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Économie / Que sait-on?

VENTRE AFFAMÉ N’A PAS D’OREILLES !

Nos seniors sont honteusement malmenés !

Et il ne s’agit pas d’une banale agression physique ou verbale de la part de vulgaires garnements, dans un square public de la capitale. Plus grave encore. Il est question d’une attaque préméditée et caractérisée par un groupe d’individus organisés en association de “bienfaiteurs”, élus et membres du gouvernement, désignés pour conduire la politique socioéconomique du pays. Ils se refusent de préserver la dignité des retraités de peur de fragiliser l’équilibre financier de l’Algérie. Voilà que désormais, on sait que, selon eux, et après examen, le relèvement du niveau des retraites nécessite des potentialités financières tellement importantes, que ça risquerait de conduire le pays vers une crise économique et politique sans précédent. Sinon, comment expliquer le rejet d’un amendement visant à assurer à tout retraité, dépourvu d’autres ressources, un seuil minimum de retraite équivalent au salaire national minimum garanti, revu en hausse récemment à 18 000 DA.

Pour si peu !
Une telle révision n’engendrerait  que 2,5 milliards de DA de dépenses supplémentaires pour le Trésor, selon son auteur, le député Ali Brahimi du PT. L’amendement visait à rétablir un ancien droit consacré par la loi 83/12 du 2 juillet 1983 qui stipulait que la pension de retraite ne saurait être inférieure au SNMG. Portant, à l’heure actuelle, 546 000 retraités (chiffre CNR) ne perçoivent que 75 % du SNMG, soit 11 250 DA. Qu’est ce que 2,5 milliards de dinars de dépenses supplémentaires pour le Trésor ? On est quand même bien loin des conséquences économiques des différents scandales à l’image de celui de la Sonatrach, de l’autoroute Est-Ouest et autres… ou des quelque 3 milliards de dollars et non pas de dinars, consacrés à la construction de la grande Mosquée d’Alger. Tout retraité sensé, vous dira : “Épargnez-moi de la misère, quitte à ce que j’accomplisse toutes mes prières chez-moi ou dans ma petite mosquée du quartier !” La politique de prestige a certes un prix, mais pas avec le ventre vide. Pas au détriment de la population. Encore moins en portant atteinte aux retraités. Les premiers à avoir porté à bras le corps les jalons de l’économie algérienne.  
En tout cas, on est loin des 40%, d’augmentation, annoncés ici et là, en grande pompe, il y a à peine un mois.  Chacun y allait de sa version. Début octobre, la presse dans sa majorité, titrait en “une” sur les mesures exceptionnelles pour les retraités. En même temps que Tayab Louh, ministre de tous les travailleurs et des retraités, tente de redonner le sourire aux vétérans de l’activité professionnelle, leur promettant des jours meilleurs…, Karim Djoudi, l’argentier , les rappelle à une réalité annonciatrice de journées bien plus sombres. Alors, qui croire ? Le précurseur des bouteilles à moitié pleines ou celui des bouteilles à moitié vides ? N’appartiendraient-ils pas tous deux, à une même équipe gouvernementale ? C’est à croire !

Carton rouge !
Même l’arbitre central laisse faire. Il ne distribue jamais de cartons. Même pas un petit jaune, juste pour rappeler à l’ordre certains égarements ministériels pouvant mener jusqu’au un ras-le-bol social. Attention, dans un tel état d’âme, même les retraités peuvent se rebiffer. Il ne faut pas trop pousser, sinon, ils feront la grève. Peut-être pas un arrêt de travail, puisque ça ne se verra pas. Mais, un arrêt de maturité, une sorte de grève de sagesse.  
Petite augmentation
deviendra grande !
L’État ne pourra pas continuellement prétendre que les caisses du trésor vont se vider à cause de quelques menues augmentations à consentir aux plus démunis alors qu’à côté de cela, il persiste à faire des heureux parmi les plus nantis. En augmentant dernièrement le SNMG, par exemple, ce sont les plus gros salaires qui vont voir leurs revenus s’accroitre davantage, puisque, indexés sur le nouveau seuil de 18 000 DA au lieu de 15 000 DA. À savoir, 10, voire 12 fois l’augmentation de 3 000 dinars, ce qui représente une hausse de 30 000 à 36 mille dinars, rien que par la grâce du SNMG. Alors faire croire que l’on se soucie des petites gens… c’est de l’abus de langage !
Ce qui permettrait aux caisses du trésor public de pas ne se vider et même se renouveler, c’est de créer un climat favorable aux affaires. Ce qui passe inexorablement par une lutte concrète contre la corruption sous toutes ses formes,  contre la bureaucratie et ses tentacules. Ça passe aussi par une gouvernance et une gestion à dimension humaine. Il arrêter avec la politique improductive du gigantisme où ne règne que le flou, l’opacité pour mieux noyer le poisson. Et cette politique-là, nos ainés les retraités, au même titre que nos dirigeants, ne la connaissent que trop bien !
R. L.
Liberterabahlarbi3c@hotmail.com