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Économie / Que sait-on?

Développements locaux

Une question de casting

La bonne gouvernance passe d’abord par les acteurs qui jouent les premiers rôles au sein du gouvernement, à savoir, les nombreux ministres avec à leur tête, l’acteur principal, le Premier ministre. Aux seconds rôles, l’on retrouve les 48 walis, walis délégués et chefs de daïras. Puis, dans le rôle de figurants, arrivent les maires, flanqués des élus municipaux. Finalement, on voit bien que le casting n’a nullement prévu le moindre petit rôle, pour le non moins petit peuple, que nous sommes. On n’est même pas dans le film. Peut-être parce que le peuple ne sait pas jouer ? Car, la vie, la vraie, ce n’est pas du cinéma !  Toutefois, il ne saurait y avoir de développement local, sans l’implication totale des citoyens. Aussi, ne serait-il pas vrai que l’administration de proximité par excellence, est la commune ? Il est vrai aussi que le contact administré-administration est déjà rompu à ce niveau-là de la pyramide. Pourtant, le développement, si développement, il y aura, devra passer forcément par le niveau local d’abord. On ne monte jamais les escaliers de haut en bas. Néanmoins, l’administration locale ne doit pas être perçue comme un banal réceptacle des problèmes sociaux. Il faudrait sans doute revoir à la hausse son statut de simple figurant. Une municipalité, c’est riche et varié. Avec une société civile organisée, un mouvement associatif structuré et une démocratie participative déliée du fardeau bureaucratique, le développement local deviendrait, alors, une réalité. Le génie est au sein du peuple. Mais, à la seule condition qu’il puisse s’exprimer librement et qu’il soit attentivement écouté. Ça ne coûte rien et ça peut rapporter gros !  

De vraies solutions pour de vrais problèmes !
Dernièrement,  à l’occasion des Assises nationales sur le développement local et les attentes citoyennes, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a déploré la défaillance de l'administration locale dans la prise en charge de l'État en matière de couverture de la demande sociale et l'amélioration des conditions de vie des citoyens. Certes, les APC ont failli à leur mission, c’est indéniable. Mais, quelle serait donc la part de responsabilité de l’administration centrale dans cette faillite ? Difficile à dire… mais facile à deviner ! Un système où le maire, légitimement élu, voit en la personne d’un commis de l’État,  chef de daïra ou wali, son responsable hiérarchique, ne peut mener au développement local. Les administrés d’une commune donnent mandat aux membres élus de l’APC et leur président et non pas à des fonctionnaires payés sur les deniers de l’État. Ce sont en effet les commis de l’État qui devraient se tenir à la disposition de la demande des citoyens à travers leurs élus, à savoir les maires. L’ordre de marche devra changer. Pour rester dans la dimension locale, humaine, où le développement serait concrètement palpable par la base, le maire gagnerait à se libérer du lourd attelage bureaucratique que sont devenus le chef de daïra et le wali, pour les percevoir en tant que d’incontestables collaborateurs administratifs, propices courroies de transmission, entre l’administration locale et centrale. Organisée ainsi, la commune pourrait être alors, reconnue responsable des blocages éventuels. Mais, jusque-là, les responsabilités sont trop diluées. Elles sont opaques. On dira toujours que c’est la faute à l’autre.  
En attendant de remettre de l’ordre dans l’auberge, le dindon de la farce qu’est le citoyen lambda, n’a aucun autre moyen tangible de recours. La pluie et le beau temps, ça se fait à la commune.  Qu’il vente ou qu’il neige, c’est kif-kif !  Et il en est ainsi dans les 1 541 communes que compte le pays. C’est là que se déverse la colère, longtemps contenue, des laissés pour compte. Et c’est à ce niveau-là que de véritables solutions à de non moins véritables difficultés, devront être trouvées dans l’urgence.  Il y a quelques jours à peine, le toit d’une mairie de la wilaya d’ El-Tarf a été le théâtre de citoyens candidats à un suicide collectif, pour contester la liste des bénéficiaires de l’aide à l’habitat rural. Un exemple parmi tant d’autres.
Il ne faut pas trop tergiverser. La question du développement local ne trompera personne, c’est une affaire de proximité. C’est du concret !

 

R. L.
liberterabahlarbi3c@hotmail.com