sacrifices et plus d’un million de morts, que l’Algérie a fini par arracher son indépendance en 1962 et garder ainsi son or noir. Une année après, en Décembre 1963, la Sonatrach est née. Elle avait l’accablante charge de régenter ce liquide noir, extrait des entrailles de la terre.

L’esprit d’une compagnie forte et battante !
Noir. La couleur du néant, du mystère… des ténèbres.  Chez les mystiques, les étapes de la progression vers la béatitude sont colorées et aboutissent au noir étincelant, précédant l’éblouissement. Comme le pétrole qui, 50 années durant, nous a ébloui  au point de ne pouvoir regarder ailleurs. Pourtant, le noir est aussi symbole d’austérité, de sobriété et de modération. Une simple question d’angle de vue.  
50 ans après, la seule et unique mamelle économique nationale, demeure celle de la  Sonatrach. La mamelle aux couleurs orange foncé et noir. Comme si le noir ne suffisait pas à hâler  le tableau, l’ambivalent orange-rouge y a été rajouté pour symboliser  l’amour et son opposé. L’orange est en fait, à mi-chemin entre le rouge et le jaune. Entre la raison et la tempérance. Et, lorsqu’il vire au rouge, la couleur du mal et de l’interdit, il véhicule effectivement, les vils sentiments de la  tentation, la jalousie, la destruction, la haine, le feu et bien sûr l’enfer. Tel a été le sombre costume dont a été flanquée la première vache algérienne à pétrole.
Pourtant, en mars 1967, Maurice Siné, dessinateur et caricaturiste politique, créateur du logo de Sonatrach,  voulait suggérer à travers ces couleurs de caractère, l’esprit d’une compagnie forte et battante.

Le pétrole fut un bien pour un mal

Il a certes, 50 années durant, permis à notre pays de subsister. Il aura permis à la population de survivre et aux responsables tous azimuts de gaspiller et dissiper sans compter. Mais, le pétrole nous a détournés de tout le reste.
On ne sait plus rien faire. Après un long sommei de 50 ans, on se rend compte que les fonds souterrains s’épuisent, qu’il n’y aura bientôt plus grand-chose et que pendant tout ce temps, on s’est roulé les pouces.  C’est l’histoire obscure d’une manne de Dieu, qui se voulait être comme un coup de pouce inespéré, pour un pays, fraîchement libéré du joug colonial.  C’est comme donner de la viande à un édenté.  

Dépenses ou investissements ?
Aujourd’hui, c’est clair, le bilan est sombre!  Et ce n’est sans doute pas les milliers de milliards placés ici et là, en matière d’infrastructures routières et équipements en tous genres qui vont nous donner à manger, demain.  Des autoroutes, des trémies, des villes dédiées à la culture arabe, une méga mosquée…  tout cela est utile, certes, mais, ça n’assure rien du tout sur le plan économique. Cela ne nourrit pas son homme. Pourtant, l’argent des hydrocarbures, c’est dans tous ces projets relevant du gigantisme qu’il a été, en partie, investi.  - Englouti, serait le terme le plus approprié, car, qui dit investissement, dit retour d’investissement. -  
La Sonatrach a aujourd’hui 50 ans. L’âge de raison, de la sagesse. Mais, c’est aussi, l’âge du démon de midi. Et, à voir tous les scandales à répétition qui la caractérise,  la mamelle nationale est apparemment de plain-pied dans la tourmente. Avec elle, c’est tout le pays qui risque de se porter mal. Depuis une dizaine d´années, aucune découverte de grande envergure n´a été mise au jour. L’Algérie qui ambitionnait il y deux ans, de produire 2 millions de barils par jour a dû renoncer à ses objectifs. Son quota de production a été revu à la baisse, notamment, depuis que l’OPEP a décidé de réduire son offre pour faire face à la baisse des prix du pétrole. D’ailleurs, en continuant à pomper d´une façon inconsidérée,  en 2032, selon des experts,  nous serons à sec !  C’est-à-dire, dans moins de 20 ans, l’économie algérienne devra se débrouiller avec une rente économique estimée à moins de 2%, hors hydrocarbures.  Finalement, l’essentiel, voire la totalité des richesses de l'Algérie, à savoir le pétrole et le gaz, aura  été  sa principale perte. Loin d’être une bénédiction, les hydrocarbures  auront été une sorte de malédiction pour le pays et tout son peuple. A l’exception, bien entendu, d’une certaine caste, qui s’est outrageusement et impunément enrichie au détriment de l’économie algérienne.  
Telle est l’histoire du pétrole algérien, gangrené par la “maladie hollandaise’’.  Seul un renouvellement intégral du personnel politique en place permettrait  d’entrevoir un quelconque espoir. L’après-pétrole ne doit pas être opaque et ténébreux comme les hydrocarbures.  Il doit être vert… comme l’agriculture et coloré… comme l’industrie. Même la Sonatrach, du haut de ses 50 ans,  serait une industrie encore longtemps viable et prospère, entre de bonnes mains ! C’est juste une question d’hommes.


R.L.
liberterabahlarbi@hotmail.fr