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Économie / Que sait-on?

Liberté de la communication

Une industrie du médicament sans effets indésirables

“Algeria Pharma”, le Salon des fournisseurs de l’industrie pharmaceutique, a été, trois journées durant, au chevet du secteur du médicament en Algérie. Tel un véritable traitement d’attaque, sa prescription a été imposée par l’état léthargique que vit ce domaine. Mais 72 heures de soins suffiront-ils pour venir à bout d’une maladie chronique ?

Eh bien, tous les spécialistes expérimentés s’accorderont à vous dire qu’un remède, aussi actif soit-il, ne suffira pas à lui seul à vous remettre sur pied, si la posologie et la durée de prescription ne sont pas scrupuleusement respectées ! Toutefois, ce salon est venu avec des objectifs plein la tête, à savoir “comment participer à la dynamique de croissance sur le plan qualitatif et quantitatif de la production pharmaceutique locale, et permettre ainsi aux producteurs algériens et étrangers de ces produits stratégiques de se rencontrer entre professionnels de haut niveau.”
C’est en tout cas l’ambition affichée par Olivier Hicham Allard, organisateur de cet événement.
Pour le premier du genre, l’adhésion ne s’est pas faite par dose homéopathique, puisque pas moins de 80 exposants issus de 17 pays, notamment d’Europe, ont pris part à cette manifestation économique.

Une pilule au goût amer !
Mais parmi tout ce beau monde, il va falloir séparer le bon grain de l’ivraie. Parce qu’aussi vrai qu’un médicament peut vous guérir, il peut également être la source de vos pires tourments. Tout est dans le casting. Le médicament ne peut être laissé entre des mains indélicates. Les 4 milliards de dollars représentant le chiffre d’affaires des importations horizon 2016 ne doit pas aiguiser les appétits de potentiels apprentis sorciers, vantant les vertus de leurs potions magiques.  Seules les compétences et la rigueur d’une agence nationale pour les produits pharmaceutiques seraient à même d’assurer le suivi et la régulation du marché ainsi que l’attribution des autorisations. Cet organe officiel fort, disposant de tous les moyens humains, matériels et juridiques pour accomplir ses missions, est le souhait de beaucoup de professionnels du médicament, et c’est aussi le vœu émis par le président du Syndicat national des pharmaciens d'officine (Snapo), Messaoud Belambri, à l’occasion de son passage à la Radio Chaîne 3, le 12 septembre dernier.
Au micro de la journaliste, il a tenu à soulever le problème de la désorganisation du marché du médicament, en affirmant qu’“il est important, aujourd’hui, de mettre de l’ordre dans ce secteur et de le réserver uniquement aux professionnels et d’instaurer des règles à tous les niveaux, notamment au niveau de l’importation et de la distribution du médicament !”.   

Effet placebo !
Tout en se réjouissant qu’une semaine seulement après l’installation du nouveau gouvernement, une rencontre a été consacrée aux problèmes du marché du médicament, entre le ministre et les professionnels du secteur, le président du Snapo estime que c’est le moment ou jamais de prendre des décisions réelles pour assainir le secteur du médicament.  Comme le prouve si bien cette dernière manifestation de l’industrie pharmaceutique, le médicament, ce n’est pas que la filière de l’importation. C’est aussi et surtout la portion à consacrer à la production locale. Aujourd’hui, 55 usines sont homologuées pour la recherche pharmaceutique en Algérie, alors que, présentement, les statistiques faisant état des études cliniques arabes placent l’Algérie à la dernière position. C’est tout l’intérêt que revêt un tel salon en tant qu’espace de rencontres business to business, voire de stimulant tonique pour d’éventuelles opportunités de partenariat et de coopération entre les entreprises pour une industrie pharmaceutique locale. Générique ou princeps, pourvu que le marché du médicament soit sain… car, avec ses effets indésirables, la pilule qu’ils voudront bien nous faire avaler aura du mal à passer !


R. L.
liberterabahlarbi3c@hotmail.com