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  • Demi-finale retour de la ligue des champions africains: WAC 3-1 USMA (0-0 à l'aller)
  • Buts du WAC:El Karti (26′), Bencharki (54′ et 90'+3). Le but de l'USMA a été inscrit par Abdelaoui (67′)
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Économie / Que sait-on?

Avis d’expert

Retour de l’inflation en Algérie

L’indice des prix à la consommation a connu une très forte hausse estimée à 9,34% en février 2012 par rapport au même mois de l’année 2011, en raison d’une hausse généralisée des prix des produits agricoles frais qui ont augmenté de 19,27%. Conséquence, une hausse du rythme d’inflation annuel (février 2011-février 2012) à 5,3% contre 4,9% en janvier 2011 (4,5%). Les causes sont-elles seulement climatiques notamment les fortes intempéries du mois de février 2012 qui ont provoqué une flambée généralisée des prix à l’instar de la pomme de terre dont le prix a atteint les 100 DA/kilo contre une moyenne de 40 à 50 DA le kilo durant l’année 2011 ? Où est donc la politique de régulation par le stockage annoncée et le programme du PNSDA qui a englouti des centaines de milliards de centimes et dont aucun bilan n’a été fait à ce jour ? L’objet de cette contribution est de répondre à certains questionnements concernant l’essence du processus inflationniste en Algérie.
n 1. La première raison de l’inflation est la non-proportionnalité entre la dépense publique et les impacts économiques et sociaux : 200 milliards de dollars annoncés entre 2004/2009 (pas de bilan à ce jour) et 286 milliards de dollars (Mds) entre 2010/2014 dont 130 Mds de reste à réaliser des projets de 2004//2011 pour un taux de croissance variant entre 3/4% (donc plus de 400 milliards de dollars soit presque le programme de relance US et chinois). Cela a, évidemment, un impact autant sur le taux d’inflation que sur le taux de chômage réel qui est largement supérieur au taux officiels. Une récente étude de l’OCDE montre clairement, parmi certains pays du pourtour méditerranéen, que l’Algérie dépense deux fois plus pour deux fois moins de résultats.
n 2. La deuxième raison, liée à la première, est la faiblesse d’une politique salariale cohérente privilégiant les créateurs de valeur ajoutée, le travail et l’intelligence au profit d’emplois “rentes”, ce qui fait que la productivité globale est une des plus faibles au niveau de la région.  Pour preuve, le ratio masse salariale sur le PIB pour 2009/2011 est inférieur à 20% contre plus de 45% à la fin des années 1976/1979 contre une moyenne mondiale supérieure à 60%, démontrant que les augmentations de salaires pour les secteurs à valeur ajoutée (inclus la santé et l’enseignement) ne sont pas la cause essentielle de l’inflation mais que celle-ci réside plus dans les emplois improductifs. On assiste donc à des distributions de rente sans relation avec la production et la productivité.
n 3. La troisième raison est l’extension de la sphère informelle qui contrôle quatre segments : celui des fruits et légumes, de la viande rouge et blanche, du poisson et du textile-cuir, ce dernier à travers les importations de valises avec plus de 40% de la masse monétaire en circulation.
L’allongement des circuits de commercialisation, à travers leur désorganisation, entre le producteur et le consommateur favorise les rentes de monopole.
Ce qui fait que le chèque obligatoire (qui a été implicitement abrogé) pour toute transaction supérieure à 500 000 DA et le contrôle des prix sur essentiellement le détaillant sont — ou seront — de peu d’efficacité, car ils ne s’attaquent pas à l’essence des phénomènes.
C’est que la sphère informelle favorisant les actions spéculatives est le produit de la bureaucratie et des dysfonctionnements des appareils de l’État nourrissant des liens dialectiques entre la sphère informelle et la logique rentière.
Il en résulte l’absence d’une régulation, produit d’une incohérence et du manque de visibilité dans la politique économique et sociale et en cas de remous sociaux, une mentalité bureaucratique qui laisse croire que des lois et des commissions résoudront les problèmes.



A. M.
(*) Professeur des universités,  Expert International