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Économie / Que sait-on?

Que sait-on?

Sens dessus de… sou !

Une méga crise économico-financière sans précédent, se traduisant sur le terrain par une fermeture tous azimuts d’entreprises, de banques et autres sources de rendements. L’on a même assisté à la destitution de gouvernements, à l’image de la Grèce et de l’Italie, dans un premier temps ! Et bien entendu, on les a fait remplacer arbitrairement par des technocrates, faisant fi de la sacro-sainte notion de démocratie, sacrifiée sur l’autel de la crise. Ça nous renvoie bizarrement à l’histoire du boulanger de Fernand Reynaud qui s’en va, las des tracasseries dont il est l’objet. Mais, après son départ, il n’y eut plus de pain dans le village !    

Dans le pétrin ?
L’homme, en parfait prédateur, est en train de s’autodétruire. Alors que la Terre vient tout juste de franchir le cap de 7 milliards de bouches à nourrir, l’homme des temps modernes, de moins en moins “humanisé”, s’invente une bombe à destruction massive, du nom barbare de “Subprimes”. Et, pour une fois, c’est entre les mains de financiers peu scrupuleux et inconscients que l’engin a vu le jour. Pour mieux propager son virus, le produit issu des subprimes s’en est allé se déverser dans la société, parmi les petites gens. C’est un peu, si on pousse l’imaginaire, l’histoire d’un petit café de quartier qui, pour augmenter son chiffre et mieux occuper ses nombreux clients à l’intérieur, les sert à satiété. Des tournées à ne plus en finir, dont l’ardoise s’accumule en dettes. Les clients, tous au chômage, voient leurs dettes augmenter de jour en jour. Le cafetier, par manque de liquidités, augmente ses tarifs et se rend chez le banquier du coin. Ce dernier lui accorde un prêt, avec comme garantie, les dettes de consommateurs chômeurs. Ce qui constitue aux yeux du banquier des actifs recouvrables. C’est exactement ce qui est arrivé en prêtant des centaines de milliards de dollars à des pays ne présentant aucune garantie viable. Comment réunir, après cela, assez de biens de consommation et d’énergie pour faire face à 7 milliards d’habitants. “Ce n'est pas une simple affaire de chiffres. C'est une histoire humaine”, a déclaré dernièrement le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans une école new-yorkaise. “Sept milliards de personnes ont besoin de nourriture, d'énergie, d'emplois et d'éducation, de droits et de liberté. La liberté de pouvoir élever ses enfants en paix et dans la sécurité. Tout ce que chacun souhaite pour soi, multiplié par 7 milliards.” Selon le communiqué de l’ONU, ce n’est pas tant le nombre d'êtres humains qui pose un problème, mais la nécessité de trouver de nouveaux équilibres.

Quand le Nord prend froid, le Sud éternue !
Comment, nous, Algériens, pourrions-nous survivre à ce tsunami ? Si l’on croit nos experts, réunis samedi dernier lors du forum de Liberté, cette situation pourrait s’avérer être un mal pour un bien. Mais, ce n’est pas gagné d’avance. Aujourd’hui, économiquement parlant, nous sommes au pied du mur. Déjà bien avant cette crise planétaire. Pour l’heure, tous s’accordent à dire que si notre gouvernement ne réagit pas efficacement, et tout de suite, la déferlante financière mondiale nous frappera de plein fouet. C’est en tout cas le sentiment d’experts algériens très au fait des questions financières et économiques dans le monde.
Cependant, ils sont unanimes pour croire que, paradoxalement, des solutions existent pour que l’Algérie “tire profit” de cette délicate situation. “Lorsqu’un malheureux perd un billet, il se trouvera toujours un heureux pour le ramasser !” Alors, il va falloir garder l’œil sur le macadam et se baisser au moment opportun pour ramasser la monnaie.  

Un homme averti…
Une gestion statique des réserves de change du pays torpillera inéluctablement l’économie algérienne pour les 10 prochaines années si rien ne change, révélera Kamal Benkoussa, partenaire dans un fonds américain à la Bourse de Londres et trader en obligations d'État. En observateur averti, il trouve effarant de constater à quel point nos dirigeants sont totalement décalés et déconnectés des réalités économiques qui bouleversent les grandes places boursières. Toujours selon Kamal Benkoussa, les pays européens et les États-Unis entreront en récession dès 2012. Malgré les promesses des politiques, il n’y voit aucune solution à cette crise. Même la Chine, présentée comme un pays solide, pourrait se retrouver rapidement confrontée au problème de la dette. La dette chinoise représente 300 % de son PIB. Conséquence, la demande pétrolière va chuter, les Bourses vont s’effondrer et le marché obligataire sera à l’arrêt. “Nous entrons en terrain inconnu”, a averti M. Benkoussa. Revenant à nous, il préconise pour l’Algérie un nouveau modèle de gouvernance. “Depuis 2000, nous avons injecté des milliards de dollars dans les entreprises publiques sans aucun résultat. Durant les 50 dernières années, nous avons déstructuré la société. Il faut aujourd’hui de réelles réformes profondes”, a-t-il conclu.
Néanmoins, selon ces experts, cette crise peut constituer une opportunité pour le pays afin de rattraper son retard en matière économique et se développer. L’Algérie dispose de réels atouts, ont-ils souligné. Une population jeune, une diaspora importante et bien formée, d’importantes réserves de change… Ils vont même jusqu’à y voir un quelconque intérêt dans cette crise, parce qu’elle interpelle notre économie. “Elle peut être salutaire pour l’Algérie !” À bon entendeurs…  
R. L.
Liberterabahlarbi3c@hotmail.com