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Économie / Que sait-on?

Que sait-on?

Tous les SDF ne sont pas logés à la même enseigne

Le logement. Un produit qui suscite toutes les convoitises. Depuis l’indépendance de notre pays à ce jour, cinquante ans après, on n’a pas fini de construire, mais la crise du logement est toujours aussi ressentie. Même les bidonvilles n'ont pas disparu. Ils se sont même étendus dans toutes les grandes villes. Ces baraquements sont devenus l’antichambre d’un potentiel logement social. Le système est maintenant bien rôdé. Par milliers, des ruraux sondés, quittent leur douar originel et viennent s’installer à l’estuaire des villes. Avec l’aide de Dieu et des élus communaux, le bivouac se termine avec, à la clé, la livraison d’un logement social. Et ainsi de suite…

Pour un pneu brûlé !
Un filon bien huilé et bien rôdé. On monte vite fait une baraque, on attend un peu, puis on installe un guetteur et on ouvre grandes les oreilles. Dès que Madame Rumeur court, c’est qu’en général, le logement n’est pas loin. Sinon, on brûle quelques pneus, et là, ça marche à tous les coups. En ces temps maussades, le pouvoir ne veut pas de grabuge ! Après tout, ce sont tous des Algériens, et c’est quoi un logement social… la paix, ça n’a pas de prix !
Mais, pour le pauvre bougre, qui lui, partage la maison familiale avec ses parents et toute la smala, dans sa commune d’origine et qui, toute sa vie durant, attend d’être convenablement aidé à se caser avec épouse et enfants, il ne reste plus rien. Priorité au relogement des bidonvilles ! Parce que, lui, le bidonville, ce n’est pas dans sa culture. Il n’a pas été “démarché” par les élus de sa commune. Ce n’est pas le bon client. Il ne fait pas partie du système bien huilé et bien rôdé, entretenu par un pouvoir frappé de cécité chronique. L’État ne voit que ces amas de gourbis tôlés dont il faut à tout prix se débarrasser. Un bidonville, ça fait désordre au passage des officiels étrangers.

LSP, LPA, XYZ, etc
Ces dernières années, on a assisté à de nouvelles variantes de programmes de logements. Un décret exécutif portant référence n°08-142 du 11 mai 2008 fixant les règles d’attribution du logement public locatif est venu succédé au traditionnel logement social, objet de détournement et de spéculation qui attise bien des envies. Par le biais de l’OPGI, il est destiné aux personnes dont le niveau de revenus les classe parmi les catégories sociales défavorisées et dépourvues de logement ou logeant dans des conditions précaires et/ou insalubres. Mais cette formule du Logement public locatif (LPL) est partie comme elle est venue. Sur la pointe des pieds. Le locatif, ce n’est pas durable ! Estime-t-on.
Autre vieille connaissance, le LSP (logement social participatif) en voie d’être suppléé par le LPA (logement promotionnel aidé). L’Etat met le paquet sur ce dernier produit qui s’adresse notamment à des postulants à revenus moyens, dont l’accès au logement est réalisé selon un montage financier qui tient compte d’un apport personnel, d’un crédit bonifié et d’une aide frontale directe. Ces deux concepts sont très voisins. Ils ouvrent droit à l’aide de la CNL (Caisse nationale du logement) allant de 400 000 à 700 000 DA, selon la hauteur des salaires et ouvre également droit au taux d’intérêt bonifié à 1% du Trésor public.
Finalement, on aura tout essayé. Le social, le locatif, le participatif, le promotionnel aidé, rien n’y fait, la ville se bidonvillise toujours plus ! Et si on fixait les populations locales chez elles ? Le 10 mars 2010 est alors pris, un décret exécutif n° 10-87, fixant les niveaux et les modalités d’octroi de la bonification du taux d’intérêt des prêts accordés par les banques et les établissements financiers pour l’acquisition d’un logement collectif et la construction d’un logement rural par les bénéficiaires. Une nouvelle politique du logement rural est née. Est éligible toute personne physique adhérente aux différents programmes du Plan national de développement (PNDA) ou qui réside ou exerce en milieu rural avec le bénéfice d’une aide de l’État d’un montant de 700 000 DA. Encore une fois, ça ne se bouscule pas au portillon du logement rural. Les conditions d’éligibilité et la constitution du dossier sont d’une lourdeur jugée extrême.

Formule, Mâarifa s’hiha !
Toutes ces formules abstraites sont le fruit de la politique nationale de l’habitat. En théorie, elles sont supposées aider les Algériens à se loger dans des conditions décentes et réglementaires. Mais, hélas, sur le terrain les choses sont loin de ressembler à un fleuve tranquille. Ça négocie dur. L’administration algérienne dans toute sa plénitude est là pour déloger le plus intrépide des candidats au logement. Un seul mot d’ordre valable, la mâarifa s’hiha ! Le prix se calcule en fonction du piston. Plus c’est grand et plus c’est cher ! C’est pourquoi on entend dire parfois : “Combien t’as payé ton logement social ?” Si au moins ça allait au Trésor public !
Finalement, LSP, LPA, LPL, AADL, OPGI, CNEP, ou toute autre formule de logement, pour que ça marche, il va falloir faire le ménage du côté des agents de l’Etat désignés à interpréter les lois et leur application sur le terrain. Comme pour tout système, tous secteurs confondus.
En attendant un hypothétique toit pour se réchauffer, certains brûlent des pneus, parfois neufs, à défaut de rechapage, et d’autres les accrochent aux balcons de leurs villas démesurées. On ne sait jamais, avec les habités du logement, il y a toujours un mauvais œil qui vous guette.
R. L.
Liberterabahlarbi3c@hotmail.com