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Autres / Récit de Adila Katia

Maria

11e partie

Résumé : Ce soir-là, Mohamed rentre complètement ivre. Il tient des propos qui glacent la jeune fille. Elle ne dort pas de toute la nuit. Elle attend l’aube, pour prendre ses affaires et une partie des économies de son beau-père pour partir. Elle veut assister à l’enterrement de sa mère. Après, elle ne pourra plus revenir ici…

-Bonne chance !, dit le taxieur clandestin, en refusant de prendre le billet qu’elle lui tend. Ce n’est plus très loin, tu as juste à emprunter cette ruelle ! Tu devrais vite trouver la famille de ta mère !
Maria le remercie, range son billet et prend son sac. Elle suit ses recommandations et se retrouve devant de vieilles maisons. Le portail de l’une d’elles est grand ouvert.
Il y a quelques femmes en train de discuter. Elles ne prêtent pas attention à elle. Elle toussote avant de s’adresser à la plus jeune qui s’était tournée vers elle.
-Vous connaissez la famille de Ouiza X. ? Elle est décédée à l’hôpital. Son enterrement a lieu aujourd’hui…
-Pourquoi ? Qui es-tu ? Je ne t’ai jamais vue ici, auparavant !
-Je suis sa fille…
-Ce n’est pas vrai !
La jeune fille fond en larmes. Tous accourent vers elle et tentent de la réconforter. On l’emmène dans un grand salon.
-Tu es venue toute seule ?
-Oui. Mais je voudrais voir ma mère, dit Maria.
-Oh ma fille, ta mère a été enterrée hier ! Elle ne pouvait pas passer la nuit !, lui dit une dame. Elle avait fait un AVC ! Quand ils l’ont ramenée de la morgue, elle avait du coton dans les oreilles, les narines ! Elle était enflée la pauvre !
-Je ne comprends pas sa maladie ! On n’a jamais pu la voir quand elle était hospitalisée !, dit-elle en pleurant de plus belle. Il nous a privés du plus important ! Je n’ai pas pu lui demander pardon !  
-Prie pour qu’elle trouve le repos !
-Oui, mais moi, je ne l’ai plus, murmure Maria. Pourquoi elle ne s’entendait plus avec sa famille ?
-Tous lui déconseillaient de se marier avec lui ! Il n’avait pas bonne réputation, dit une autre. La preuve, sans son cousin, à l’hôpital, on n’aurait jamais su qu’elle était malade et il n’arrêtait pas de lui mettre la pression ! Il voulait qu’elle rentre alors que les médecins lui recommandaient le repos total !
-Qu’est ce que je vais devenir sans elle ? J’ai fugué…
-Ma fille, tu ferais mieux de vite partir ! Si ton beau-père  vient, cela risque de mal finir ! La famille est très remontée contre lui et s’il vient et dit un mot de travers, je sais qu’ils ne répondront plus d’eux-mêmes ! Je te conseille de partir, pour le bien de tous ! Ici, tu n’as ni tante ni oncle chez qui te refugier ! Tu ferais mieux de retourner chez toi ! Ou d’aller chez ton père…
-Et s’il ne veut pas de moi ?
-Que veux-tu que je te dise ma fille ? Retourne chez ton beau-père et occupe toi de tes frères ! C’est la moindre chose que tu puisses faire pour ta maman !
Maria ne peut pas leur raconter les misères que lui faisait son beau-père. Maintenant qu’il n’y a plus sa mère pour la protéger, elle ne peut pas retourner là-bas et lui donner l’occasion d’abuser d’elle. Il avait parlé de voir un imam. S’il s’imaginait qu’elle accepterait d’être sa femme, il se trompait. Non, elle ne peut pas retourner là-bas, même pas pour ses frères. Un jour, elle reviendra les voir. Elle ne peut pas s’encombrer de ses petits frères alors qu’elle ignore encore où elle se rendra et de quoi sera fait l’avenir.
-Oui, je vais retourner à la maison, leur dit-elle en essuyant ses larmes. Mais avant, je veux me recueillir sur sa tombe… Où se trouve votre cimetière ?
-Il est à la sortie du village, répond une vieille. Si tu veux, je t’accompagne !
-Oh merci !
Maria s’accroche à son bras et elles se rendent ensemble au cimetière où repose désormais sa mère. Elle tombe à genoux devant la tombe et plante les mains dans la terre. Elle se met à creuser comme pour l’en extirper.
-Benti, ne fais pas ça ! Ça ne la ramènera pas à la vie…
Elle s’accroche à Maria et la garde dans ses bras.
-Pleure, crie si tu veux, mais ne fais pas ça ! Sois raisonnable et écoute-moi !    
-C’est lui qui devrait être sous terre !, s’écrie Maria en sanglotant. Elle ne méritait pas de mourir si jeune !
-Prie pour son repos ! C’est tout ce que tu peux faire pour l’instant ! Pleure, soulage ton cœur de la peine qu’il éprouve, mais ne touche pas à cette terre qui nous recouvrera tous un jour !


 (À suivre)
 A. K.


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