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FLASH
  • Demi-finale retour de la ligue des champions africains: WAC 3-1 USMA (0-0 à l'aller)
  • Buts du WAC:El Karti (26′), Bencharki (54′ et 90'+3). Le but de l'USMA a été inscrit par Abdelaoui (67′)
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Autres / Récit de Adila Katia

Maria

12e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

1er chapitre la fugue

Résumé : Maria arrive au village d’où est originaire sa mère. Elle découvre qu’elle a été enterrée la veille. On lui conseille de repartir chez elle pour s’occuper de ses frères. Une vieille la mène au cimetière. Maria se révolte contre le destin qui lui a pris sa mère…

 - Benti, il est temps pour toi de rentrer à la maison ! Ne complique pas la situation davantage ! Si la famille entre encore en conflit avec ton beau-père, cela finira mal, très mal ! Quoi qu’il puisse arriver, cela ne ramènera pas ta mère !
- Je sais, mais j’enrage… Je lui en veux d’avoir usé maman avec ses coups de colère ! Il avait pris l’habitude de me battre ! L’autre fois, il menaçait de partir, de nous abandonner, parce qu’elle avait pris mon parti, lui raconte-t-elle. Je lui en veux à mort !
- Benti, pense à tes frères, à ton avenir ! Il faut que tu retournes là-bas, insiste la vieille. La rue n’est pas un endroit pour une fille comme toi !
- Je pense aller voir ma grand-mère et mon père ! Peut-être qu’elle pourra lui parler et le convaincre de me reprendre chez lui ?
- Benti, j’ai une mauvaise nouvelle pour toi ! Ton père et sa famille ont déménagé et personne ne sait où ils sont allés vivre, lui apprend la vieille. Cela fait près de trois ans qu’on ne les a pas revus dans la région !
- Oh non ! Je n’ai pas de chance…
- Rentre chez toi, conseille la vieille. Ne réveille pas les démons qui t’habitent ! Rentre, retourne chez toi tant que tu en as encore l’occasion !
Maria ne peut pas lui dire ce qu’elle risque si elle retourne là-bas.
- Oui, je vais rentrer, dit-elle en essuyant ses larmes. Ils doivent être morts d’inquiétude… Merci el-hadja ! Merci de m’avoir menée à elle !
Elle a un dernier regard vers la tombe de sa mère puis prend son sac. La vieille l’accompagne jusqu’aux arrêts de taxis. Elle lui recommande de ne pas traîner dehors et de prendre soin de ses frères. Maria le lui promet sans avoir l’intention de tenir sa parole. Elle doit attendre un bon moment avant qu’un bus faisant les longs trajets ne s’arrête, à son grand soulagement. Le receveur se met à crier : “Lakhdaria départ ! Boumerdès ! Alger !” La vieille retient Maria par le bras.
- Mais ce n’est pas ta destination ! Où as-tu l’intention d’aller ?
- Ils vont juste me rapprocher du village, ment-elle. Je descendrais en cours de route !
Elle l’embrasse sur la tête puis monte dans le bus après avoir murmuré un “bonjour” au receveur. Elle va s’installer au fond, faute de place à l’avant, près d’un vieux endormi, appuyé à la vitre.
Le car ne tarde pas à l’arrêt, juste le temps que les passagers s’installent. Les derniers restent debout.
Durant tout le voyage, Maria ne cesse de verser des larmes en pensant à sa mère morte et enterrée sans sa présence, à ses frères qu’elle était contrainte d’abandonner. Elle a conscience d’avoir pris sa vie en main sans savoir où réellement elle allait se poser. De quoi sera faite sa vie ?
Arrivera-t-elle à s’en sortir ?
Elle ne connaît personne à Alger, ni même ailleurs. De quoi allait-elle vivre ? Elle a beau avoir pris une partie des économies de son beau-père, elle sait que ce ne sera pas suffisant.
Elle commence à regretter d’être partie sur un coup de colère, mais en se rappelant les propos de Mohamed, elle sait que c’était inévitable. Les pénibles et douloureux souvenirs qu’elle emportait dans son cœur le lui rappellent. Elle n’avait plus de place là-bas.
- Vous ne vous sentez pas bien ?, demande le passager à côté d’elle, en lui tendant un mouchoir.
Maria ne répond pas tout de suite. Elle saisit le mouchoir.
- Merci, dit-elle en s’essuyant les yeux. J’ai perdu ma mère, dit-elle. Je vais à Alger. Est-ce que vous connaissez un hôtel à un prix abordable ?
- Oui…
Il sort un petit agenda et lui note le nom de l’hôtel avant de l’arracher et de le lui remettre. Il lui recommande de prendre un taxi depuis la gare routière pour ne pas se perdre.
Une fois arrivés à Alger, elle suit son conseil. Elle prend un taxi et se rend à Bab El-Oued. L’hôtel ne paie pas de mine mais c’est mieux que rien. Elle ne doit pas gaspiller son argent. Le propriétaire, qu’on appellera Da Ramdhan, ne demande pas ses papiers. Elle règle à l’avance plusieurs nuitées. Il lui donne la clef, souriant, l’inspectant de la tête aux pieds avant de retourner derrière son comptoir.
 - Troisième chambre, au deuxième étage !
Maria s’étonne qu’il n’ait pas demandé ses papiers ni à connaître son âge. Elle est bien naïve…

(À suivre)  A. K.


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